Alpha Condé aux médecins : « certains médecins prennent le médicament de l’hôpital pour aller soigner les gens chez eux »

C’est lors d’un meeting organisé ce samedi, 20 juillet, au palais du peuple de Conakry par la coalition nationale des professionnels de santé que le chef de l’Etat, prenant part, a mis son pied dans la sauce de certains médecins indélicats. Longtemps fustigé par la population, ce comportement a fini par attirer l’attention du président qui s’est publiquement attaqué à ces faux médecins qui ternissent l’image de la corporation des professionnels de la santé.

«Est-ce qu’il n’est pas nécessaire de créer une brigade du secteur de la médecine afin de contrôler toutes les cliniques clandestines, qui sont des mouroirs ?  (Applaudissements) Autre chose, si Ebola nous a beaucoup fatigués, beaucoup de médecins en ont été responsables parce qu’ils emmenaient les malades chez eux alors qu’ils n’avaient pas les conditions nécessaires pour soigner Ebola», a dénoncé le chef de l’Etat.

«Ils nous font souffrir », poursuit Alpha Condé.  «Ils ne sont pas à l’hôpital, ils prennent le médicament de l’hôpital pour aller soigner les gens chez eux. On se donne la peine de mettre des médicaments dans nos hôpitaux…des médecins prennent ça. Parfois c’est leur maison qui sert d’hôpital», dévoile le président de la République.

Alpha Condé n’a pas caché le fait que certains médecins détournent des patients en leur disant «va  dans ma clinique». Au lieu de les traiter à l’hôpital public, selon lui, ces médecins en font «des clients personnels».

Pour mettre fin à cette situation, le patron de Sékoutoureya  n’est pas passé par plusieurs chemins,  » il faut qu’elle cesse dès ce mois ».

«Les infirmières et les sages-femmes se plaignent beaucoup. Elles disent président quand on a besoin du médecin il n’est pas là, c’est nous qui sommes là, qui sommes obligées de faire leur travail. Ce n’est pas normal», rajoute plus loin le président guinéen. Un médecin, rappelle-t-il, c’est servir et non se servir. Sinon, poursuit-il, il devient commerçant, homme d’affaire, il crée une usine.

A cette même occasion, le chef de l’Etat a promis de relever la part du secteur de la santé sur le budget national à 15 pour cent, lorsqu’il aura terminé son programme avec le FMI.

Sana Djikiné

 

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