Assassinat de Gorge Floyd et manifestations violentes : des voyous, ou, des militants des droits de l’homme, de la démocratie et de la justice?

L’assassinat par strangulation, le lundi 25 mai 2020, de George Floyd, un Africain-Américain de 46 ans, non armé, n’opposant aucune résistance à son arrestation, a déclenché une vague de protestations et des manifestations de jours et de nuits, prenant parfois des allures de guerres civiles.

La violence aveugle qui s’est abattue sur M. Floyd et qui a eu raison de sa vie est la conséquence directe de ce processus continu de lobotomisation de masse des américains. Une lobotomisation de masse des populations, amorcée à l’époque de l’esclavage qui s’est poursuivie pendant les colonisations, jusqu’à nos jours, de manière à ce que, des sociétés croyant en la bible et au coran ont trouvé moralement acceptable la monstruosité qui s’est emparée de l’humanité, laissant une plaie sociale béante, incurable, appelée racisme.

Une lobotomisation de masse des victimes elles-mêmes, contrait d’accepter docilement, pendant des siècles, leur animalisation et leur chosification, en contrepartie de la promesse d’un improbable paradis céleste, ayant entrainé chez elle une sorte d’autophobie.

Le meurtre de George Floyd va au-delà de la simple bavure policière routinière. Ce crime sordide va au de-là du racisme institutionnel et de la ségrégation raciale qui seraient limités aux États-Unis. Ce meurtre crapuleux transcende les frontières américaines pour enquiquiner l’obsessionnel complexe de supériorité des uns et la pathologique complexe d’infériorité des autres, entrainant entre individus et entre États du monde, un déséquilibre abyssal des rapports de force né justement de l’esclavage et de la colonisation.

LE PRIVILÈGE BLANC, DE QUOI S’AGIT-IL?

Mark D. McCoy, Archéologue et Expert en Technologie Géospaciale, à Dallas au Texas, homme blanc de son état, tente une explication:

“George Floyd et moi avons tous deux été arrêtés pour avoir prétendument dépensé un faux billet de 20 dollars. Pour George Floyd, un homme de mon âge, avec deux enfants, c’était une condamnation à mort. Pour moi, c’est une histoire que je raconte parfois dans les soirées. Cela, mes amis, c’est le privilège des Blancs”.

Le privilège blanc, c’est cet instinct du procureur de comté de Hennepin, Mike Freeman de voler, contre vents et marées, au secours de Derek Chavin, le policier blanc auteur de l’exécution extrajudiciaire ou du lynchage de George Floyd. Résultat pathologique douteux, qui devait paver la voie à un prochain verdict bonbon, sera abandonné à la suite des pressions de la rues. Nous reviendrons sur le cas Mile Freeman dans le chapitre consacré aux bénéficiaires du système.

Le rapport légiste qui concluait à l’absence de strangulation, tout en s’appuyant plutôt sur la condition médicale préexistante de M. Floyd ainsi que d’hypothétiques substances illégales que la victime aurait pu avoir consommée, sans l’établir sous le sceau de la science, dont il est le Pape, sera également écarté.

Le privilège blanc, c’est la possibilité pour un cancre et dernier de classe comme Georges W Bush, (nonobstant un antécédant judiciaire, pour possession de substances illégales), de devenir président des Etats-Unis d’Amérique.

Le privilège blanc, c’est le fait d’exiger du président Barack Obama d’être parmi les meilleurs, ou si non le meilleur et/ou premier de classe pour aspirer à une fonction que n’importe quel homme blanc (fut-il médiocre, raciste, sexiste, misogyne ségrégationniste ou pas), pourrait occuper.

Le privilège Blanc, C’est le fait pour quelqu’un comme Donald Trump, qui d’après le quotidien français, L’OBS : « a bâti sa carrière sur le racisme, par pur calcul, il est resté fidèle à ce fil directeur », peut être candidat à l’élection présidentielle et devenir effectivement président.

Le privilège de l’homme blanc, c’est celui de tenir impunément des propos racistes sur les immigrants Mexicains : « ce sont des violeurs »; proférer des injures racistes contre des élues du congrès américain : « Pourquoi ne retournent-elles pas d’où elles viennent, pour aider à réparer ces lieux totalement dévastés et infestés par le crime »? Oubliant qu’il est lui-même un apatride d’Allemagne, ou que, toutes ses épouses sont des immigrantes.

Le privilège blanc, c’est soutenir que des manifestants néo-nazis sont des gens très bien.

Le privilège de l’homme blanc, c’est le fait pour ce magnat ou truand de l’immobilier de dépenser 85 000$ en 1989, pour réclamer le retour de la peine de mort, contre cinq adolescents noirs, arrêtés, jugés et condamnés faussement pour le viol et le passage à tabac d’une jeune femme blanche, partie faire son jogging dans Central Park. Dans cette histoire, le véritable assassin finira par avoué son crime, et sa déclaration sera confirmée par l’analyse de l’ADN.

Le privilège blanc, c’est le fait de soutenir impunément que le présent Obama est né hors des frontières américaines, tout en sachant la prétention pertinemment fausse.

Le privilège blanc, c’est le fait qu’un journaliste noir, Omar Jimenez, fut-il au service de la chaine d’information continue, CNN et identifié comme tel, puisse se faire arrêter à Minneapolis, en life, en 2020, en plein exercice de ses fonctions, alors que ses collègues blancs sur les lieux ne sont aucunement inquiétés.

Le privilège blanc, c’est ce que nous disent les statistiques, qu’au Minnesota, à Minneapolis : depuis 2012, la police a utilisé des entraves au cou (strangulation) sur 428 personnes ; 65% étaient des noirs, alors qu’ils ne représentent que 19% de la population de la ville.

Le privilège de l’homme blanc, c’est celui de la conglomération des propriétaires blancs de la Ligue national de football (NFL) de punir Kevin Kopernik pour avoir dénoncé les brutalités policières, avec un genou à terre : « Je ne peux pas être fier devant le drapeau d’un pays qui opprime les noirs et les gens de couleur. Ce problème dépasse le football américain, il serait égoïste de ma part de détourner les yeux, il y a des gens qui meurent dans les rues et d’autres qui tuent et échappent à des punitions ».

Ailleurs dans le monde, notamment en France, le privilège blanc, ce sont ces scènes hallucinantes et surréalistes auxquelles on assiste, sur les mainstream médias français, où, des médecins et des animateurs, notamment Éric Zemmour vient justifier l’extrême violence contre Georges Floyd et les noirs en général. À noter que toute la France aura été choquée, jusqu’au président Macron, lorsqu’un individu c’était filmé en train de lancer des insanités verbales à M. Zemmour.

                                          BÉNÉFICIARE DU SYSTÈME

Aux États-Unis et ailleurs dans le monde, les bénéficiaires du système d’oppression, du racisme institutionnel, du privilège blanc ne sont pas tous dans le déni ou dans l’aveuglement volontaire, cependant, tous ceux qui plaident l’absence de racisme systémique et dans certains cas, font obstruction à la justice, à l’instar de Mike Freeman, ou Robert O’Brien, le conseiller à la sécurité nationale du président Trump, sont tous des bénéficiaires d’un système et d’un monde qui étrangle l’ensemble des minorités et en particulier les noirs.

Ceux à qui le système profite, c’est à ces derniers qu’il est demandé un effort d’assouplissement du système, pour ne pas dire, une requête de changement civilisationnel radical. L’appel

Mike Freeman, procureur de comté de Hennepin, responsable du dossier de l’assassinat de George Floyd, un des maillons clé de ce racisme endémique institutionnel, tant décrié, n’entend pas de cette oreille.

Sur la foi d’un rapport médico-légal extrêmement suspicieux, ayant conclut à une mort sans strangulation, laissant croire que la mort de M. Floyd serait liée à une hypothétique combinaison multi-causale, dont entre-autre: une substance illégale que la victime aurait consommée, tout en étant paradoxalement incapable d’en établir une preuve médicale factuelle, se fondant sur la science, et aussi un antécédent médical tout aussi hypothétique.

Éric Chauvin sera inculpé d’homicide involontaire, c’est-à-dire tué sans en avoir l’intention. Il aurait fallu une contre-expertise indépendante qui conclut à une mort par strangulation, et neuf jours de manifestations Mammouths, parfois violentes; des couvre-feux commençant à 18 heures dans certaines villes, pour que les autorités visiblement débordées et en perte de contrôle, décident de loger des accusations de meurtre au deuxième degré contre M. Chauvin, et ses trois co-accusés, de complicité, en ce qui les concerne.

Il faut noter que cette révision du chef d’accusation ne doit pas être mettre mis au compte de ce à quoi les procureurs sont habitués et qui arrive couramment, après l’examen de toute la preuve, ou à la suite d’un complément d’enquête ou la découverte de nouvelles preuves. À notre avis, dans le cas en l’espèce, la révision du chef d’inculpation vient des pressions de la rues.

Le meurtre au deuxième degré auquel fait dorénavant face Éric Chauvin, exclut justement du fardeau de la poursuite d’avoir à démontrer que l’accusé avait l’intention de donner la mort. Son fardeau dans ce chef d’accusation se limite à démontrer, hors de tout doute raisonnable que l’accusé a causé la mort en commettant ou en se livrant à un geste dangereux.

Au neuvième jour des manifestations qui ne connaissent pas de répit, le gouverneur annonce le déclanchement prochain d’une enquête sur les dix dernières années des agissements de la police de Minneapolis. Nous pensons que la mesure est insuffisante. S’il s’agit d’un gage de bonne volonté, si le gouverneur a effectivement entendu ses électeurs, il ouvrirait une enquête sur toute l’histoire de la police de l’État. Le but n’étant pas uniquement de porter des accusations criminelles contre les policiers encore en vie, la préoccupation étant de rétablir la vérité, de rendre justice à titre posthume à toutes les victimes de la brutalité policière.

Nous pensons qu’au niveau national, une enquête internationale indépendante, aux recommandations non pas uniquement consultatives, mais effectivement contraignantes doit être instituée par les Nations unies, afin de faire la lumière sur la genèse de cette barbarie pluri-centenaire sur le peuple noir aux États-Unis.

En raison des difficultés résultants de la bonne foi et de la crédibilité des acteurs d’un système d’oppression de plusieurs siècles, il doit être administré aux États-Unis et aux pays coupables par admission ou par négation du racisme systémique, coupable d’un passé esclavagiste violent et d’un passé colonial génocidaire, une enquête internationale indépendante, afin de dire la vérité sur ce mal qui empoisonne les relations entre les communautés et les pays.

Le gage de bonne foi doit envisager la vérité sur Abraham Lincoln, le héros libérateur des noirs des États-Unis; sur Victor Schoelcher, le héros libérateurs des noirs des Antilles, dont le rôle reste mystérieux. Une enquête internationale est la médecine que les États-Unis et ses partenaires exigent et imposent aux pays du tiers-monde, lorsqu’ils estiment que les droits de l’homme y sont bafoués. Ce stratagème est aujourd’hui mis en mal. Les États-Unis peuvent dorénavant difficilement convaincre les Africains qu’ils se préoccupent de leur bien-être, pour justifier ses ingérences dans leurs affaires intérieures, lorsqu’en même temps, le président américain demande à l’armée d’écraser des manifestants Africains-Américains, non armées.

On peut difficilement convaincre les Africains qu’on se soucie de leur liberté et de la justice à leur égard, lorsque Adam Traoré est étranglé par la police en France en 2016, sans que la république lui rende justice.

Cette enquête portant sur les dix dernières années devrait minimalement inclure tout le système de justice de l’État du Minnesota. Elle examinerait le travail des experts médicaux qui donnent l’impression d’être complice et d’adapter leur rapport d’autopsie à un système qui permet de disculper des policiers blancs, auteurs de crimes graves, ou d’aider à réduire leurs chefs d’accusation, comme ce fut la tentative dans le cas en l’espèce, où le procureur, Mike Freeman, tentait de toute évidence de faire gober aux milliards de personnes qui ont visionné la vidéo du supplice de George Floyd, qu’il s’agirait un homicide involontaire.

D’ailleurs, pour le procureur Freeman, saisit de malhonnêteté intellectuelle et d’aveuglement volontaire, aucune accusation, ne pouvait être portée dans les heures qui ont suivies l’assassinat de M. Floyd. D’après lui, peu de preuves sur la vidéo pouvaient soutenir une accusation criminelle. M. Freeman demande plutôt aux témoins de lui fournir plus de preuves. Il n’en fallait pas plus pour consommer la rupture du lien de confiance avec la famille de George Floyd.

  1. Freeman s’était vanter d’être le seul procureur aux ÉU, à avoir mener avec succès une accusation de meurtre contre un policier. Le hic dans ce triomphalisme débridé est que cet unique policier était noir. Le procureur Freeman traine la réputation d’opposer un refus obstiné, un non catégorique aux demandes de poursuite contre les agents de la paix blancs, auteurs de violence contre les noirs.

C’est notamment le cas de l’assassinat le 15 novembre 2015 de Jamar Clarc, par deux policiers blancs, Mark Ringgenbert et Dustin Schwarze. Mike Freeman refusera d’engager des poursuites contre ces deux policiers blancs.

En 2016, M. Freeman a choisi de ne pas inculper les officiers impliqués dans la mort par balle de Jamal Clark, qui était noir, disant que M. Clark avait saisi l’arme à feu d’un officier, note le New York Times.

En 2018, il n’a pas inculpé les officiers qui ont poursuivi et tiré sur Thurman Blevins. Encore là, M. Freeman a déclaré que M. Blevins, qui était également noir, avait une arme et n’avait pas suivi les ordres des officiers. Lors du meurtre de Travis Jordan, en janvier 2019, le procureur Freeman a déclaré que les officiers de police impliqués avaient fait face à une menace mortelle parce que M. Jordan, qui était hawaïen, avait un couteau et s’approchait d’eux; regrette le New York Time.

Dans cette affaire, l’inculpation viendra du coté fédéral, près de deux ans plus tard.

Dans le cas du seul officier de police inculpé par Mike Freeman, l’officier Mohamed Noor, le New York Times titrera le 03 mai 2019: « A black Officer, A white Woman, A Race Murder Conviction. Is It Hypocricy, or Justice ? Un Officier Noir, Une Femme Blanche, Une Condamnation Pour Meurtre Racial. Est-ce de L’Hypocrisie ou de la Justice » ?

Le policier noir originaire de Somalie, sera traité sans management par la loi. Noor sera le premier policier jamais reconnu coupable de meurtre de toute l’histoire de la police du Minnesota.

Le New York time fait remarquer : « Alors que beaucoup dans la communauté ont dit que M. Noor devrait être tenu responsable, ils ne pouvaient s’empêcher par la même occasion de se demander quel aurait été le résultat si les couleurs de l’agent et la victime avaient été renversées. C’est une anomalie basée sur la race de l’officier, et la race et la richesse de la victime, a déclaré Nekima Levy Armstrong, avocat et militant des droits de l’homme au Minnesota. Le système traite différemment les Afro-Américains et les Blancs, qu’ils soient la victime dans une affaire de fusillade impliquant la police ou qu’ils soient l’officier de police.

C’est absolument scandaleux. Certains ont vu un système et une société qui ont rapidement embrassé et sympathisé avec Mme Ruszczyk, un avantage dont les victimes noires bénéficient rarement. D’autres ont estimé que M. Noor n’a pas obtenu le soutien vocal de l’establishment policier qu’ils voient habituellement dans les affaires de fusillades policières et se sont demandés si cela allait décourager les carrières des noirs dans les forces de l’ordre. La seule différence est que l’officier impliqué dans la fusillade dans cette affaire était un immigrant musulman noir, et que la personne décédée est une femme de type caucasien, a déclaré Waheid Siraach, un ancien officier de police et un des fondateurs de l’Association des policiers somaliens. Les gens peuvent mettre deux et deux ensemble. Mike Freeman, le procureur du comté de Hennepin, a été critiqué par certains qui ont dit qu’il tenait M. Noor à un niveau différent de celui des officiers blancs.

Les actions en justice contre des policiers impliqués dans des fusillades mortelles sont extrêmement rares.

Depuis 2005, 101 officiers non fédéraux ont été accusés de meurtre ou d’homicide involontaire lors de fusillades pendant qu’ils étaient en service, selon Philip Stinson, criminologue à l’université d’État de Bowling Green.

Environ 36 % de ces agents ont été condamnés, mais seulement quatre d’entre eux pour meurtre; les autres l’ont été pour des délits moins graves.

En 2016, un policier de la banlieue de St. Paul, dans le Minnesota, a abattu PHILANDO CASTILE, qui était noir, lors d’un contrôle routier. L’officier, qui était un Latino noir, a été accusé d’homicide involontaire et acquitté par un jury, après avoir déclaré qu’il avait craint pour sa vie.

Les longues nuits de manifestations de rues que connaissent les villes américaines tirent leur énergie dans un racisme systémique dont les lignes précédentes ne sont que l’antichambre d’un problème qui dépasse de loin les frontières américaines. En ce qui concerne les États-Unis, il est peu dire que de rappeler que le racisme fait partie de leur ADN. Les rues américaines ne veulent plus fermées les yeux sur la douleur de ceux qui souffrent de son oppression. La promesse de l’égalité des droits n’a jamais été remplie dans ce pays, en raison de l’iniquité du système de justice et de la négation de la réalité des noirs dans la première démocratie du monde.

CONDAMNATION UNANIME

L’assassinat de George Floyd a été suivi comme à l’accoutumé, par une vague de protestations, parfois violentes partout aux États-Unis et ailleurs dans le monde, notamment en Afrique du Sud, Allemagne, Angleterre, Australie, au Canada, en Nouvelle Zélande, etc.

Le président Trump, se focalisant uniquement sur les actions de quelques brebis galeuses, saisit l’opportunité pour enflammer la situation avec son (Tweet : When the looting starts, the shooting starts : quand les pillages commencent, les tirs commencent), en référence directe aux manifestations raciales des années 60 et la déclaration du chef de Police de Miami, qui en 1967 avait justifié les meurtres commis par ses policiers sur des manifestants.

Partout dans le monde, les pays démocratiques et leurs médias se livrent comme à leur habitude, à une ferme condamnation des actes isolés pillages qui ont émaillés des manifestations par ailleurs parfaitement et constitutionnellement légales. Nous trouvons spécifiquement troublants, ce concert de condamnations de ceux qu’on prend soin de qualifier de voyons. Si nous sommes d’avis que les manifestations violentes mérites condamnations, nous avons du mal à encaisser cette distinction de nature civilisationnelle qui consiste à trouver des justifications aux manifestations violentes à Hong-Kong, Conakry, Kinshasa, Moscou.

Nous trouvons incompréhensible, que les manifestants violents, soient considérés comme des militants prodémocraties, des combattants de la liberté et de la justice en Afrique, en Chine, en Russie, et que de concert, les pays dits démocratiques, appellent au respect de leur doit à la colère et la casse de biens publics ou propriétés privées, et que les mêmes manifestants soient étonnamment qualifiés de casseurs, voyous, Black Blocs en France, aux Etats-Unis.

Si les manifestants violents sont des militants des droits de l’homme, de démocratie et de liberté pour tous en Afrique, au Venezuela en Chine ou en Russie, et bien ces mêmes manifestants devraient être ainsi identifiés, lorsqu’il s’agit par exemple de la France, des Etats-Unis ou de l’Australie.

L’heure est peut-être venue pour les pays donneurs de leçons et inventeurs de civilisation, de réaliser que sur ce sujet particulier, des manifestations violentes de rues, sont pathogènes, inacceptables et n’inexcusables à Paris, New York, Minneapolis, Montréal, Londres et le sont autant à Bujumbura, à Nairobi ou à Hong Kong. D’autant plus que, d’après un sondage Reuters/Ipsos, du 2 juin 2020, une majorité d’américains sympathisent avec les protestations nationales sur la mort d’un homme noir non armé en garde à vue et désapprouvent la réponse du président Donald Trump aux troubles. L’enquête menée lundi et mardi a révélé que 64% des adultes américains étaient favorables aux personnes qui manifestent en ce moment même, tandis que 27% ont déclaré qu’ils ne l’étaient pas et 9% n’étaient pas sûrs.

Les États américains n’hésitent pas à déployer leurs armées, et à imposer un couvre-feu qui commence parfois à 18h. Au matin du lundi 1er juin, il y’avaient 4 000 arrestations, à la suite du déploiement de 20 000 membres des gardes nationales (armées étatiques) et des dizaines de milliers de policiers, à l’échelle du pays.

Le président Akufo-Addo du Ghana regrette la mort de M. Floyd. De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel dénonce le « meurtre raciste de George Floyd par des policiers et le racisme qui frappe une société américaine très polarisée ».

Nous nous félicitons de l’intervention de Mme Merkel. Au regard de sa sensibilité par rapport au racisme qui frappe les noirs, nous invitons la chancelière à entendre les victimes namibiennes du racisme allemand et de réparer les crimes commis contre les Héréro et les Nama, en plus des excuses pour les crimes coloniaux commis par son pays en Afrique.

QU’EN PENSERAIT ABRAHAM LINCOLN?

La grandeur d’âme du 16ème président américain a fait le tour de la planète. Sensible aux horribles souffrances des esclaves noirs de son pays, le président Abraham Lincoln, lui-même propriétaire d’esclaves, probablement Nobel de la paix avant l’heure, ira jusqu’a déclenché une terrible guerre civile, sacrifier la vie de milliers d’hommes blancs (620 000 soldats tués), dans le seul et unique but de libérer les esclaves. Rien n’est cependant plus faux dans ces fakes news.

Il est aujourd’hui établi que la libération des esclaves n’avait absolument rien d’humanitaire. Les souffrances des noirs ont été abrégées par le nouvel ordre économique d’un monde qui décide de rentrer de plein pied dans la révolution industrielle, mettant ainsi un terme formel, une pseudo fin, à une époque où l’économie mondiale reposait sur les muscles de la femme et de l’homme noir. La transition économique qui sonne le glas d’un esclavage de 246 en 1865 au États-Unis était donc la conséquence directe des progrès industriel. Abraham Lincoln n’est donc pas l’incarnation de l’humanité perdue en ses contemporains. Le 13ème amendement n’efface pas l’esclavage initié 1619 par les premiers immigrants et colons britanniques et européens installés en Virginie. L’esclave ne fit que changer d’appellation en 1865.

La guerre civile américaine, une guerre de libération des noirs est donc une belle foutaise. Nous savons aujourd’hui que M. Lincoln choisit d’obéir au dictat des riches industriels du Nord. Le Sud esclavagiste, qui utilise une main d’œuvre non rémunérée, en concurrence déloyale, constitue un frein à la prospérité et à l’expansion économique des industriels du Nord.

Abraham Lincoln fera libérer les esclaves pour mieux les garder dans l’esclavage, dans ce système économique bâtit sur l’exploitation de la femme et de l’homme noir par la femme et l’homme blanc. Il est faux, malveillant et profondément offensant de soutenir sciemment et erronément que des milliers d’hommes blancs des États-Unis ont bienveillamment sacrifié leur vie pour libérer leurs esclaves noirs de l’esclavage. Partout dans le monde, il est temps de cesser de profaner la mémoire des esclaves Noirs avec de telle falsification, car les abolitionnistes étaient avant tout des mercantilistes, soucieux de l’accroissement de leur profit.

Le seizième président des États-Unis n’était pas ce grand homme, l’exemple parfait de l’humaniste convaincu du principe de l’égalité des races. Abraham Lincoln trouvait la femme et l’homme noirs particulièrement révulsifs. Ses propos grandiloquents témoignent de l’ampleur des dégâts et du fouillis qu’il lègue à l’Amérique et au reste de la planète. Abraham Lincoln dit:

« Je dirais donc que je ne suis pas, ni n’ai jamais été pour l’égalité politique et sociale des noirs et des blancs. Que je ne suis pas, ni n’ai jamais été pour le fait de les former à exercer des fonctions, ni en faveur des mariages mixtes. Je dirais en plus, qu’il y a une différence physique entre la race blanche et la race noire qui interdira pour toujours aux deux races de vivre ensemble dans des conditions d’égalité sociale et politique. Et, dans la mesure où ils ne peuvent pas vivre ensemble, mais qu’ils co-existent, il faudrait qu’il y ait une position de supériorité et d’infériorité, et moi-même, autant que n’importe quel autre homme, je suis pour le fait que la position de supériorité soit attribuée à la race blanche ». Source: Speeches and Writings, 1832-1858, Abraham Lincoln, Library of America, 1989, Discours à Colombus, Ohio (1859), p.33.

Le président Lincoln est, (au regard de ce qui précède), l’architecte de la ségrégation raciale qui polarise son pays jusqu’à ce jour.

Le véritable assassin de Georges Floyd et de tous les hommes noirs sauvagement abattus régulièrement au États-Unis n’est autre que le respectueux suprémaciste blanc nommé Abraham Lincoln, sur qui, la vérité n’est jamais dite. Nous savons aujourd’hui qu’en 1865, sur les 3 millions d’esclaves que comptent les États-Unis, environ et seulement 200 200 d’entre eux sont effectivement libérés.

Quelqu’un a noté que cette vision d’un Abraham Lincoln abolitionniste est une escroquerie absolue, d’autant plus qu’en 1860, il a lui-même déclaré que s’il pouvait maintenir son pays Uni sans libérer un seul esclave il le ferait sans hésiter.

Écœuré de la maltraitance des Noirs aux États-Unis, Andrew Cuomo, gouverneur de l’État de New York, énumère la liste non exhaustive des victimes de la brutalité policière, dans une société voulue séparée par le plan ségrégationniste projeté avec succès par Abraham Lincoln.

  1. Cuomo nomme: Rodney King à Los Angeles 1991, Abner Louima à New York 1997, Amadou Diallo, un expatrié Guinéen, sur qui en 1999, quatre policiers de New York vident leurs chargeurs, avec 41 coups de fusils tirés, l’atteignant 19 fois, alors qu’ils cherchaient un suspect qui disent-ils lui ressemblait. Les quatre policiers seront acquittés. Sean Bell sera criblé de 50 balles par la police de New York 2006. Il sera suivi de Oscar Grant tué le premier janvier 2009 par la police d’Oakland en Californie. Éric Garner, étranglé par des policiers de New York en 2014, exactement de la même manière que George Floyd. Les deux hommes prononceront les mêmes dernières paroles : je ne peux pas respirer. Michael Brown recevra 6 coups de feu le 9 août 2014. Laquam Mcdonald sera liquidé par la police de Chicago en 2014. Freddie Gray sera torturé à mort dans une fourgonnette de la police de Baltimore le 12 avril 2015. Antwon Rose, un jeune garçon de 17 sera abattu par la police de Pittsburgh en juin 2018. Ahmaud Arbery fera l’objet d’une chasse à l’homme par un ancien policier blanc et son fils en février 2020; d’après CNN, les mots : « sale nègre » accompagneront ses derniers souffles. Breonna Taylor, une ambulancière de 26 ans est tuée le 13 mars 2020 à Louisville au Kentucky, dans sa propre maison. Atteinte d’au moins huit balles, par des policiers en civil, ayant fait irruption nuitamment chez elle.

Au risque de choquer les falsificateurs, nous postulons que Abraham Lincoln est le parrain des lynchages publics qui terrorisent les noirs au lendemain de leur affranchissement factice. M. Lincoln est le génie des angoisses et traumatismes que hantent les Africains-Américains, en temps moderne, dont notamment : incarcérations massives, ghettoïsation, refus de soins médicaux, emplois mal payés, cibles du coronavirus, etc., you name it.

UNE CULTURE ANTI-NOIR AU SOMMET DE L’ÉTAT AMÉRICAIN
De nombreux prédécesseurs de Donald Trump ont affiché une hostilité véhémente envers leurs concitoyens noirs. Parmi eux, le terrifiant Andrew Jackson, septième président des É-U, que Trump vénère particulièrement, au point d’aller déposer une gerbe de fleurs sur sa tombe. Pour la petite histoire, Andrew Jackson, président de 1829 à 1837, a été l’un des créateurs du parti démocrate qui, à cette époque était un mouvement raciste. Eh, oui, notre respectable parti Démocrate était raciste. L’un de ses fondateurs traine cette réputation d’être d’abord l’incarnation, le héros, des suprémacistes blancs. Le héros du président Trump est l’auteur de la loi dite Indian Removal, dont l’application aboutie à un nettoyage ethnique de la nation cherokee. Propriétaire d’une plantation de coton, le général Jackson était un fervent esclavagiste. C’est la raison pour laquelle Barack Obama a ordonné que son non portrait sur les billets de 20 dollars soit remplacé par celui de l’ex esclave devenue ardente militante abolitionniste, Harriet Tubman; rappelle L’OBS du 15 mars 2017. Le portrait de Andrew Jackson, auteur du génocide de la nation Cherokee trône au bureau ovale de Donald Trump.

Le raciste en chef des États-Unis d’aujourd’hui, fera gazer les manifestants attroupés devant la grille de la Maison-Blanche, pour se rendre devant une ancienne église, avec à la main, une bible, un instrument, un symbole clé du succès de l’esclavage. Car, pour la petite histoire, la Bible et l’église furent à l’avant-garde de l’aliénation mentale et religieuse des esclaves, qui devaient accepter leur sort en contrepartie de la promesse d’un paradis.

La bible aidera à inculque aux esclaves noirs, la fameuse malédiction de Cham, dans l’espoir de les faire accepter leur prétendue infériorité et leur statut et leur condition sociale. Cette aliénation mentale, religieuse et culturelle fait encore aujourd’hui des ravages au sein de people noir. Cham aurait engendré les Noirs en descendance. Il suffit pourtant de prendre une seule seconde pour réfléchir et démolir la baliverne. Cham qui aurait joué avec les testicules de son père Noé l’hébreu, pendant que ce dernier était fortement intoxiqué.

À son réveil, le vieil homme aurait maudit Cham, dont les descendants seraient les esclaves des descendants de ses frères et sœurs. Curieusement, la Bible esclavagiste fait croire aux africains déportés en Amérique et même ceux restés sur le continent qu’ils seraient le descendant de ce tonitruant de Cham. Or, et c’est là que l’histoire se dénoue de fondement historique factuel, Cham était un juif, donc blanc, engendre Canaan. Ce dernier épousera une femme de son ethnie, donc une blanche. Comment ses descendants ont pu devenir des noirs?

NEW YORK, LE TIANANMEN AMÉRICAIN

Au cours des manifestations à New York, la nuit du 31 mai, des manifestants indignés par l’exécution sommaire de George Floyd, bloquent le passage à un véhicule de police. C’est alors qu’un deuxième véhicule de police suivant de près le premier, un peu en retrait fonce dans la foule et le premier lui emboite le pas. Par cette horrible image, la ville lumière rentre dans l’histoire aux côtés des pires États policiers du monde. L’épisode renvoie à cette image d’un manifestant Chinois tentant de barrer le passage à un char de l’armée communiste. Encore que, à Tiananmen, le conducteur sera saisi d’un regain d’humanisme pour ne pas écrabouiller ce jeune étudiant. Aux États-Unis, l’histoire sera tout autre.

WE ARE NOT OUR ANCESTORS, WE WILL FUCK YOU UP!

              Nous ne sommes pas nos ancêtres, nous allons nous défendre!

On pouvait lire cet écriteau qui traduit l’état d’esprit de la grande majorité des noirs, sur une la pancarte d’une manifestante noire : WE ARE NOT OUR ANCESTORS, WE WILL FUCK YUOU UP. Nous avons choisi une interprétation adaptée à la douleur que ressent le peuple noir dominé : bafoué, piétiné, chassé, exterminé, animalisé, chosifié, réduit à l’esclavage, émasculé physiquement et mentalement, d’abord par les Arabes depuis le VIIIème, et par la suite, par les Européens.

Cette pancarte s’adresse aujourd’hui à tous les esclavagistes, les colons, les racistes actifs et passifs du présent et du futur des États-Unis et du monde entier. Cet écriteau de portée planétaire, est également à l’attention de ceux qui, comme le président Emmanuel Macron (et non pas des citoyens français, qui, nous savons sont sincères et de bonne foi), tente se prévaloir des méthodes de Abraham Lincoln, Victor Schoelcher, dans le but de perpétuer l’esclavage monétaire imposé aux Africains d’aujourd’hui à travers la substitution de l’ECO au CFA.

La pancarte de la militante anonyme des droits de l’homme, de la liberté et de la justice s’adresse aux auteurs de l’aide publique au développement. Une aide d’une violence sociale et économique innommable dans la mesure où, elle aide à développer en Afrique les entreprises des pays donateurs et accentuer le sous-développement.

La pancarte est à l’attention des auteurs des Accords de partenariat économique (APE) qui pénalisent l’économie des pays africains. Elle est à l’attention des complices du racisme systémique qui plonge les pays du tiers-monde dans l’indigence qui alimente la générosité raciste des pays suprémacistes.

Il est donc question dans cet écriteau, d’une quête qui implore l’abandon de l’apologie et la glorification des criminels de l’histoire. Il est question d’un manifeste pour la vérité sur l’esclavage et la colonisation et le retrait de l’espace public des statues de ceux dont la monstruosité a rendu possible le climat social toxique d’aujourd’hui; des statues qui rappellent, dans un effort de dogmatisation sociale collective que les bourreaux étaient des saints. Le devoir de mémoire exige que la mémoire collective ne soit plus la chasse gardée des crimes commis contre les juifs. Le devoir de mémoire pèse des tonnes, il est grand temps qu’il s’ouvre à l’inclusion des sujets qui fâchent et sur lesquels, les seules vérités populaire admises ont été celles des auteurs, vérités volontairement manipulées et dénaturées. Le devoir de mémoire exige de faire face à l’histoire avec sincérité afin de pouvoir.

On ne peut plus opposer à cette quête de vérité, de justice et de réparation la réponse facile de : « victimisation » dans le but d’annihiler le bien fondé d’une lutte légitime contre le racisme systémique qui maintien le genou des racistes sur le cou de l’ensemble du peuple noir des États-Unis à l’Afrique.

 

UN SILENCE ÉTOUFANT  

Face au silence étouffant de la majorité des dirigeants Africains, un caricaturiste remarque brillamment qu’ils étaient nombreux à se dire Charlie, en référence à l’attaque terroriste qu’a connu en janvier 2015, le journal satirique français, Charlie Hebdo. On constat, qu’à l’exception du président Ghanéen, Nana Akufo-Addo, qui déplore l’assassinat de George Floyd, aucun chef d’État Africain ne s’est publiquement dit être Floyd. Cet état de faits dit long sur « l’indépendance réelle» dont jouissent les pays africains et l’effet du racisme systémique international qui écrase un milliard trois cent millions d’Africains en 2020.

UNE LUTTE SANS RÉPIT

En conclusion, notre sentiment personnel se résume en une phrase, celle d’une des victimes récentes du racisme systémique international, de la diabolisation et du lynchage médiatique mensonger, qui ne cesse de multiplier les victimes de l’horreur au service de la domination des peuples noirs, au profit de la prédation économique mondiale. Le palais du président Laurent Gbagbo a été bombardé par l’armée française, après avoir participé aux côtés des rebelles de M. Alassane Ouattara, aux massacres des populations ivoiriennes.

  1. Gbagbo, victime d’une rébellion contrôlée par la France des présidents Chirac et Sarkozy, sera déportée à la Cour pénale internationale (CPI). Le président Gbagbo sera acquitté de toutes les charges, et la France, sournoise partie prenante et Maître d’œuvre, sera en quelque sorte déboutée. Chose impensable dans les annales de la justice internationale et même nationale, le président Gbagbo, lavé de tous crimes et des quatre chefs d’inculpation restera captif de la justice dite internationale jusqu’aujourd’hui. L’homme déclare :

« Nous, nous avons de grands combats à mener, et, les combats qu’on a à mener, ce n’est pas pour se venger contre les autres, c’est pour au moins être des Hommes aussi, comme les autres : c’est qu’on appelle la dignité ».

Voilà qui est bien dit, les manifestations qui secouent les villes américaines (et qui ébranlent le timoré de la Maison Blanche, au point, dans un premier temps de se réfugier dans son Bunker et par la suite de se barricader derrière des barres de fer), sont pour la liberté, la justice et tout simplement la dignité. Oui, le Noir est un être humain; il a une âme, des émotions, des sentiments, une culture et une religion ancestrale qui est l’amour du prochain, l’hospitalité et la générosité en plus d’être au-dessus de la vengeance.

Par Goïkoya Kolié, Juriste

 

 

 

 

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