COMMENT GÉRER EFFICACEMENT L’ÉCOLE GUINÉENNE ?

Le système éducatif guinéen, on ne le dira jamais assez, est déliquescent. Plus de 60 ans après l’accession de notre pays à la souveraineté nationale, nous peinons à produire un modèle éducatif adapté à nos réalités et à nos aspirations. L’accès, la qualité et l’inclusion sont toujours un rêve dont la réalisation est incertaine.

Parmi les multiples causes de cette situation tant alarmante, nous pouvons, sans hésitation, citer la gestion catastrophique des structures déconcentrées du ministère en charge de l’éducation nationale (DPE, DCE, IRE,…) et la mauvaise organisation de l’administration scolaire.

Raison pour laquelle, nombre d’observateurs avertis affirment sans ambages que le schéma actuel de l’administration scolaire est contreproductif car, ayant montré toutes ses limites après plusieurs décennies de gestion calamiteuse et autocentrée. D’où la nécessité imminente et salvatrice de proposer un nouveau schéma administratif pour l’école guinéenne, simplifié et implicatif.

En effet, pour être plus explicite, je propose la suppression pure et simple des DSPE (Directions Sous-Préfectorales de Education), des DPE (Directions Préfectorales de l’éducation) et des IRE (Inspections Régionales de l’éducation).

Ces différentes structures, comme je l’ai dit à l’entame, ont montré toutes leurs limites ; elles sont inefficaces, contre productives tout simplement.

Pire, ces structures inefficaces sont trop coûteuses en terme financier.

Une part très importante des fonds alloués à l’éducation est consacrée, chaque année, au payement des salaires de ces fonctionnaires sans résultats probants et au fonctionnement de l’administration scolaire.

Pour relever donc le défi d’accès, de qualité, d’inclusion de notre système éducatif ainsi que d’efficacité de l’administration scolaire, je propose la mise en place de conseils scolaires de la base au sommet : conseils sous-préfectoraux, conseils préfectoraux, conseils communaux, conseils régionaux et un conseil national supérieur de l’éducation nationale, de la formation et de la recherche scientifique.

Ce schéma administratif, plus salutaire et salvateur, a de nombreux avantages dont entre autres :

-il est plus implicatif et responsabilisant : dans chaque conseil, on veillera à la représentativité de tous les acteurs de la vie scolaire (parents d’élèves, apprenants, élus et cadres locaux, inspecteurs de l’éducation, corps enseignant, société civile,…) ;

-Il rend l’école partie intégrante de la communauté : Ainsi, l’école prendrait en compte les réalités socio-culturelles et historiques ainsi que les aspirations des populations locales et de la Nation tout entière ;

-il favorise la mobilisation interne des ressources et la transparence : les communautés locales seraient obligées de s’impliquer, non seulement dans la mobilisation de ressources (financières, matérielles, humaines,…) mais aussi et surtout dans la gestion optimale et transparente des fonds y compris ceux alloués par l’Etat.

En somme, ce schéma administratif que je propose serait un véritable modèle de décentralisation de  l’école, de gestion efficace, voire efficiente.

La communauté va s’approprier de l’école comme étant une de ses composantes et, l’école va s’approprier des réalités et aspirations locales et nationales. Au lieu d’être un corps étranger, l’école deviendrait ainsi un bijou commun.

Le Ministère serait donc un département plus technique en s’occupant de la planification, de l’exécution, de la supervision et de la coordination.

 Aboubacar Mandela CAMARA

Sociologue/Consultant en éducation/Auteur

 

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