Labé : magistrats, agents conservateurs, chefs section et directeurs préfectoraux de l’environnement, à l’école de la criminalité faunique.

Ce lundi 9 décembre, 25 magistrats venus des différentes instances juridiques du Fouta, 5 agents de la brigade nationale de lutte contre la criminalité sur la faune et la flore et 10 chefs section et directeurs préfectoraux, ont pris part à un atelier de renforcement de capacité à Labé, sur le phénomène de la criminalité  faunique et floristique. Objectif, outiller les participants en termes de capacités sur le caractère transnational du trafic afin de mieux coordonner les efforts sur l’application rigoureuse et effective de la loi sur la  protection de l’Environnement et de ses ressources.

C’est l’ONG française Wara via son projet GALF (Guinée Application de la Loi Faunique), spécialisée dans la lutte  contre la criminalité faunique et de toutes les formes de corruption y afférente qui assure la formation grâce au financement de WCF (World Chimpanze Fundation) basé à Labé.

En plus de GALF, deux facilitateurs non les moindres sont aussi du côté de GALF pour rendre plus fructueux cet échange. Il s’agit  notamment de  l’Avocat Général à la Cour d’Appel de Conakry et Point Focal de la Criminalité Faunique au Ministère de la Justice M. Mamadou Dian Bora Diallo et de M. Mamadou Bella Diallo, Point Focal de la CITES en Guinée en service à la Direction Nationale des Eaux et Forêts.

Entourés du Procureur de la République du tribunal de première instance de Labé, du Maire de la commune et du Préfet, le Gouverneur M. Madifine Diané, déclare : « Vous avez de la responsabilité messieurs les magistrats. L’essentiel a été dit par mes prédécesseurs. Vous êtes une des couches les plus valeureuses de ce pays, les plus respectés. La grande moralité de l’homme, on dira à tous les chefs qui sont passés. On dira de Salomon qu’il a été chef, on  dira plutôt qu’il a été juste. On dira au prophète de notre religion  qu’il a été un grand chef, mais on dira plutôt qu’il a été juste. Cette justice passe obligatoirement par ceux qui ont de la responsabilité de faire la justice, c’est vous. Ce pays, vous avez la responsabilité de le protéger, le monde aujourd’hui est un », a lancé en substance le gouverneur.

Evoquant la suspension de la Guinée auprès de la CITES (convention internationale des espèces de faune et de la flore sauvage menacées d’extinction), M. Diané trouve que cette sanction n’émane pas forcement des guinéens à part entière mais que d’autres citoyens étrangers en ont leur part de responsabilité. Pour lui, sauf l’application de la loi pourrait être une solution pour freiner le phénomène: « Vous aviez entendu dire par M. le préfet que la Guinée a été sanctionné. Sanctionné pourquoi ? Pour des faits dont nous ne sommes pas responsables, parce que ceux qui vivent sur notre territoire vont prendre ces animaux ou leurs cornes. Ils les amènent en Guinée et faire de la Guinée une plaque tournante de la criminalité faunique en Afrique de l’ouest. Ils sont de toutes les nationalités, ils sont européens, asiatiques et ils sont aussi guinéens », a-t-il fait savoir.

Déplorant le fait que certaines personnes, en conflit avec la loi, ne soient pas jugées et condamnées conformément à la hauteur de leur forfaiture, M. Diané interpelle les magistrats : « quand ils sont arrêtés, ils ne sont pas jugés à la hauteur de leur faute, il est évident que la Guinée se mette dans un piège. Un piège tendu par le magistrat qui a le dossier parce qu’il doit avoir la responsabilité de condamner ces auteurs qui présentent le pays dans un mauvais drame », fait remarquer le gouverneur.

 Pour terminer il dira : « la formation qui doit vous être donné, c’est de la sensibilisation. Chacun de vous ici assis, avocat général ou procureur, magistrat. N’est pas magistrat qui le veut, vous aviez fait de bonnes études. Il ne suffit pas aussi de faire de bonnes études, vous êtes passé par des services particuliers. Ces services vous ont formé, ils vous ont donné une conviction sur votre travail, c’est ce qui fait aujourd’hui vous êtes chefs de services chargés de rendre justice à ce pays. Je vous invite aux sorties de cette rencontre, d’être plus exigeant sur vous pour que cette impunité quitte notre pays qui est toujours reproché », a-t-il conclut.

A préciser  que cette première étape de Labé du 9 au 10 décembre, réunit  25 magistrats composés des juges d’instruction, de siège et des procureurs, des agents de la brigade nationale de la lutte contre la criminalité des espèces sauvages, des chefs sections et directeurs préfectoraux du Ministère de l’Environnement des Eaux et Forêts. La seconde  quant à elle sera tenue à Mamou du 12 au 13 décembre et qui connaitra la participation de 25 autres magistrats et 6 agents de la brigade nationale de lutte contre la criminalité des espèces de faune et de flore.

 

Aboubacar Barry

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