« Le trafic de faune finance le terrorisme tout aussi puissamment que la drogue », écrit Fatoumata Kouyaté, juriste environnementaliste.

La Guinée est la plaque tournante de la criminalité faunique en Afrique de l’Ouest. Je ne voudrais pas m’avancer en faux mais je pense, non je crois ardemment que le trafic de faune finance le terrorisme tout aussi puissamment que la drogue (lectures et conclusions).

Comme le Cameroun tient une place de choix pour l’Afrique centrale en matière de corruption, notre pays est sans doute l’un des pays les plus corrompus de l’Afrique occidentale.

Nous savons pertinemment que lorsqu’un système est corrompu, l’économie et l’environnement s’ébranlent. Le système tout court se désaltère.

Eh bien en matière de lutte contre la criminalité faunique,  la corruption gouvernementale des autorités à la fois déconcentrées et décentralisées constituent la première barrière à laquelle nous nous heurtons en « règles générales ».

Je dis-nous,  parce que pendant mon temps d’action chez GALF(Guinée Application de la Loi Faunique), j’ai pu hélas constater par moi-même l’ingérence d’autorités ministérielles et de hautes instances judiciaires dans ce qui se voudrait partiale comme procédure (bref, je ne vais pas vous faire un dessin de la situation qui prévaut) , CF cas Doumbouya Ministère de l’Environnement (dossier juridique à l’appui car c’était l’un de nos combats), ça a pris le temps que ça devait prendre, mais ON A GAGNÉ.

Tout ça pour vous dire que lorsque vous vous engagez pour servir une cause noble comme la protection de ces petits êtres vivants, adorables et utiles à l’environnement, attendez-vous à subir des menaces de tous genres, même de mort (Eh oui, il faut savoir dans quoi on met le pied: on parle de criminalité faunique; CE N’EST PAS UN JEU).

Mais attendez-vous aussi à une expérience palpitante d’arrêter des trafiquants, de procéder à leur audition assisté(e) d’un agent assermenté du Corps des Conservateurs de la Nature, de la POLICE ou d’Interpol; de veiller à la bonne application de la loi pénale et faunique tout le long de la procédure.

C’est exaltant qu’une décision judiciaire tombe, au sortir d’une procédure de flagrant délit (Oui pour éviter les risques de corruption,  il faut que la procédure soit du flagrant délit), en faveur de la faune protégée.

C’est gratifiant de voir un chimpanzé soigné et réintroduit dans son milieu naturel, mais avant il faut que nous nous débarrassions des braconniers et des autorités corrompues.

Notre faune est riche, regardez par vous-mêmes.
Je m’appelle Fatou Mata et je donnerais ma vie pour protéger l’environnement.

Fatoumata Kouyaté, juriste environnementaliste, partenaire

 

 

 

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