TPI de Dixinn : une femme condamnée pour trafic d’animaux sauvages protégés !

Le mercredi 10 juillet 2019, le tribunal correctionnel de Dixinn, statuant publiquement et contradictoirement,  en premier ressort, a reconnu madame Mariama Condé coupable des faits de capture, détention, circulation et commercialisation d’animaux sauvages protégés. Pour la répression, elle écope une condamnation de 2 ans assortis de sursis et une amende de 5 millions de francs guinéens.

Devant le juge audiencier, dame Condé a reconnu les faits pour lesquels elle est poursuivie : « je reconnais les chefs d’accusation qui pèsent sur moi et je sollicite la clémence de votre tribunal pour m’accorder les circonstances atténuantes ».

A la question du juge relative à la détention d’une autorisation quelconque des autorités compétences pour faire une telle activité, Mariama Condé a répondu par la négativité tout en fondant son argumentaire sur l’ignorance d’une loi interdisant une telle activité.

Pour sa part, le juge a fait savoir en substance que la société a évoluée et que les choses changent au cours des temps. Poursuivant, il rappelle à l’assistance que les tortues sont de nos jours des espèces animales intégralement protégées par non seulement le code de faune et règlementation de la chasse mais aussi par la Convention de Washington à laquelle la Guinée a adhérée depuis 1981. Par conséquent, conclut-il, ces espèces ne doivent faire l’objet d’aucune capture à plus forte raison leur  commercialisation.

Autour du substitut du procureur, représentant le Ministère Public de revenir à la charge en rappelant à madame Condé le principe constant du droit qui dit que ‘’ Nul n’est sensé ignoré la loi’’. Dans ses allocutions, il est largement passé en revue des conséquences drastiques qu’une telle activité, notamment l’altération de l’image du pays au niveau international mais également la sanction de la Guinée auprès de la CITES (convention internationale sur le commerce des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction), autrement appelée Convention Washington.

Dans ses réquisitions, l’empereur des poursuites qualifie la prévenue de délinquante mineure et demande qu’elle soit condamnée  à 2 ans de prison assortis de sursis et au paiement d’une amende inférieure  ou égale  à 10 millions de francs guinéens.

Le juge dans son délibéré, a reconnu Mariama Condé coupable des faits mis à sa charge. Statuant publiquement et contradictoirement et en premier ressort, le tribunal a condamné  la mise en cause  à 2 ans de prison assortis de sursis et au paiement d’une amende de 5 millions. Il faut  noter que la partie civile a brillé par son absence à l’audience.

Pour mémoire, c’est le  11 juin 2019, que les agents du Corps des Conservateurs de la Nature et les activistes du projet GALF (Guinée Application de la Loi Faunique) ont conduit une opération d’arrestation d’une femme impliquée dans le trafic d’animaux protégés à Conakry.

La nommée Mariame Condé, citoyenne du quartier wanindara dans la commune de Ratoma, mariée et mère de 6 enfants  a été prise en flagrant délit  de capture,  détention, circulation et commercialisation de 112 tortues d’eau douce, espèces animales intégralement protégées.

Il faut rappeler que le trafic d’espèces animales sauvages est un crime organisé transnational. Il représente le 4ème commerce illégal le plus important au monde amassant plus de 20 milliards de dollars chaque année.

Fatou Kourouma, pour cieldeuinee.net

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