Le discours d’investiture d’Alpha Bacar Barry, ce 5 février 2026, n’était pas une simple formalité protocolaire. En martelant le mot « cohérence », le nouveau ministre de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Technique a mis le doigt sur la plaie béante du système éducatif guinéen : l’émiettement des stratégies.
En finir avec la tour d’ivoire
Pendant des années, l’enseignement pré-universitaire et la formation professionnelle ont fonctionné comme deux entités étrangères l’une à l’autre, se renvoyant la balle sur l’échec de l’employabilité des jeunes. En déclarant que les cadres n’ont désormais « plus d’excuse », le ministre Barry impose une obligation de résultat. La fusion n’est plus seulement administrative, elle doit devenir intellectuelle.
L’enseignant, premier levier de croissance
La reconnaissance de la faille dans le perfectionnement du personnel enseignant est un aveu de lucidité courageux. On ne peut construire une économie compétitive avec des formateurs dont les méthodes datent du siècle dernier. L’enjeu est colossal : harmoniser les standards de formation pour que le passage du lycée à l’école technique ne soit plus perçu comme une voie de garage, mais comme un choix d’excellence.
Le risque de l’inertie
Cependant, la volonté d’un seul homme, fût-il dynamique et expérimenté, ne suffira pas. Le « concours des cadres » qu’il sollicite est le véritable nœud gordien. Pour que la « cohérence » dépasse le stade du slogan, il faudra briser les résistances bureaucratiques et s’assurer que cette fusion ne soit pas qu’un simple changement d’en-tête sur les courriers officiels.
Alpha Bacar Barry a tracé la voie. Reste à savoir si l’appareil administratif suivra le rythme d’une réforme qui n’admet plus de faux-semblants.
La Rédaction





