Du 1er au 3 septembre 2026, une déléguée  de l’organisation Action Citoyenne pour la Protection de l’Environnement (ACPE) a pris part, à Accra, à la conférence internationale « L’Afrique au centre : conduire le changement, transférer le pouvoir », organisée par le WACSI et de ses partenaires. Trois journées d’échanges qui ont interrogé la place réelle du continent dans la définition de ses propres priorités, la gouvernance de son développement et le financement de son avenir.

Du 1er au 3 septembre 2026, chercheurs, responsables d’organisations de la société civile et acteurs du développement venus de tout le continent se sont retrouvés à Accra pour une conférence internationale au titre sans détour : « L’Afrique au centre : conduire le changement, transférer le pouvoir » (« Africa at the Centre: Leading Change, Shifting Power »). Organisée par le West Africa Civil Society Institute (WACSI), la rencontre a réuni pendant trois jours des voix venues d’horizons multiples autour d’une même conviction : le continent doit cesser d’être un simple spectateur de son propre développement.

L’ACPE y était représentée grâce à l’appui de WACSI et de ses partenaires par l’un de ses membres en l’occurrence Mme Barry, née Odette Kamano, Responsable de Formation, Sensibilisation et Education Environnementale.

Dès la première journée, le 1er septembre, le ton est donné. Les échanges portent sur la nécessité de placer l’Afrique au centre de ses propres choix, et les intervenants s’accordent sur un constat : la transformation du continent ne se décrétera pas de l’extérieur. Elle doit d’abord passer par une évolution des mentalités, une valorisation de l’identité africaine et une meilleure maîtrise de ses priorités par les Africains eux-mêmes.

Pour approfondir la réflexion, les participants se répartissent en quatre groupes de travail, chacun chargé d’explorer un axe de la transformation attendue : repenser les partenariats et la gouvernance mondiale, financer l’avenir de l’Afrique, bâtir des institutions fortes, et repenser le développement, les mentalités et la réussite. De ces discussions croisées émergent des constats convergents : des initiatives qui fonctionnent déjà sur le terrain, des obstacles persistants qui freinent le changement, des transformations jugées indispensables et des opportunités encore largement inexploitées.

Le message qui domine à l’issue de cette première journée est celui d’un continent qui n’est pas démuni. L’Afrique dispose déjà de ressources, de connaissances et d’initiatives prometteuses, rappellent les participants. Mais pour transformer cet essai, elle doit renforcer ses institutions, mobiliser davantage de financements locaux et construire des partenariats plus équitables. Autre exigence soulignée avec force : les communautés africaines elles-mêmes doivent participer directement à la définition des priorités et des solutions qui les concernent, plutôt que de se les voir imposer.

La deuxième journée, le 2 septembre, resserre le débat autour de deux questions structurantes : la gouvernance et le financement de l’avenir du continent. Les échanges insistent sur la nécessité de placer réellement l’Afrique au cœur des décisions relatives à son propre développement, à travers des interrogations simples mais souvent éludées : qui définit les priorités et les programmes ? Qui décide de l’affectation des financements ? Qui, en définitive, dispose du pouvoir de refuser ou de réorienter certaines décisions ?

Une conviction s’impose au fil des débats : la participation des acteurs africains ne peut plus se limiter à une présence symbolique. Les organisations africaines, et les Africains eux-mêmes, doivent pouvoir influencer réellement les décisions, définir les priorités et contribuer pleinement à la conception des initiatives qui ont une incidence sur le continent.

La question du financement du développement occupe également une large place dans les discussions de cette deuxième journée. Plusieurs intervenants font part de leur préoccupation face à la forte dépendance de certaines organisations vis-à-vis des financements extérieurs, une dépendance susceptible d’influencer les priorités, d’orienter les programmes et de conditionner les approches mises en œuvre sur le terrain. Face à ce constat, les participants réfléchissent ensemble aux changements à opérer dans plusieurs domaines clés : les mécanismes de prise de décision, la mobilisation et la gestion des ressources financières, la production, le partage et la valorisation des connaissances africaines, les modèles de partenariat, ainsi que la répartition des risques entre les différents acteurs.

Les débats mettent aussi en lumière l’importance, pour l’Afrique, de mieux capitaliser ses propres expériences, ses réussites et ses solutions locales. Les organisations de la société civile disposent, à cet égard, d’atouts considérables : une forte capacité de réaction, une connaissance approfondie des réalités du terrain et une richesse de données qualitatives. Leurs actions demeurent cependant parfois fragmentées, d’où la nécessité, soulignée par plusieurs participants, de développer davantage de plateformes de collaboration, de renforcer le partage des connaissances et de favoriser les synergies entre secteurs.

La troisième et dernière journée, le 3 septembre, a été consacrée à la synthèse des travaux et à la formulation de perspectives communes. Un même appel a traversé l’ensemble des échanges de ces trois jours : celui de dépasser le simple constat des défis auxquels le continent est confronté. L’Afrique doit pouvoir mieux mobiliser ses propres ressources, valoriser ses expériences, porter son propre récit et développer des solutions adaptées à ses réalités. Le changement durable, ont conclu les participants, passe avant tout par une plus grande capacité des acteurs africains à définir leurs priorités et à participer pleinement aux décisions qui façonneront l’avenir du continent.

L’ACPE exprime toute sa gratitude à son partenaire le WACSI, ainsi qu’à l’ensemble de ses partenaires, pour avoir soutenu et facilité sa participation à cette rencontre de trois jours. Événement porteur d’une dynamique forte, il incarne l’ambition d’une société civile africaine qui s’informe, échange et s’outille pour peser davantage sur les décisions engageant l’avenir du continent. Une expérience enrichissante que l’organisation entend désormais partager et faire fructifier au sein de son réseau et à travers ses actions futures.

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