Le sachet d’eau échappe, pour un temps, à l’interdiction des plastiques à usage unique. Le gouvernement guinéen a annoncé le 7 octobre 2026 un moratoire de six mois sur sa production. Tous les autres plastiques jetables restent interdits.

À Conakry comme à l’intérieur du pays, le sachet d’eau fait partie du quotidien. On l’achète au coin de la rue, au marché, à l’arrêt de taxi. C’est souvent le moyen le moins cher de boire une eau propre. Le gouvernement l’a bien compris.

Ce que dit la décision

Depuis le 21 septembre 2026, un décret signé deux ans plus tôt interdit la fabrication, l’importation, la vente et l’utilisation des emballages en plastique à usage unique. Les industriels avaient eu deux ans pour s’adapter.

Mais les producteurs de sachets ont demandé un délai supplémentaire. Ils disent avoir besoin de temps pour modifier leurs machines, trouver d’autres emballages et organiser le ramassage des déchets. Le Président de la République a accepté, au nom de l’accès à l’eau potable et de la stabilité des prix des produits de première nécessité.

Concrètement, la production des sachets d’eau minérale et minéralisée reste autorisée six mois, jusqu’au début du mois d’avril 2027. Rien d’autre : sacs, gobelets et autres plastiques jetables demeurent interdits.

L’État promet aussi des mesures d’encouragement pour les emballages biodégradables et les bouteilles en plastique PET. Il demande aux industriels de profiter de ce délai pour participer à la collecte et au recyclage des déchets. Une commission présidée par le Premier ministre suivra l’application de ces mesures.

Un sursis, pas une marche arrière

Le gouvernement se dit satisfait : selon lui, les plastiques jetables reculent déjà dans les lieux publics. Il ne fournit toutefois aucun chiffre.

La décision a sa logique. Priver la population d’une eau bon marché du jour au lendemain aurait pu provoquer la colère. Mais elle soulève une question simple : les industriels avaient déjà eu deux ans pour se préparer. Que changeront six mois de plus ?

Tout se jouera d’ici avril. Si les incitations promises arrivent et si les producteurs jouent le jeu, ce délai aura servi la transition. Sinon, le gouvernement retrouvera le même dilemme : protéger l’environnement ou garantir l’accès à l’eau.

Source : Communiqué du Gouvernement