Pendant des décennies, le discours sur la multipolarité a été vendu comme une alternative sécuritaire au « diktat » occidental, mais la reality géopolitique de ce début d’année 2026 semble sonner définitivement le glas de cette illusion, le mythe de la protection des dragons qui s’effrite lorsque le lion rugit. De Damas à Téhéran, en passant par Caracas, le constat est sans appel puisque les alliances avec la Russie et la Chine se révèlent être des châteaux de sable. Après la chute brutale de Bachar al-Assad en décembre 2024, le Sud Global a observé avec une stupeur grandissante l’inertie de Moscou qui a laissé son allié historique s’effondrer malgré des années d’investissement militaire. Plus récemment, l’enlèvement spectaculaire de Nicolas Maduro, extrait de son palais comme un vulgaire prévenu de droit commun pour être jugé à New York – principalement sur des accusations de conspiration pour narco-terrorisme et importation de cocaïne et plus tard en Floride, sur les volets liés au blanchiment d’argent et à la corruption), a fini de traumatiser les régimes qui croyaient encore à une forme de sanctuaire sous le parapluie russo-chinois.
Le monde se résout à une hégémonie sans contre-pouvoir, où la défaillance des garanties émergentes consacre la prépotence du géant face à l’atrophie stratégique des parrains. Dans ce déséquilibre des forces, la planète observe, entre admiration et dégoût, l’inflexibilité d’un mastodonte dont la verticalité impose le renoncement, sinon le reniement, des anciennes tutelles. Tant l’impérialité retrouvée du lion américain condamne les protecteurs du Sud Global au mutisme, éclipsant leurs parapluies de protection désormais troués.
Le paroxysme de cette impuissance a été atteint avec l’assassinat de l’Ayatollah Khamenei et les frappes massives sur l’Iran, où face aux exploits de l’administration Trump, la Russie, enlisée dans ses propres contradictions, et la Chine, pragmatique jusqu’à la trahison, n’ont offert que des communiqués de presse là où leurs alliés attendaient un bouclier de fer. Cette passivité démontre que l’architecture de sécurité alternative promise par les puissances de l’Est n’était qu’un paravent rhétorique destiné à masquer une incapacité structurelle à projeter une force de dissuasion capable de rivaliser avec l’unilatéralisme américain contemporain.
Le désenchantement du Golfe et l’érosion des garanties américaines
L’inquiétude ne ronge pas seulement les capitales révolutionnaires, elle gagne désormais les palais de marbre des monarchies du Golfe où le sentiment de trahison est devenu palpable. On reproche amèrement à l’administration Trump d’avoir déshabillé la défense aérienne régionale, retirant batteries de missiles et couvertures satellites au profit exclusif de la protection d’Israël. Alors que l’État hébreu bénéficie d’une étanchéité quasi totale grâce à un dôme d’acier renforcé par les moyens américains, les alliés arabes ont été laissés exposés aux éclats de la riposte iranienne, subissant des bombardements sur des infrastructures stratégiques du Qatar aux Émirats Arabes Unis. Depuis le déclenchement de ce conflit le 28 février 2026, marqué par les opérations militaires « Lion Rugissant » et « Fureur Épique », l’Iran a lancé de vastes offensives de missiles et de drones contre les pays du Conseil de coopération du Golfe en représailles à la présence de bases américaines et au soutien logistique apporté aux forces alliées. Les Émirats arabes unis figurent parmi les nations les plus durement touchées avec des frappes ciblant l’aéroport international de Dubaï, la zone résidentielle de Palm Jumeirah ainsi que les infrastructures industrielles de Sharjah et le port pétrolier stratégique de Fujairah où des incendies majeurs ont été signalés. Au Koweït, les bombardements ont frappé de plein fouet l’aéroport international, causant des victimes civiles et des dégâts matériels considérables, tandis que la base aérienne d’Ali Al Salem utilisée par les États-Unis a été la cible de salves répétées. Le Qatar n’a pas été épargné puisque la base d’Al-Udeid, siège du commandement central américain, a subi plusieurs impacts de missiles ayant réussi à saturer les systèmes de défense antiaérienne au début du mois de mars. À Bahreïn, le quartier général de la 5ème Flotte de l’US Navy situé à Juffair a été directement endommagé, provoquant des évacuations préventives dans les zones urbaines environnantes de Manama. L’Arabie saoudite fait face à des attaques visant le champ pétrolier de Shaybah et la périphérie de Riyad, alors qu’Oman voit ses eaux territoriales devenir le théâtre d’agressions contre la marine marchande. Cette campagne iranienne ne se limite plus aux seules cibles militaires mais s’étend désormais aux centres financiers, aux hôtels de luxe et aux usines de dessalement dans une volonté affichée de paralyser totalement l’économie de la région parallèlement au blocus meurtrier imposé dans le détroit d’Ormuz.
Le blocus du détroit d’Ormuz, amorcé dès les premières heures de l’agression américaine et son alliée israélienne, s’est transformé en une zone de non-droit maritime où la navigation commerciale est devenue quasi impossible. Contrairement à une fermeture administrative classique, Téhéran applique un blocus de fait en combinant le minage intensif des eaux territoriales, le déploiement de centaines de drones suicides et des tirs de missiles balistiques antinavires depuis les côtes de la province de Hormozgan. Les services de renseignement occidentaux estiment que l’Iran a déjà mouillé entre 2 000 et 6 000 mines navales de nouvelle génération, dont certaines sont « intelligentes » et capables de se déplacer pour cibler les coques des superpétroliers. Les conséquences sur le trafic sont radicales puisque le flux de navires a chuté de plus de 90 %, avec seulement quelques rares pétroliers tentant encore le passage sous une escorte militaire extrêmement risquée qui fait de ces navires des cibles prioritaires pour les Gardiens de la révolution.
Sur le plan économique, cette obstruction du principal poumon énergétique mondial a provoqué une onde de choc sans précédent, propulsant le prix du baril de Brent bien au-delà des 100 dollars en quelques jours, avec des projections alarmistes à 140 dollars si la situation perdure. Les grandes compagnies maritimes comme Maersk ou CMA CGM ont officiellement suspendu tout transit, tandis que les assureurs refusent désormais de couvrir les navires s’aventurant dans le Golfe, isolant de facto les ports de Dubaï, de Doha et d’Abou Dabi. La situation sur place est décrite par les observateurs comme un chaos maritime où plusieurs navires marchands, tels que le vraquier thaïlandais Mayuree Naree, ont été frappés et abandonnés par leurs équipages en plein détroit. Malgré la destruction par l’armée américaine d’une quinzaine de bâtiments poseurs de mines iraniens le 10 mars, la menace reste omniprésente en raison de la capacité de harcèlement asymétrique de l’Iran qui utilise des essaims de vedettes rapides pour saturer les défenses des rares convois restants.
Malgré des investissements colossaux et des gestes de courtoisie somptueux, ces États réalisent avec effroi que leur sécurité reste une variable d’ajustement pour Washington, poussant les analystes à conclure qu’aucune alliance extérieure ne procure de protection absolue et que le salut réside désormais dans le développement souverain de ses propres moyens de défense. Cette vulnérabilité forcée redéfinit les rapports de force au Moyen-Orient, où la confiance envers le protecteur traditionnel s’efface devant la nécessité brutale d’une autonomie stratégique de fait. Les gestes somptueux évoqués s’inscrivaient dans une stratégie de séduction et d’influence sans précédent où les frontières entre la diplomatie d’État et les intérêts privés de la famille Trump sont devenues particulièrement poreuses. Le symbole le plus spectaculaire de cette démesure est sans aucun doute l’offre par la famille royale du Qatar d’un Boeing 747-8 Jumbo, véritable palais volant estimé à environ 400 millions de dollars et doté de salons de luxe ainsi que de suites privées. Bien que l’administration ait initialement présenté cet appareil comme un don destiné à l’US Air Force, la polémique a rapidement enflé face à la perspective que Donald Trump puisse le récupérer pour sa fondation présidentielle à l’issue de son mandat. Cette largesse aérienne ne constitue qu’une pièce d’un puzzle bien plus vaste incluant des dizaines de cadeaux d’apparat comme des sabres sertis de métaux précieux ou des capes en fourrures exotiques, mais surtout des investissements massifs dans le giron familial. On note ainsi l’injection de près de 2 milliards de dollars par le fonds souverain des Émirats arabes unis dans une entreprise de cryptomonnaie liée aux proches du président, parallèlement aux revenus directs générés par les tournois de golf saoudiens organisés sur ses propriétés. Sur le plan éthique, ces pratiques soulèvent des questions fondamentales de corruption et de conflit d’intérêts, car la Clause des Émoluments de la Constitution américaine interdit normalement de telles faveurs étrangères sans l’aval du Congrès. Pour de nombreux experts, ce mélange entre investissements privés et décisions de politique étrangère, comme le feu vert pour l’exportation de puces d’intelligence artificielle vers Abou Dabi, crée un soupçon permanent de marchandage diplomatique. Aujourd’hui, alors que les bombes tombent sur leurs infrastructures stratégiques, les dirigeants du Golfe réalisent avec amertume que ces milliards n’ont pas acheté la protection absolue espérée, mais ont simplement lié temporairement leur sort à un homme plutôt qu’à une garantie de sécurité nationale américaine immuable.
Il est tout à fait juste de souligner que la situation actuelle place les monarchies du Golfe dans une position de victimes collatérales d’une stratégie qui les dépasse, puisque ces nations n’ont pas initié les hostilités mais subissent de plein fouet la riposte iranienne en raison de leur dépendance sécuritaire et de la présence de bases américaines sur leurs sols. Malgré l’ampleur phénoménale des dons et des investissements personnels offerts à Donald Trump, ce dernier a opéré un arbitrage stratégique glacial en concentrant l’intégralité des capacités de défense antimissile et de couverture aérienne des États-Unis sur le sanctuaire israélien, laissant les généreux donateurs du Golfe seuls face aux salves de missiles balistiques. Cette priorité absolue accordée à la protection d’Israël, au détriment de partenaires ayant pourtant « acheté » leur accès au Bureau ovale à coups de milliards et de palais volants, révèle que pour Washington, ces pays ne sont que des plateformes logistiques interchangeables et non des alliés prioritaires méritant un bouclier actif. En refusant de déployer des batteries Patriot supplémentaires ou d’engager ses chasseurs pour intercepter les drones visant Dubaï ou Doha, l’administration Trump abandonne de fait ses « clients » du Golfe à leur sort, démontrant que la corruption ou le mélange d’intérêts privés n’ont jamais pesé lourd face aux impératifs doctrinaux de la Maison-Blanche dans cette guerre qu’elle a elle-même déclenchée.
Les catégories juridiques du désengagement et la symbiose occidentale
Pour comprendre ce séisme, il faut disséquer les catégories juridiques des partenariats militaires qui régissent le monde, car il existe une hiérarchie stricte de l’engagement. Au sommet trône l’Article 5 du Traité de l’Atlantique Nord, une clause de défense collective stipulant qu’une attaque contre un membre est une attaque contre tous, créant une obligation juridique d’intervention armée. En dessous se trouvent les traités de sécurité mutuelle et les partenariats stratégiques globaux, ces derniers étant la catégorie dans laquelle se trouvent la plupart des relations du Sud Global avec la Russie ou la Chine. Contrairement à l’OTAN, ces accords ne prévoient que des consultations et aucune obligation d’envoyer des troupes. Le partenariat entre la Russie et l’Iran, bien que qualifié de global, se limite juridiquement à une coopération technique et militaire, un simple contrat commercial qui ne vaut pas pacte de sang. L’Occident, en revanche, fait preuve d’une fidélité organique : il soutient massivement l’Ukraine sans traité formel car il protège les siens, alors que la relation sino-russe avec le Sud Global reste une transaction froide dépourvue de cette fraternité d’armes qui pousse l’Amérique à mobiliser des arsenaux entiers pour Israël. Cette asymétrie entre l’engagement idéologique occidental et le mercantilisme stratégique eurasien laisse les alliés de l’Est dans une solitude tactique périlleuse lors des crises paroxystiques.
L’éveil du génie national et les sacrifices du réarmement souverain
Au sein des opinions publiques du Sud Global, le divorce est désormais consommé car ni l’Occident, sélectif et partial, ni ses rivaux russes et chinois, opportunistes et fuyants, ne sont jugés fiables. Ce constat radical pousse les peuples vers une révolution doctrinale où la sécurité ne s’achète plus mais se forge par le propre génie national. Cette prise de conscience impose une réorientation brutale des budgets nationaux en Afrique et en Asie, où l’urgence de la survie militaire commence à supplanter les priorités de développement civil. Les nations apprennent à leurs dépens qu’il faut s’armer massivement en comptant sur ses propres ingénieurs et ses propres industries, car l’idée qu’un parapluie étranger puisse garantir la pérennité d’un État est désormais considérée comme une erreur fatale. Cette course à l’autarcie stratégique exige des sacrifices immenses, mais elle est perçue comme le seul chemin vers une dignité réelle dans un monde où la diplomatie s’efface devant la force brute. L’ère des équipements « clés en main » s’efface devant celle de la recherche endogène, marquant une rupture avec la dépendance technologique qui a longtemps servi de levier de contrôle aux grandes puissances.
Vers une forge commune : la mutualisation du génie national et l’émergence d’industries de défense régionales
Face à la faillite des parapluies de protection étrangers, l’impératif de survie impose au Sud Global de dépasser le stade de l’achat d’armements sur catalogue pour entrer dans l’ère de la coproduction souveraine. Cette transition exige une mutualisation audacieuse du génie national, car aucun État du Sud, pris isolément, ne possède l’intégralité de la chaîne de valeur nécessaire à la guerre moderne. Le salut réside dans la création de pôles d’excellence régionaux où les ressources naturelles de l’un s’allient à la capacité de financement de l’autre et à l’expertise d’ingénierie d’un troisième. L’objectif n’est plus seulement de posséder des armes, mais de maîtriser les algorithmes, les semi-conducteurs et les systèmes de guidage qui les rendent opérationnelles. En investissant massivement dans des centres de recherche et développement partagés, ces nations pourraient enfin briser leur dépendance technologique vis-à-vis d’un Occident sélectif ou d’un bloc eurasien évasif.
Cette stratégie de mutualisation implique un sacrifice budgétaire colossal et une volonté politique de fer, car elle nécessite de détourner des ressources traditionnellement allouées au développement civil vers une autarcie industrielle militaire. Cependant, l’opinion publique au sein du Sud Global commence à percevoir ce coût comme le prix de la dignité, préférant financer ses propres usines de drones, ses propres dômes de défense aérienne et ses propres réseaux de communication cryptés plutôt que de rester tributaire de matériels dont les codes sources sont détenus à Washington, Moscou ou Pékin. Le génie national, s’il est fédéré à l’échelle de grands ensembles régionaux, permettrait de créer une dissuasion conventionnelle crédible capable de faire réfléchir n’importe quelle puissance impériale. C’est par cette solidarité technique et concrète, et non par des pactes de papier, que le Sud Global pourra enfin sortir de sa condition de spectateur vulnérable pour devenir l’architecte de sa propre sécurité.
La réalité économique de l’autarcie Industrielle : entre ambitions et contraintes budgétaires
Le passage à une autonomie militaire réelle ne peut se limiter à une déclaration d’intention ; il requiert une restructuration profonde des économies nationales du Sud Global. Le défi majeur réside dans l’arbitrage entre la consommation immédiate et l’investissement de long terme dans le complexe militaro-industriel souverain. Pour des régions comme l’Asie du Sud-Est ou certains pôles africains, cela signifie la création de zones industrielles spécialisées capables de produire non seulement le matériel, mais aussi les composants électroniques de base qui constituent le talon d’Achille de la défense moderne. L’économie de guerre en temps de paix devient une norme, où l’État intervient pour subventionner massivement la recherche fondamentale en intelligence artificielle appliquée à la défense et en cryptographie. Cette militarisation de l’économie entraîne inévitablement une inflation structurelle et une pression sur les services publics, mais elle est justifiée par les élites locales comme une « assurance souveraineté » indispensable.
Au sein de ces économies, on observe l’émergence d’une nouvelle classe d’entrepreneurs technologiques dont le succès ne dépend plus de l’exportation de matières premières, mais de leur capacité à innover dans les systèmes de détection et de brouillage. Le financement de ces industries de défense régionales repose de plus en plus sur des fonds de placement souverains qui retirent leurs actifs des marchés occidentaux pour les réinjecter dans des projets de co-développement transnationaux. Cette circulation fermée du capital au sein du Sud Global vise à immuniser ces nations contre les sanctions financières utilisées par Washington comme arme de guerre. Toutefois, cette mutation économique comporte des risques de surendettement massif si la base industrielle ne parvient pas à générer des retombées civiles, rendant la réussite de ce pari technologique vitale pour la stabilité sociale de ces nations.
Cuba : le calvaire d’une nation face à l’impuissance de ses tuteurs
L’acharnement sur Cuba constitue sans doute le chapitre le plus cruel de cette démission des grandes puissances rivales de Washington. Il serait intellectuellement malhonnête de souscrire à la thèse de la « mauvaise gestion » pour expliquer l’état de l’île, car il s’agit d’une asphyxie méthodique orchestrée depuis six décennies. Les sanctions américaines, loin d’être de simples mesures commerciales, constituent un siège médiéval moderne qui a mis l’économie cubaine à genoux en la privant d’accès aux devises, aux technologies médicales et aux pièces de rechange essentielles. En jetant son dévolu sur La Havane, le président Trump s’attaquera à un fruit que soixante ans d’embargo ont rendu particulièrement malléable, transformant une nation autrefois phare de la résistance en une cible isolée. La tragédie réside dans le fait que malgré les promesses de « partenariat stratégique », ni Moscou ni Pékin n’ont déployé les moyens financiers ou maritimes nécessaires pour briser ce blocus, laissant le peuple cubain payer seul le prix d’une fidélité idéologique que ses parrains ne sont plus prêts à soutenir militairement face au rugissement de la Maison-Blanche. Cet abandon de l’avant-poste caraïbéen scelle la fin de la solidarité transcontinentale et illustre la prépondérance du réalisme économique sur la loyauté historique dans la stratégie actuelle de l’axe eurasien.
Contrairement à l’Iran ou au Venezuela, qui conservent des capacités de nuisance ou des ressources stratégiques sanctuarisées ayant permis de mettre en échec les tentatives de changement de régime par l’administration du président Donald Trump, Cuba semble destinée à tomber irrémédiablement dans le filet américain. Il est crucial de noter que si Trump n’a pas réussi à faire basculer Téhéran ou Caracas malgré une pression maximale et des agressions militaires, l’extrême fragilité actuelle de l’île offre un terrain bien plus favorable à ses ambitions. Sous l’impulsion d’un secrétaire d’État dont les origines cubaines insufflent une ferveur particulière à cette mission de « libération », l’île risque réellement de connaître le basculement de régime attendu depuis soixante ans. Les Cubains, épuisés par des décennies d’indigence, de pénuries et d’embargos étouffants, atteignent un point de rupture où la survie quotidienne l’emporte sur la confrontation idéologique avec un géant américain qui ne renoncera jamais à son ambition de l’assujettir, de la dompter et de la modeler à sa guise. Les déclarations récentes de l’administration Trump ne laissent d’ailleurs place à aucune ambiguïté : Washington a clairement signifié que Cuba devrait « s’inquiéter », suggérant qu’une occupation ou une intervention directe est déjà programmée. Dès que les poussières de l’agression iranienne seront retombées et que les ressources militaires seront réallouées, l’attention totale de la Maison-Blanche se portera sur cette perle des Antilles pour achever, par la force ou l’épuisement, un processus de normalisation forcée qui mettra un terme définitif à l’ère castriste.
L’asymétrie du dollar face au drone : l’impasse financière de la stratégie américaine selon Richard Détente
Selon l’analyse de Richard Détente, de la chaîne Grand Angle, le conflit entre les États-Unis et l’Iran révèle plutôt d’une faille structurelle majeure dans la stratégie de défense américaine : l’insoutenabilité économique de la guerre de haute technologie face à la saturation par des drones low-cost. L’analyste expose une asymétrie financière flagrante, soulignant que l’armée américaine se retrouve contrainte d’utiliser des systèmes de défense sophistiqués, tels que les missiles Patriot, pour intercepter des munitions rôdeuses iraniennes de type Shahed. Le cœur de cette impasse repose sur un calcul comptable dévastateur. Alors qu’un drone iranien est estimé à environ 20 000 $, le tir d’un seul missile Patriot coûte près de 4 millions $. Dans une configuration de combat réelle, l’obligation de sécuriser l’interception nécessite souvent le lancement de deux missiles par cible, portant la facture à 8 millions $ pour neutraliser un engin mille fois moins cher. Cette disproportion crée, selon l’auteur, une véritable « hémorragie financière » pour le budget du Pentagone. Richard Détente pousse la démonstration plus loin en illustrant l’impact d’une attaque de grande envergure. L’envoi de 1 000 drones, une capacité largement à la portée de l’industrie iranienne, imposerait aux États-Unis une dépense théorique de plusieurs milliards de dollars en quelques heures seulement. Au-delà de l’aspect monétaire, l’analyste insiste sur l’épuisement des stocks physiques : la consommation de munitions lors d’une telle salve dépasserait largement la capacité de production annuelle des usines américaines. En somme, l’auteur suggère que l’Iran mène une guerre d’usure où l’objectif n’est plus seulement la destruction matérielle, mais l’effondrement logistique et financier d’une superpuissance forcée de vider ses arsenaux pour contrer des technologies rudimentaires.
Pour conclure cette synthèse, Richard Détente livre une perspective sombre sur l’issue de ce bras de fer, qu’il qualifie de tournant historique pour l’économie mondiale. Selon l’analyste, nous sortons de l’ère de la mondialisation heureuse pour entrer dans celle de la « géopolitique de la rareté » et de la fragmentation des blocs. L’auteur soutient que l’issue probable ne sera pas une victoire militaire nette d’un camp sur l’autre, mais un basculement structurel vers une inflation persistante. En contraignant les États-Unis à financer des guerres d’usure coûteuses sur plusieurs fronts — Ukraine, Moyen-Orient et potentiellement Taïwan — les puissances du bloc de l’Est (Russie, Chine, Iran) provoquent un épuisement du modèle monétaire basé sur le dollar. Pour Richard Détente, cette sur-sollicitation de la planche à billets américaine, nécessaire pour soutenir des alliés et protéger des routes maritimes vitales, affaiblit la valeur réelle de la monnaie de réserve mondiale. Enfin, l’analyste anticipe une régionalisation forcée des économies. Le coût croissant de la sécurisation des échanges maritimes, illustré par les tensions en mer Rouge, rendra le transport de marchandises à bas prix de moins en moins viable. À terme, il prévoit que les nations devront choisir entre la sécurité et le coût, menant inévitablement à un renchérissement durable des biens de consommation. La conclusion de l’auteur est sans appel : le véritable champ de bataille n’est plus seulement géographique, il est devenu monétaire et industriel, marquant la fin d’une certaine forme d’insouciance économique pour l’Occident.
La fin de l’immunité américaine au Moyen-Orient : la nouvelle équation stratégique de Téhéran
Seyed Mohammad Marandi est un universitaire et analyste politique irano-américain influent. Professeur de littérature anglaise et d’orientalisme à l’Université de Téhéran, il est surtout connu sur la scène internationale pour être un porte-parole officieux mais régulier des positions stratégiques de l’Iran. Il a notamment agi comme conseiller médiatique lors des négociations sur le nucléaire à Vienne, s’imposant comme une figure clé pour décrypter la pensée de Téhéran auprès des médias mondiaux.
Selon son analyse, la confrontation actuelle marque un tournant décisif dans l’équilibre des forces au niveau régional. Il affirme que l’Iran n’acceptera plus un statu quo permettant aux États-Unis et à « Israël » de le menacer à partir de bases militaires réparties dans toute la région. L’objectif de Téhéran est désormais de maintenir la pression et de poursuivre le conflit jusqu’à ce que Washington et ses alliés occidentaux reconnaissent qu’attaquer l’Iran n’est plus une option envisageable. Seyed Mohammad Marandi soutient également que cette guerre pourrait forcer des changements régionaux majeurs, provoquant notamment une remise en question profonde du rôle des États du Golfe qui hébergent des bases américaines, et entraînant un basculement définitif du pouvoir en faveur de l’Axe de la Résistance.
Le nouveau Yalta ou le chaos : l’analyse de Caroline Galactéros sur l’impasse américaine face à l’Iran
Dans son analyse du 11 mars 2026, Caroline Galactéros dresse le constat d’un échec stratégique majeur pour l’administration Trump et son allié israélien, qu’elle qualifie de fiasco encore rattrapable à condition de changer radicalement de paradigme. Selon elle, l’offensive contre l’Iran s’est enlisée dans une guerre d’attrition où l’arrogance occidentale s’est brisée sur la résilience nationale et militaire de Téhéran, prouvant que l’Iran n’est pas le Venezuela. Loin d’être isolée, la République islamique bénéficie d’un appui déterminant de la part de la Russie et de la Chine : Moscou soutient activement Téhéran par la fourniture de renseignements tactiques en temps réel — une réponse directe au rôle des États-Unis en Ukraine — tandis que Pékin renforce les capacités de défense iraniennes. Ce soutien bilatéral a non seulement mis en échec la tentative américaine de priver la Chine de pétrole, mais a surtout scellé l’émergence d’un bloc multipolaire face auquel la suprématie du dollar et le prestige de Washington s’érodent rapidement, notamment à cause du blocage de facto du détroit d’Ormuz qui fait s’envoler les prix de l’énergie.
Face à cette impasse, les exigences iraniennes pour un cessez-le-feu sont d’une fermeté absolue et s’apparentent à une demande de capitulation diplomatique de la part de Washington. Téhéran exige un accord formel et « verrouillé » par le Congrès américain pour éviter toute dénonciation unilatérale future, ainsi que la levée totale des sanctions et le déblocage de ses avoirs gelés. Sur le plan régional, l’Iran pose des conditions de sécurité majeures, incluant le retrait des forces américaines du Moyen-Orient, le départ d’Israël du Liban et un engagement de non-agression mutuelle. Pour Caroline Galactéros, l’Iran est en train de gagner car, pour ce pays, la victoire réside simplement dans la survie face à un déploiement de puissance hostile, un objectif qu’ils atteignent en dépit des frappes économiques destructrices.
Le conseil central que l’experte adresse aux Américains est de « savoir s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard » et d’accepter un « nouveau Yalta ». Elle exhorte Washington à abandonner ses narratifs martiaux déconnectés de la réalité et à sortir de son ethnocentrisme pour privilégier le dialogue et le compromis. Pour sortir de ce guêpier sans perdre totalement la face, elle suggère que Donald Trump devra accepter un partage du monde où la Russie et la Chine seraient reconnues comme des partenaires incontournables de la sécurité globale. En somme, elle appelle à un retour au respect mutuel et à la diplomatie, seul moyen d’éviter une faillite totale de l’influence américaine et un effondrement de l’équilibre économique mondial au profit d’une « jungle » où les puissances régionales se défendent bien plus vigoureusement que prévu.
Le déclin des BRICS+ et le retour à la realpolitik
Est-il exagéré d’affirmer que naufrage des garanties de sécurité eurasiennes sonne l’arrêt de mort symbolique pour l’expansion des BRICS+ qui ne sont plus perçus comme une alternative mais comme un mirage diplomatique? L’attractivité de Pékin et Moscou comme parrains est durablement entachée par une réputation d’infidélité stratégique alors que le monde reste, dans les faits, unipolaire dès qu’il s’agit de puissance de feu. L’effacement de l’influence de ces blocs marque l’agonie d’une certaine idée de la fraternité antioccidentale, laissant place à un paysage international plus dur et sans concession. Dans cet horizon sombre, chaque nation comprend que l’on ne survit qu’avec ses propres griffes ou en acceptant la domination totale d’un protecteur qui n’hésite pas à mordre pour défendre son propre camp. Le reflux des ambitions multipolaires laisse le Sud Global face à une réalité aride : le retour d’une hégémonie sans contrepoids où la souveraineté se mesure désormais au poids de l’arsenal indigène plutôt qu’au prestige des signatures diplomatiques.



