Alors que l’urgence climatique rassemble les dirigeants de la planète au cœur de l’Amazonie brésilienne pour une COP30 décisive, la Guinée s’invite dans le débat mondial par la voie culturelle. Du 17 au 22 novembre 2025, le Centre Culturel Franco-Guinéen (CCFG) et l’organisation TerrafriK Guinée proposent un cycle de cinéma documentaire inédit, transformant les salles obscures de Conakry en espace de résonance des grands enjeux environnementaux africains.

Loin d’être une simple coïncidence de calendrier, cette programmation intitulée « Terres, ressources alimentaires, océans » a été pensée comme un miroir tendu aux négociations de Belém. Si les diplomates discutent déforestation et protection marine de l’autre côté de l’Atlantique, ces problématiques se vivent avec une acuité particulière sur le continent africain. C’est précisément pour illustrer cette convergence des luttes que le CCFG Sory Kandia Kouyaté accueille cette initiative, ambitionnant de décrypter localement des défis globaux souvent perçus comme lointains ou trop techniques.

Pour incarner ces enjeux, les organisateurs ont sélectionné trois œuvres percutantes qui rythmeront la semaine dès 19 heures. Le cycle s’est ouvert le lundi 17 novembre avec Razzia sur l’Atlantique, une plongée alarmante dans la surpêche industrielle, un sujet brûlant pour les côtes ouest-africaines dont l’économie dépend vitalement des ressources halieutiques. La réflexion s’est poursuivie mardi avec Traînée de poudre, qui interroge les aberrations de la mondialisation à travers le prisme de nos assiettes, avant de laisser place, mercredi, à À la vie, à la terre – Cameroun, la terre des femmes. Ce dernier documentaire a offert un regard puissant sur la gestion durable des territoires et le combat des femmes pour leurs droits fonciers.

Soucieux de toucher un public large, des étudiants aux décideurs en passant par les militants écologistes, le CCFG a prévu une séance de rattrapage le samedi 22 novembre. Les spectateurs pourront y redécouvrir Razzia sur l’Atlantique à 15h30, suivi du film sur les terres camerounaises en début de soirée. Accessibles au tarif de 30 000 GNF pour les adultes et 15 000 GNF pour les moins de 12 ans, ces projections entendent dépasser le simple divertissement pour nourrir une véritable conscience citoyenne, rappelant que si la COP se joue au Brésil, l’action climatique, elle, commence ici, en terre africaine.

La Rédaction