Il y a quelque chose que je peine encore à comprendre dans la posture actuelle de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Depuis la levée des sanctions qui pesaient sur le parti, ses responsables s’emploient à le remettre pleinement sur pied, comme un parti politique ordinaire, évoluant dans un pays dirigé par un Président qu’ils disent pourtant ne pas reconnaître.
La confusion devient plus visible à l’approche des échéances politiques. Après le 28 décembre, il est prévisible que les dirigeants de l’UFDG répéteront qu’ils ne reconnaissent ni les résultats ni le Président issu d’élections qu’ils jugent non crédibles. Pourtant, dans le même temps, tout indique qu’ils se prépareront activement aux élections législatives, communales, voire sénatoriales, organisées sous le mandat de ce même Président qu’ils rejettent. Cette double posture interroge.
Dès lors, une question centrale se pose : si le Président Doumbouya avait laissé la porte ouverte, Cellou Dalein Diallo se serait-il présenté ? Si la réponse est oui, alors le problème n’est peut-être pas tant la manière d’organiser les élections que la non-participation du leader de l’UFDG à la présidentielle. Autrement dit, le rejet du processus serait moins institutionnel que personnel. Dans ce contexte, on peut aussi se demander pourquoi l’UFDG n’a pas choisi une stratégie comparable à celle d’Alpha Condé ou du RPG, qui ont opté, à des degrés divers, pour le retrait et la mise en réserve politique. Pourquoi maintenir une présence active dans le jeu institutionnel tout en contestant sa légitimité fondamentale ?
La sortie médiatique de Cellou Dalein Diallo, affirmant clairement que ni de près ni de loin il n’est intéressé par la présidentielle, ajoute à l’interrogation. Qui l’a poussé à se prononcer ainsi, là où un silence stratégique aurait peut-être été plus cohérent avec la posture de contestation ? Personnellement, je n’aurais ni soutenu ni rejeté publiquement : j’aurais choisi le silence, ce « gboudou silence » qui laisse planer l’incertitude et évite de figer les positions.
Au fond, ce questionnement ne vise pas à trancher, mais à mettre en lumière une ligne politique qui semble hésiter entre la contestation radicale et l’adaptation pragmatique. Une posture qui, pour beaucoup, demeure difficile à lire et mérite, au minimum, d’être clairement expliquée à l’opinion publique.
Amadou Kéita (Analyste politique, Coach formateur et auteur)





