Désaveu. Dans un courrier daté du 11 novembre, Bassirou Diomaye Faye a remis en cause une décision de son Premier ministre, Ousmane Sonko, raconte Mawunyo Hermann Boko. Le président sénégalais a annoncé mettre fin aux fonctions d’Aïda Mbodj à la tête de la coalition « Diomaye Président », désignant à sa place Aminata Touré, ancienne Première ministre de Macky Sall.
Ce changement à la tête de l’alliance de partis créée en amont de la présidentielle d’avril 2024 pour mener campagne aux côtés des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), le parti sur lequel Ousmane Sonko règne en maître, sonne comme un désaveu pour le chef du gouvernement. Trois jours plus tôt, lors de son « térameeting », ce dernier avait affiché son soutien à Aïda Mbodj.
Violence. Sauf que, sans la nommer, Ousmane Sonko avait critiqué Aminata Touré auparavant. « Ceux qui appellent au pardon sont ceux qui nous combattaient hier et qui, aujourd’hui, sont avec nous au pouvoir. Ils tentent d’isoler le président Bassirou Diomaye Faye, lui disant que je suis violent. Ce ne sont pas des alliés sincères, ni loyaux », avait notamment tonné le Premier ministre.
C’est la guerre. C’est sans surprise, donc, que la décision de nommer à la tête de la coalition « Diomaye Président » l’ancienne Première ministre Aminata Touré, qui occupe déjà les fonctions de haute représentante du président sénégalais, a été rejetée par le parti présidé par Ousmane Sonko. « Le Pastef et ses alliés ne se reconnaissent dans aucune initiative coordonnée par Mme Aminata Touré, avec qui nous ne partageons ni les mêmes valeurs ni les mêmes principes », a affirmé le bureau politique du Pastef dans un communiqué publié le 12 novembre, dans lequel le parti renouvelle sa confiance à Aïda Mbodj. Désormais, les deux camps se regardent en chiens de faïence.
Source : www.jeuneafrique.com



