{"id":1978,"date":"2025-01-27T13:57:31","date_gmt":"2025-01-27T12:57:31","guid":{"rendered":"https:\/\/cieldeguinee.net\/?p=1978"},"modified":"2025-01-27T13:57:31","modified_gmt":"2025-01-27T12:57:31","slug":"du-corridor-de-lobito-au-gisement-de-fer-de-simandou-des-megas-projets-de-plusieurs-milliards-de-dollars-pour-sortir-lafrique-de-sa-remanente-pauvrete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/du-corridor-de-lobito-au-gisement-de-fer-de-simandou-des-megas-projets-de-plusieurs-milliards-de-dollars-pour-sortir-lafrique-de-sa-remanente-pauvrete\/","title":{"rendered":"Du corridor de Lobito au gisement de fer de Simandou : des m\u00e9gas projets de plusieurs milliards de dollars pour sortir l\u2019Afrique de sa r\u00e9manente pauvret\u00e9?"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019occasion du seul voyage de Joe Biden en Afrique, le projet du corridor de Lobito a \u00e9t\u00e9 propuls\u00e9 sur la sc\u00e8ne m\u00e9diatique mondiale, si tant est qu\u2019il nourrit les espoirs de d\u00e9veloppement et de prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique des pays concern\u00e9s. Lobito se veut un pharaonique projet d\u2019investissements dans des infrastructures ferroviaires reliant l\u2019Angola, la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo (RDC) et la Zambie aux gigantesques\u00a0 march\u00e9s r\u00e9gionaux et surtout mondiaux de l\u2019exportation de mati\u00e8res premi\u00e8res. Le corridor de Lobito est \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9 comme le fruit en gestation de la bienveillante gracieuset\u00e9 des \u00c9tats-Unis, de l\u2019Union europ\u00e9enne et du Groupe de discussion et de partenariat \u00e9conomique (G7) aux efforts de souverainet\u00e9 \u00e9conomique des pays africains. Le corridor de Lobito viserait \u00e0 cr\u00e9er des emplois pour les pays africains impliqu\u00e9s, dans la perspective d\u2019am\u00e9liorer le bien-\u00eatre de leurs populations respectives. Lobito projette de lib\u00e9rer l\u2019immense potentiel \u00e9conomique de la r\u00e9gion, de fignoler et optimaliser les possibilit\u00e9s d\u2019exportation des mati\u00e8res premi\u00e8res des pays susmentionn\u00e9s, tout en cr\u00e9ant de la valeur ajout\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 des investissements \u00e9trangers dans diverses infrastructures. Pour l\u2019Union europ\u00e9enne, le corridor de Lobito s\u2019inscrit dans un cadre hautement strat\u00e9gique d\u2019accession \u00e0 des ressources naturelles rares sur un march\u00e9 fortement concurrenc\u00e9 par l\u2019arriv\u00e9e de nouveaux acteurs cr\u00e9sus tel que la Chine, la Russie, l\u2019Inde, et la Turquie, tout aussi agressifs, gourmands, cupides, encombrants et insatiables que leurs rivaux de l\u2019Occident dont l\u2019h\u00e9g\u00e9monie, la supercherie, les effronteries, les abus, les exc\u00e8s, le wokisme civilisationnel, le nationalisme identitaire anti-immigration, le deux poids deux mesures sur des questions notamment des droits de l\u2019homme et de d\u00e9mocratie agacent une Afrique en pleine mutation.<\/p>\n<p><strong>Un projet \u00e0 l\u2019initiative des africains<\/strong><\/p>\n<p>En vue d\u2019harmoniser leurs efforts de d\u00e9veloppement, l\u2019Angola, la RDC et la Zambie signent en janvier 2023, l\u2019Accord de l\u2019Agence de Facilitation du Transport en Transit du Corridor de Lobito, (LCTTFA) pour son acronyme en anglais. \u00c0 l\u2019origine, ce projet guignait \u00e0 valoriser, faciliter et acc\u00e9l\u00e9rer le commerce transfrontalier gr\u00e2ce \u00e0 la mise en \u0153uvre d\u2019instruments r\u00e9gionaux f\u00e9d\u00e9r\u00e9s de frayage du transport et du n\u00e9goce. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00e0 travers l\u2019Accord LCTTFA, les Africains ambitionnaient de se doter d\u2019un itin\u00e9raire efficace et efficient qui simplifierait et stimulerait le transport de marchandises \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des territoires des trois \u00c9tats membres du corridor, moyennant l\u2019harmonisation des politiques, des lois des r\u00e9glementations; des strat\u00e9gies et des activit\u00e9s conjointes coordonn\u00e9es de d\u00e9veloppement des infrastructures du corridor; la diffusion de donn\u00e9es de trafic et d\u2019informations et la mise en \u0153uvre d\u2019instruments de facilitation des transactions commerciales pour soutenir une plus grande participation des petites et moyennes entreprises (PME) aux cha\u00eenes de valeurs commerciales. Principalement, le projet mise sur l\u2019agriculture et l\u2019exploitation mini\u00e8re, dans le but d\u2019amplifier le commerce et la croissance \u00e9conomique le long du corridor de Lobito et dans toute la r\u00e9gion de la Communaut\u00e9 de d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique Australe (SADC). Les pays membres de corridor de Lobito manifestent une volont\u00e9 de mettre \u00e0 la disposition des importateurs et exportateurs locaux une route commerciale alternative et de bonifier les niveaux du trafic national et international.<\/p>\n<p>Le corridor de Lobito s\u2019\u00e9tend sur 1300 km en Angola et se poursuit sur 400 km en RDC au c\u0153ur de la Ceinture de cuivre. En raison d\u2019un partenariat avec des acteurs \u00e9conomiques \u00e9tatiques \u00e9trangers plaidant derri\u00e8re des rideaux tir\u00e9s pour l\u2019octroi de contrats \u00e0 leurs entreprises, une concession controvers\u00e9e de 30 ans a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e \u00e0 Trafigura, une entreprise suisse de courtage p\u00e9trolier et d\u2019affr\u00e8tement maritime sp\u00e9cialis\u00e9e dans le courtage et le transport des mati\u00e8res premi\u00e8res. Cette multinationale \u00e0 la r\u00e9putation sulfureuse avait d\u00e9vers\u00e9 plus de 540\u00a0000 litres de d\u00e9chets toxiques sur 18 sites autour d\u2019Abidjan, le 19 ao\u00fbt 2006, faisant 15 morts et plus de 100\u00a0000 personnes trait\u00e9s pour des vertiges et des troubles respiratoires. C\u2019est \u00e0 ce niveau que le b\u00e2t blesse et le projet du corridor de Lobito devient un des nombreux tentacules de la pr\u00e9dation coloniale qui extravertie l\u2019\u00e9conomie africaine et l\u2019oriente vers l\u2019exportation de mati\u00e8res premi\u00e8res, alors que ce mod\u00e8le \u00e9conomique h\u00e9rit\u00e9 de la colonisation ne procure aucune valeur ajout\u00e9e aux \u00e9conomies africaines. Bien que l\u2019Agence LCTTFA ait \u00e9t\u00e9 mandat\u00e9e de veiller \u00e0 l\u2019entretien durable de l\u2019infrastructure et d\u2019exalter le d\u00e9veloppement du corridor de Lobito, en s\u2019assurant \u00e0 ce que cette infrastructure et d\u2019autres services de soutien r\u00e9pondent aux besoins actuels et futurs des utilisateurs tout en encourageant la minimisation des co\u00fbts associ\u00e9s au mouvement des marchandises et des passagers tout au long du corridor, la seule pr\u00e9sence de Trafigura suffit \u00e0 comprendre que les africains ont d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 perdu le contr\u00f4le de leur projet de d\u00e9veloppement. L\u2019objectif clair des trois pays \u00e9tait d\u2019\u00e9tablir et de consolider une \u00e9troite coop\u00e9ration dans la circulation des personnes et des biens; d\u2019assurer la coop\u00e9ration dans le trafic ferroviaire et routier, de fournir une route plus efficace et efficiente pour le transport int\u00e9rieur des marchandises entre les pays membres.<\/p>\n<p>Le corridor se voulait \u00e9galement un d\u00e9bouch\u00e9 strat\u00e9gique alternatif pour la Zambie, pays continental, vers les march\u00e9s occidentaux d\u2019exportation et d\u2019ailleurs, lui offrant ainsi une route primordiale vers le port maritime de Lobito sur l\u2019oc\u00e9an Atlantique. Le corridor de Lobito sera malheureusement un efficace instrument du sous-d\u00e9veloppement des pays membres\u00a0: une \u00e9conomie qui s\u2019articule autour de l\u2019exportation de mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e0 prix d\u00e9risoire et non autour de l\u2019exportation de produits finis, \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e ne peut tenir ses promesses de d\u00e9veloppement. L\u2019Angola est l&rsquo;un des plus grands producteurs de p\u00e9trole d&rsquo;Afrique. \u00c0 l\u2019heure actuelle, l&rsquo;essentiel de ses exportations p\u00e9troli\u00e8res brutes se fasse par voie maritime. Le pays poss\u00e8de \u00e9galement des gisements de fer dans la r\u00e9gion de Cassinga, pour l\u2019exploitation desquels, les autorit\u00e9s misent sur les \u00a0infrastructures de transport tel le projet de Lobito.<\/p>\n<p>La R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo est l&rsquo;un des plus grands producteurs de cuivre au monde. Le cuivre extrait de la r\u00e9gion du Katanga doit serait transport\u00e9 vers les ports pour l&rsquo;exportation, et le corridor de Lobito serait essentiel pour acheminer ce m\u00e9tal vers le port de Lobito. La RDC est \u00e9galement un producteur majeur de cobalt, qui est essentiel dans la fabrication de batteries, notamment pour les v\u00e9hicules \u00e9lectriques. Comme le cuivre, il n\u00e9cessite un transport efficace par chemin de fer et route pour \u00eatre export\u00e9. Le pari des autorit\u00e9s congolaises\u00a0semble \u00eatre celui de p\u00e9renniser le sous-d\u00e9veloppement de leur richissime pays, via l\u2019exportation de richesses naturelles brutes \u00e0 l\u2019inverse de celles du Mali, qui elles, ont r\u00e9ussi la construction d\u2019une usine de lithium gr\u00e2ce \u00e0 une collaboration chinoise que le pr\u00e9sident malien qualifie de partenariat \u00ab\u00a0sinc\u00e8re et fructueux\u00a0\u00bb, pendant que les partenaires du corridor de Lobito r\u00eavent de cr\u00e9er des emplois chez eux avec les ressources africaines. La RDC poss\u00e8de \u00e9galement des r\u00e9serves importantes de zinc, d&rsquo;\u00e9tain, d&rsquo;or et de coltan. Ces ressources ne b\u00e9n\u00e9ficieront point d&rsquo;infrastructures industrielles en vue de leur exploitation et transformation sur place. Leur exportation via le corridor de Lobito reste la priorit\u00e9 des dirigeants congolais.<\/p>\n<p>La Zambie est pour sa part \u00e9galement un grand producteur de cuivre, de cobalt, d\u2019uranium, de zinc et d\u2019autres m\u00e9taux avec des mines principalement situ\u00e9es dans la r\u00e9gion du Copperbelt, \u00e0 proximit\u00e9 de la fronti\u00e8re avec la RDC. Les zambiens comptes sur des infrastructures de transport pour rejoindre le port de Lobito pour bazarder l\u2019avenir de leurs enfants aux am\u00e9ricains et leurs alli\u00e9s de l\u2019Union europ\u00e9enne et du Groupe de discussion et de partenariat \u00e9conomique.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Le corridor de Lobito jouera un r\u00f4le crucial dans l\u2019appauvrissement de l\u2019Afrique \u00e0 travers l&rsquo;exploitation et l&rsquo;exportation de plusieurs ressources naturelles de ces trois pays. Les cons\u00e9quences pr\u00e9visibles de ce projet sont incommensurables. Il accentuera le d\u00e9p\u00e9rissement \u00e9conomiques des populations des pays africains tout en permettant \u00e0 leurs partenaires de maintenir le niveau de vie de leurs populations et de jouer un r\u00f4le de catalyseur dans la dynamique de l\u2019exode des populations africaines vers les routes p\u00e9rilleuses de l\u2019immigration, un ph\u00e9nom\u00e8ne qui nourrit la haine des partis n\u00e9onazis des pays occidentaux, pourtant destinataires des ressources dont l\u2019extorsion engendre l\u2019immigration \u00e9conomique\u00a0\u00bb<\/em>, confie un cadre congolais sous anonymat.<\/p>\n<p><strong>Un partenariat des \u00c9tats-Unis, de\u00a0 l\u2019Union europ\u00e9enne et du G7<\/strong><\/p>\n<p>Comment un projet d\u2019infrastructures destin\u00e9 \u00e0 la facilitation des \u00e9changes commerciaux entre des pays africains, leur d\u00e9veloppement mutuel et l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie de leurs populations respectives, devient-il un projet phare des \u00c9tats-Unis, de l\u2019Union europ\u00e9enne et du G7 au point que le seul voyage en Afrique du pr\u00e9sident Joe Biden soit dans la r\u00e9gion de Lobito pour annoncer en grande pompe un investissement significatif d\u2019un milliard de dollars au titre dit-il d\u2019une initiative visant \u00e0 soutenir le d\u00e9veloppement et le renforcement des relations \u00e9conomiques avec l\u2019Afrique? Le co\u00fbt de r\u00e9alisation du projet ferroviaire de Lobito est estim\u00e9 \u00e0 1,6 milliards de dollars auquel la Banque africaine de d\u00e9veloppement contribue \u00e0 hauteur de 500 millions de dollars. \u00c0 travers Lobito, les \u00c9tats-Unis et leurs alli\u00e9s tentent de s\u2019adjuger des min\u00e9raux essentiels \u00e0 la survie de leurs industries face surtout \u00e0 une Chine qui semble tout simplement irrattrapable dans la maitrise des nouvelles technologies num\u00e9riques, celles des communications, de l\u2019intelligence artificielle et de l\u2019automobile \u00e9lectrique.<\/p>\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 leur propre agacement, leur indignation et leur impuissance pressentie face \u00e0 l\u2019omnipr\u00e9sence et \u00e0 la domination croissante par la Chine des lucratifs et incontournables march\u00e9s des nouvelles technologies de l\u2019information et de la communication, l\u2019UE et les \u00c9U se sont fondus d\u2019une d\u00e9claration en marge du sommet du G20 \u00e0 New Delhi en septembre 2023, annon\u00e7ant leur intention d\u2019investir dans le corridor de Lobito. Les associ\u00e9s font remarquer que le corridor de Lobito est une priorit\u00e9 cl\u00e9 du Partnership for Gbobal Infrastructure and Investment (PGII) du G7.<\/p>\n<p>En Angola, le pr\u00e9sident Joe Biden a annonc\u00e9 un investissement significatif dans le projet du corridor de Lobito, qui vise selon lui \u00e0 am\u00e9liorer les infrastructures de transport en Afrique. M. Biden assure que l\u2019investissement g\u00e9ostrat\u00e9gique am\u00e9ricain fait partie d&rsquo;une initiative plus large pour renforcer les relations \u00e9conomiques entre les \u00c9tats-Unis et les pays africains. Il observe que le corridor de Lobito est consid\u00e9r\u00e9 comme un projet strat\u00e9gique pour le d\u00e9veloppement \u00e9conomique de l&rsquo;Afrique.<\/p>\n<p>Sur le continent noir, nombre d\u2019analystes politiques africains soutiennent que les \u00c9tats-Unis, l&rsquo;Union europ\u00e9enne et le G7 investissent de mani\u00e8re significative en Afrique uniquement pour concurrencer la Chine sur le march\u00e9 des mati\u00e8res premi\u00e8res vitales \u00e0 leurs propres industries. Plusieurs facteurs et initiatives r\u00e9centes corroborent cette analyse. Les Africains redoutent des intervertissements occidentaux motiv\u00e9s strictement par une volont\u00e9 de rivaliser avec la Chine. La Chine est aujourd\u2019hui un acteur majeur sur le continent africain, surtout en ce qui concerne l&rsquo;acc\u00e8s aux mati\u00e8res premi\u00e8res n\u00e9cessaires \u00e0 ses industries, comme le cuivre, le cobalt, l&rsquo;uranium, et les terres rares. Ces ressources sont essentielles pour ses industries manufacturi\u00e8res, et elle a r\u00e9ussi \u00e0 mettre en place des partenariats solides avec des pays africains pour s\u00e9curiser ses approvisionnements.<\/p>\n<p>\u00c0 travers l\u2019Initiative \u00ab\u00a0La Ceinture et la Route\u00a0\u00bb (BRI), la Chine a investi massivement en infrastructures en Afrique, notamment dans des projets d&rsquo;infrastructure portuaire, ferroviaire et \u00e9nerg\u00e9tique, afin de faciliter l&rsquo;extraction et l&rsquo;exportation des ressources naturelles du continent. Cela a donn\u00e9 \u00e0 la Chine un avantage strat\u00e9gique dans l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 ces ressources. Face \u00e0 cette domination croissante, les \u00c9tats-Unis, l&rsquo;UE et le G7 tentent de s\u00e9curiser leur propre acc\u00e8s \u00e0 ces mati\u00e8res premi\u00e8res critiques et cherchent \u00e0 renforcer leur pr\u00e9sence en Afrique. Ce qui d\u00e9note du fait qu\u2019il est faux absolument de leur part de pr\u00e9tendre participer aux efforts de d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique.<\/p>\n<p>L&rsquo;administration Biden a mis en place des initiatives visant \u00e0 renforcer les partenariats \u00e9conomiques entre les \u00c9tats-Unis et l&rsquo;Afrique, en se concentrant sp\u00e9cifiquement sur les secteurs des infrastructures n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019exploitation et l\u2019exportation des mati\u00e8res premi\u00e8res. Par exemple, dans le cadre du Partenariat pour la croissance mondiale (PGP), les \u00c9tats-Unis ont engag\u00e9 des investissements dans les infrastructures de transport et d&rsquo;\u00e9nergie, et ont soutenu des initiatives visant \u00e0 renforcer l&rsquo;extraction de min\u00e9raux comme le cobalt et le lithium, en grande demande pour les batteries \u00e9lectriques. \u00c0 aucun moment, aucune de ces initiatives ne vise la construction d\u2019usines ou de raffineries pouvant permettre aux Africains de transformer leurs mati\u00e8res premi\u00e8res en produit finis sur le continent. Pire, la Loi sur la croissance et les opportunit\u00e9s en Afrique (AGOA), une l\u00e9gislation renouvel\u00e9e r\u00e9guli\u00e8rement, institue pour les pays africains notamment un acc\u00e8s pr\u00e9f\u00e9rentiel de leurs mati\u00e8res premi\u00e8res strat\u00e9giques au march\u00e9 am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>L\u2019Union europ\u00e9enne a de son c\u00f4t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 plusieurs strat\u00e9gies pour renforcer son acc\u00e8s aux ressources naturelles africaines, comme dans le cadre de l&rsquo;Accord de partenariat UE-Afrique et du Pacte vert europ\u00e9en. L&rsquo;UE cherche \u00e0 s\u00e9curiser un approvisionnement stable en min\u00e9raux critiques (comme le cobalt et le lithium) pour ses industries de haute technologie et la transition \u00e9nerg\u00e9tique sans s\u2019embarrasser des questions \u00e9thiques des cons\u00e9quences de l\u2019expropriation des Africains de leurs richesses naturelles et de la pauvret\u00e9 croissante que ce ph\u00e9nom\u00e8ne entretient en Afrique depuis la Conf\u00e9rence de Berlin 1884\/1885. L&rsquo;Afrique est une source cl\u00e9 de mati\u00e8res premi\u00e8res pour la transition \u00e9nerg\u00e9tique de l&rsquo;UE. Ses investissements dans des projets miniers en Afrique, sont un moyen pour l&rsquo;UE de suppos\u00e9ment contrer la domination chinoise. D\u2019o\u00f9 son implication dans le projet du corridor de Lobito, et, la question du bien-\u00eatre des Africains mise en avant devant les cam\u00e9ras n\u2019est que funeste supercherie.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le G7, il a annonc\u00e9 une s\u00e9rie d&rsquo;investissements en infrastructures mondiales, avec une attention particuli\u00e8re pour l&rsquo;Afrique dans le cadre de son Initiative \u00ab\u00a0Build Back Better World\u00a0\u00bb (B3W). \u00a0Cette initiative vise \u00e0 offrir une alternative aux investissements chinois massifs. L\u2019acc\u00e8s aux ressources naturelles africaines reste le secteur cl\u00e9 de cette initiative. Les objectifs d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s derri\u00e8re ces investissements sont de concurrencer avec la Chine : Il est clair que ces investissements visent en partie \u00e0 offrir une alternative aux investissements chinois en Afrique. L&rsquo;objectif est d&rsquo;assurer un acc\u00e8s stable et privil\u00e9gi\u00e9 aux ressources naturelles africaines, particuli\u00e8rement celles qui sont cruciales pour les industries technologiques et leurs fameuses transitions \u00e9nerg\u00e9tiques. Les Africains comprennent qu\u2019en diversifiant leurs sources d&rsquo;approvisionnement, les pays du G7 et les \u00c9tats-Unis cherchent \u00e0 r\u00e9duire leur d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de la Chine, notamment en mati\u00e8re de min\u00e9raux strat\u00e9giques comme le cobalt, le lithium et les terres rares, qui sont de plus en plus recherch\u00e9s pour les technologies de batteries et les \u00e9nergies renouvelables.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Au-del\u00e0 de la concurrence \u00e9conomique, les Africains r\u00e9alisent aussi que ces investissements sont \u00e9galement motiv\u00e9s par des consid\u00e9rations g\u00e9opolitiques. L&rsquo;Afrique, avec ses vastes ressources naturelles et son potentiel de croissance, est un terrain d&rsquo;influence strat\u00e9gique. Les \u00c9tats-Unis, l&rsquo;UE et le G7 cherchent donc \u00e0 renforcer leurs liens avec les gouvernements africains dans l\u2019espoir de garantir un acc\u00e8s aux richesses africaines tout en tentant d\u2019introduire en Afrique leurs nouvelles valeurs wokistes civilisationnelles, valeurs dans lesquelles les Africains ne se reconnaissent pas, tant qu\u2019elles expliquent la m\u00e9fiance et parfois hostilit\u00e9 et rejet per\u00e7us comme sentiment antioccidental. Bien que les initiatives am\u00e9ricaines, europ\u00e9ennes et celles du G7 visent clairement \u00e0 concurrencer la Chine, elles s&rsquo;inscrivent dans un contexte beaucoup plus large o\u00f9 l&rsquo;Afrique b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une multiplicit\u00e9 d&rsquo;acteurs investissant dans ses ressources naturelles. Cette comp\u00e9tition ne se limite pas uniquement \u00e0 un affrontement entre la Chine et l&rsquo;Occident, mais inclut \u00e9galement des acteurs \u00e9mergents tels que l&rsquo;Inde et la Russie, qui cherchent \u00e9galement \u00e0 s\u00e9curiser leur propre acc\u00e8s aux ressources africaines. Les analystes politiques africains ont donc raison de souligner que les \u00c9tats-Unis, l&rsquo;UE et le G7 cherchent \u00e0 contrer l&rsquo;influence croissante de la Chine en Afrique, notamment en mati\u00e8re d&rsquo;acc\u00e8s aux mati\u00e8res premi\u00e8res vitales pour leurs industries. Ces investissements sont uniquement motiv\u00e9s par une volont\u00e9 de rivaliser avec la Chine et aussi par des objectifs g\u00e9opolitiques, \u00e9conomiques. Dans un monde de plus en plus interconnect\u00e9, ces strat\u00e9gies s&rsquo;ajoutent \u00e0 un jeu complexe d&rsquo;influence internationale en Afrique, un bras de fer qui semble pour l\u2019heure \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l\u2019Occident\u00a0<\/em>\u00bb, r\u00e9sume sous anonymat, un haut cadre ivoirien.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi des capitaux \u00e9trangers pour d\u00e9velopper l\u2019Afrique?<\/strong><\/p>\n<p>Les pays membres de l&rsquo;Accord de l&rsquo;Agence de facilitation du transport en transit du corridor de Lobito ne peuvent g\u00e9n\u00e9ralement pas r\u00e9aliser seuls leurs projets d&rsquo;infrastructures majeures, comme ceux li\u00e9s \u00e0 ce corridor, sans recourir aux capitaux internationaux. Les d\u00e9fis du financement national des projets d&rsquo;infrastructure \u00e0 grande \u00e9chelle tr\u00e8s co\u00fbteux\u00a0 r\u00e9sultent du certains nombre facteurs dont notamment, le d\u00e9ficit de ressources financi\u00e8res internes suffisantes : De nombreux pays africains, bien qu&rsquo;en croissance \u00e9conomique, ne disposent pas de suffisamment de r\u00e9serves financi\u00e8res pour financer des projets d&rsquo;infrastructure majeurs de mani\u00e8re autonome. Les budgets nationaux sont souvent limit\u00e9s par les besoins sociaux urgents (\u00e9ducation, sant\u00e9, etc.) et la gestion de la dette publique, ce qui laisse peu de place pour des investissements lourds dans les infrastructures\u00a0; M\u00eame si certains pays africains membres du projet du corridor de Lobito disposent de revenus issus de leurs ressources naturelles, leur capacit\u00e9 \u00e0 mobiliser des financements \u00e0 long terme est souvent limit\u00e9e par des facteurs tels que la faiblesse des march\u00e9s financiers locaux et les pseudos risques per\u00e7us par les investisseurs nationaux\u00a0; Les projets comme la construction de voies ferr\u00e9es, de routes, de ports ou de r\u00e9seaux \u00e9nerg\u00e9tiques peuvent atteindre des milliards de dollars. Ces co\u00fbts sont g\u00e9n\u00e9ralement trop \u00e9lev\u00e9s pour \u00eatre financ\u00e9s uniquement par les budgets publics des pays en d\u00e9veloppement, d\u2019autant plus que certains d\u2019entre-deux font face \u00e0 des guerres civiles aliment\u00e9es par leurs partenaires traditionnels ; Pour faire face \u00e0 ces d\u00e9fis financiers, les pays africains ont souvent recours \u00e0 des capitaux \u00e9trangers, qui peuvent provenir de plusieurs sources dont des pr\u00eats bilat\u00e9raux ou multilat\u00e9raux, des partenariats public-priv\u00e9, et investissements directs \u00e9trangers ; Les banques internationales, les institutions financi\u00e8res multilat\u00e9rales (comme la Banque mondiale, la Banque europ\u00e9enne d\u2019investissement y compris la banque africaine de d\u00e9veloppement \u00ab\u00a0qui est en r\u00e9alit\u00e9 am\u00e9ricaines\u00a0\u00bb) et les investisseurs priv\u00e9s \u00e9trangers fournissent des pr\u00eats ou des financements \u00e0 des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats exorbitants, ce qui accroit le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019endettement de l\u2019Afrique tout en \u00e9tranglant toute vell\u00e9it\u00e9 de d\u00e9veloppement. Pour justifier des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats beaucoup plus \u00e9lev\u00e9s que ceux accord\u00e9s aux pays d\u00e9velopp\u00e9s, ces banques s\u2019inventent des escobarderies insupportables\u00a0: risques per\u00e7us ou \u00e9lev\u00e9s et des \u00e9conomies pr\u00e9tendument peu stables, ce qui de toute \u00e9vidence limite l\u2019acc\u00e8s des pays africains \u00e0 ces march\u00e9s et les obligent \u00e0 accepter des conditions largement d\u00e9favorables. L\u2019opinion publique africaine est \u00e0 l\u2019effet que ces facteurs combin\u00e9s sont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment initi\u00e9s \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du continent noir pour rendre les pr\u00eats plus couteux afin d\u2019entraver d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social.<\/p>\n<p>Les investisseurs \u00e9trangers apporteraient non seulement des financements, mais aussi des connaissances sp\u00e9cialis\u00e9es, des technologies et des capacit\u00e9s de gestion qui peuvent \u00eatre cruciales pour la r\u00e9alisation de projets complexes. Cela est particuli\u00e8rement important pour des projets comme le corridor de Lobito, qui n\u00e9cessitent une expertise en transport, logistique et gestion de grandes infrastructures. En attirant des investissements \u00e9trangers, les pays africains esp\u00e8rent diversifier leurs sources de financement. Cela peut r\u00e9duire la d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de cr\u00e9anciers uniques, souvent cyniques et permettre des conditions de financement plus favorables, comme des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat plus bas ou des p\u00e9riodes de remboursement plus longues. Cependant, les investissements \u00e9trangers peinent \u00e0 atteindre leurs objectifs de cr\u00e9ation d\u2019emplois, de stimulation de la demande locale tout en \u00e9chouant \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des retomb\u00e9es \u00e9conomiques directes et indirectes. Les infrastructures modernis\u00e9es, comme celles du corridor de Lobito et celles projet\u00e9es autour de l\u2019immense projet d\u2019extraction du fer de Simandou en Guin\u00e9e r\u00e9ussiront peut-\u00eatre \u00a0\u00e0 faciliter le commerce intra-africain. En revanches, les exportations internationales de mati\u00e8res premi\u00e8res ne pourront en aucun cas constituer un gage de croissance \u00e9conomique pour les pays africains.<\/p>\n<p>Les projets comme le corridor de Lobito sont des projets transnationaux, ce qui signifie qu&rsquo;ils impliquent plusieurs pays. Ces projets n\u00e9cessitent souvent une coop\u00e9ration r\u00e9gionale et internationale pour \u00eatre men\u00e9s \u00e0 bien. Les capitaux \u00e9trangers sont donc souvent un moyen de renforcer cette coop\u00e9ration en permettant aux diff\u00e9rents pays de partager les co\u00fbts et les b\u00e9n\u00e9fices. De plus, les investisseurs \u00e9trangers, souvent dans le cadre de partenariats public-priv\u00e9, apportent non seulement des financements mais aussi une capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer les projets en tenant compte des int\u00e9r\u00eats de toutes les parties prenantes. Bien que les capitaux \u00e9trangers soient essentiels, leur utilisation imprudente ne cesse d\u2019\u00e9touffer l\u2019Afrique. Cette d\u00e9pendance excessive aux emprunts ext\u00e9rieurs m\u00e8ne aujourd\u2019hui \u00e0 des probl\u00e8mes d&rsquo;endettement excessif, ce qui peut nuit \u00e0 la stabilit\u00e9 \u00e9conomique du continent noir. C&rsquo;est pourquoi les pays africains doivent souvent \u00e9quilibrer le recours aux financements \u00e9trangers avec des strat\u00e9gies de gestion de la dette, de diversification des sources de revenus et de renforcement des capacit\u00e9s locales.<\/p>\n<p>Il convient \u00e9galement de noter que la Chine a \u00e9t\u00e9 un acteur majeur dans les investissements en infrastructures en Afrique au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies. Les pr\u00eats chinois, souvent dans le cadre de la nouvelle route de la soie, ont soutenu de nombreux projets d&rsquo;infrastructure, y compris des corridors de transport. Bien que ces investissements aient permis de r\u00e9aliser d&rsquo;importants projets, ils ont \u00e9galement soulev\u00e9 des pr\u00e9occupations li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;endettement et aux conditions des pr\u00eats, ce qui pousse les pays africains \u00e0 rechercher davantage de diversification dans leurs partenariats.<\/p>\n<p>En somme, les pays membres de l&rsquo;Accord de l&rsquo;Agence de facilitation du transport en transit du corridor de Lobito ne peuvent pas r\u00e9aliser leurs projets d&rsquo;infrastructures \u00e0 l&rsquo;exclusion des capitaux internationaux, en raison de la lourdeur des investissements n\u00e9cessaires et de la complexit\u00e9 des projets. Les capitaux \u00e9trangers sont encore cruciaux pour le financement, le d\u00e9veloppement technologique et la gestion des projets d&rsquo;infrastructure en Afrique. Cependant, les pays africains doivent g\u00e9rer ces investissements de mani\u00e8re strat\u00e9gique pour \u00e9viter les risques d&rsquo;endettement excessif et garantir que ces projets profitent \u00e0 long terme \u00e0 leur d\u00e9veloppement \u00e9conomique. Ce v\u0153ux pieux sera inatteignable tant que les seuls projets qui b\u00e9n\u00e9ficient de r\u00e9els investissements chinois et occidentaux sont ceux destin\u00e9s \u00e0 d\u00e9choir le continent des ces ressources naturelles.<\/p>\n<p><strong>Simandou en Guin\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p><em>Le nom Simandou est synonyme des superlatifs les plus \u00e9tourdissants. Les m\u00e9dias parlent d\u2019une \u00ab montagne de fer\u00a0\u00bb. En effet, Simandou<\/em>\u00a0forme la plus grande r\u00e9serve identifi\u00e9e au monde de minerai de fer, encore inexploit\u00e9e et estim\u00e9e \u00e0 2,4\u00a0milliards de tonnes. Soit\u00a0<em>\u00ab\u00a0suffisamment pour construire 500\u00a0000\u00a0tours Eiffel\u00a0\u00bb<\/em>, selon le calcul de Jim Wormington, chercheur senior de l\u2019organisation de d\u00e9fense des droits humains Human Rights Watch. Le gouvernement guin\u00e9en a sign\u00e9 plusieurs accords avec des partenaires industriels \u00e9trangers, notamment Winning Consortium Simandou (WCS), une coentreprise cr\u00e9\u00e9e par Winning International Group de Singapour et le China Hongqiao Group; Rio Tinto, une entreprise multinationale anglo-australienne et Baowu, une entreprise chinoise sp\u00e9cialis\u00e9e dans la production d\u2019acier. \u00c0 l\u2019instar du corridor de Lobito, le projet d\u2019exploitation du gisement de fer de Simandou pr\u00e9voit la construction d\u2019infrastructures ferroviaires et portuaires pour \u00e9videmment transporter et exporter le minerai de fer \u00e0 l\u2019\u00e9tat brut \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Il semble que la Guin\u00e9e ne d\u00e9tiendrait que 15% des parts du projet et que les autres parts sont d\u00e9tenues par les partenaires \u00e9trangers susmentionn\u00e9s. Malgr\u00e9 la bonne foi et la profession de foi des autorit\u00e9s guin\u00e9ennes, il est difficile d\u2019admettre qu\u2019en dehors de la modernisation des moyens de transport, la Guin\u00e9e afficherait \u00e0 terme un d\u00e9veloppement s\u2019apparentant \u00e0 des paradis p\u00e9troliers du golf. Simandou risque d\u2019accentuer le sous-d\u00e9veloppement de la Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>En Afrique centrale comme en Guin\u00e9e et d\u2019ailleurs partout en Afrique, il est imp\u00e9ratif et urgent d\u2019imposer un moratoire sur l\u2019extraction et l\u2019exportation des mati\u00e8res premi\u00e8res jusqu\u2019\u00e0 l\u2019obtention d\u2019accords qui conc\u00e8dent au Africains 80% des parts des projets d\u2019exploitation de leurs propres mati\u00e8res premi\u00e8res et aux compagnies \u00e9trang\u00e8res pr\u00e9datrices de se d\u00e9brouiller avec les 20% restant. \u00c0 d\u00e9faut d\u2019une telle inversion des rapports de partenariat, un moratoire de plusieurs d\u00e9cennies permettrait aux Africains de se concentrer sur l\u2019\u00e9ducation et la formation professionnelle pour am\u00e9liorer les comp\u00e9tences locales afin de proc\u00e9der eux-m\u00eames aux prospections, extraction, transformation et exportation de leurs richesses. Il est absolument crucial et m\u00eame vital pour les Africains de renverser les rapports de force en r\u00e9alisant tout simplement qu\u2019ils d\u00e9tiennent le gros bout du b\u00e2ton et que ce sont plut\u00f4t les pays d\u00e9velopp\u00e9s qui risquent de souffrir d\u2019une rupture des mati\u00e8res premi\u00e8res indispensables au fonctionnement de leurs industries et \u00e0 la bonne sant\u00e9 de leurs \u00e9conomies. C\u2019est au prix de changement radicaux manifestes allant dans le sens d\u2019une inversion des rapports de forces que l\u2019Afrique r\u00e9ussira \u00e0 se d\u00e9veloppement. Il est illogique et illusoire de continuer \u00e0 penser que ce sont aux Africains d\u2019attirer des investissements \u00e9trangers aupr\u00e8s d\u2019entreprises \u00e9trang\u00e8res souvent originaires de pays qui ont un lourd et inoubliable passif colonial jamais sold\u00e9 et qui sont encore instinctivement imbus des relations de pr\u00e9dations coloniales d\u2019extorsions des richesses naturelles africaines. La pr\u00e9dation coloniale et l\u2019extraction des richesses par ces entreprises sont des probl\u00e8mes majeurs qui ont des racines historiques profondes et des impacts \u00e9conomiques et sociaux consid\u00e9rables. La logique serait que les Africains d\u00e9tiennent 80% des parts dans tous les projets d\u2019exploitation de leurs ressources naturelles. La logique serait de commercialiser de l\u2019acier et non du fer brut. En l\u2019absence de cette inversion des rapports de collaboration, le continent noir fait le pari de la pauvret\u00e9 \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 alors que les Africains seront pour des g\u00e9n\u00e9rations r\u00e9duits \u00e0 l\u2019immigration clandestine dont la destination n\u2019est autre que les pays dont les entreprises prosp\u00e8rent de leur indigence. Dr Yamb Ntimba de r\u00e9sumer ce sentiment\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Construire des autoroutes, des \u00e9changeurs, des voies ferr\u00e9es sans construire des usines pour produire du bitume, des rails, ce n\u2019est pas du d\u00e9veloppement, c\u2019est du modernisme\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<h1 class=\"entry-title\">Par Go\u00efkoya Koli\u00e9, juriste , Canada )<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019occasion du seul voyage de Joe Biden en Afrique, le projet du corridor de Lobito a \u00e9t\u00e9 propuls\u00e9 sur la sc\u00e8ne m\u00e9diatique mondiale, si tant est qu\u2019il nourrit les espoirs de d\u00e9veloppement et de prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique des pays concern\u00e9s. Lobito se veut un pharaonique projet d\u2019investissements dans des infrastructures ferroviaires reliant l\u2019Angola, la R\u00e9publique [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1979,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":{"0":"post-1978","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-international"},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/cieldeguinee.net\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/gokoya.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1978","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1978"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1978\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1979"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1978"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1978"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1978"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}