{"id":2296,"date":"2025-07-08T00:21:44","date_gmt":"2025-07-07T22:21:44","guid":{"rendered":"https:\/\/cieldeguinee.net\/?p=2296"},"modified":"2025-07-08T00:21:44","modified_gmt":"2025-07-07T22:21:44","slug":"le-dome-de-fer-sous-les-gravats-quand-le-regime-netanyahou-fait-lexperience-du-principe-guerrier-americain-du-fuck-around-and-find-out-fafo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/le-dome-de-fer-sous-les-gravats-quand-le-regime-netanyahou-fait-lexperience-du-principe-guerrier-americain-du-fuck-around-and-find-out-fafo\/","title":{"rendered":"Le d\u00f4me de fer sous les gravats : Quand le r\u00e9gime Netanyahou fait l\u2019exp\u00e9rience du principe guerrier am\u00e9ricain du Fuck Around and Find Out (FAFO)."},"content":{"rendered":"<p>La guerre \u00e9claire de juin 2025 entre Isra\u00ebl et l\u2019Iran aura servi de d\u00e9monstration implacable de ce principe : quand on joue avec le feu, on finit par se br\u00fbler. Le principe du\u00a0<strong>\u00ab\u00a0Fuck Around and Find Out\u00a0\u00bb (FAFO)<\/strong>\u00a0\u2013 profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans la culture am\u00e9ricaine, renvoie crument \u00e0 provoquer puis subir les cons\u00e9quences in\u00e9vitables et d\u00e9sagr\u00e9ables \u2013 s\u2019est appliqu\u00e9 avec une brutalit\u00e9 inattendue \u00e0 l\u2019\u00c9tat h\u00e9breu. Derri\u00e8re les communiqu\u00e9s victorieux, la r\u00e9alit\u00e9 est plus sombre : une d\u00e9faite militaire, diplomatique et strat\u00e9gique pour Isra\u00ebl. <strong>L\u2019Iran a inflig\u00e9 \u00e0 Isra\u00ebl la plus rude le\u00e7on de realpolitik depuis 1973 suite aux actions imprudentes, provocatrices, irresponsables et belliqueuses du r\u00e9gime de Benjamine Netanyahou. <\/strong><\/p>\n<p>La guerre fut br\u00e8ve, mais ses r\u00e9percussions sont appel\u00e9es \u00e0 durer bien au-del\u00e0 des douze jours de feu et de cendre. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 Tel-Aviv tente encore de recoller les \u00e9clats de son mythe d\u00e9fensif, l\u2019histoire retiendra une v\u00e9rit\u00e9 nue : en juin 2025, Isra\u00ebl a perdu. Pas sur le terrain diplomatique \u2014 elle y \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 isol\u00e9e, si tant est qu\u2019un mandat d\u2019arr\u00eat de la Cour p\u00e9nale internationale p\u00e8se sur le premier ministre isra\u00e9lien. Pas sur le front m\u00e9diatique \u2014 les r\u00e9cits occidentaux ont continu\u00e9 d\u2019aligner les \u00e9l\u00e9ments de langage. Mais sur le plan strat\u00e9gique, sur le plan militaire, sur le plan doctrinal : la d\u00e9route est palpable. L\u2019\u00c9tat h\u00e9breu a voulu jouer avec le feu, il a trouv\u00e9 le brasier.<\/p>\n<p>Netanyahou croyait \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019un script. Une frappe chirurgicale sur les sites militaires strat\u00e9giques iraniens, \u00e9liminer quelques hauts grad\u00e9s et des scientifiques avec leurs familles, un message clair, une escalade contr\u00f4l\u00e9e. Il avait les F-35, le d\u00f4me de fer, et derri\u00e8re lui la promesse \u2014 qu\u2019il pensait inconditionnelle \u2014 du parapluie am\u00e9ricain. Ce qu\u2019il n\u2019avait pas anticip\u00e9, c\u2019est que l\u2019Iran avait \u00e9tudi\u00e9 ses mod\u00e8les, compris ses r\u00e9flexes, et pr\u00e9par\u00e9 une riposte d\u2019une pr\u00e9cision gla\u00e7ante. Car ce n\u2019\u00e9tait pas une pluie de roquettes artisanales. Ce fut une symphonie coordonn\u00e9e de drones kamikazes, de missiles balistiques et \u2014 clou du spectacle \u2014 de projectiles hypersoniques. Le Fattah-1, volant \u00e0 Mach 14, a fait ce que peu de technologies occidentales savent encore encaisser : il a travers\u00e9 le ciel isra\u00e9lien sans \u00eatre intercept\u00e9, frappant des cibles comme Ha\u00effa, Galil\u00e9e occidentale, Tamara, Dimona, Nevatim et Tel Aviv sans sommation.<\/p>\n<p>Le D\u00f4me de Fer, autrefois totem d\u2019invincibilit\u00e9, s\u2019est disloqu\u00e9 sous la pression. Les syst\u00e8mes Arrow, Sling et Patriot ont satur\u00e9. Le taux d\u2019interception est tomb\u00e9 \u00e0 63%, selon des sources militaires ind\u00e9pendantes. Le chaos ne venait pas des civils \u2014 qu\u2019Iran a m\u00e9thodiquement \u00e9vit\u00e9s \u2014 mais des centres nerveux du pouvoir : bases, si\u00e8ges du renseignement, n\u0153uds logistiques. La guerre \u00e9tait chirurgicale. Isra\u00ebl n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 \u00eatre le patient.<\/p>\n<p>Et quand les stocks de munitions fondaient, que les intercepteurs s\u2019\u00e9puis\u00e8rent en six jours, le salut vint non du courage mais de la d\u00e9pendance. Les \u00c9tats-Unis activ\u00e8rent en urgence un pont a\u00e9rien, ravitaillant \u00e0 bout de souffle une arm\u00e9e qui vacillait. Ce n\u2019est plus la fiert\u00e9 de Tsahal qui tenait le front, mais les caisses venues de Ramstein. Et Netanyahou, \u2014 selon certains m\u00e9dias am\u00e9ricains \u2014 qui avait cru pouvoir dicter les termes d\u2019un conflit \u00e9clair, se retrouva \u00e0 appeler Trump \u00e0 trois reprises, le suppliant d\u2019imposer un cessez-le-feu. Quand le Premier ministre isra\u00e9lien devient mendiant diplomatique, le r\u00e9cit de domination ne tient plus.<\/p>\n<p>Le monde n\u2019a pas suivi. L\u2019Europe a temporis\u00e9. Les Nations unies ont d\u00e9nonc\u00e9. Les alli\u00e9s habituels ont choisi le silence. Et le grand retournement, c\u2019est que pour une fois, l\u2019Iran \u2014 longtemps pr\u00e9sent\u00e9 comme le pyromane du Moyen-Orient \u2014 est apparu comme le strat\u00e8ge. Sans frappes contre des \u00e9coles, sans massacres, sans slogans. Juste des coordonn\u00e9es, des satellites, des vecteurs de pr\u00e9cision. Quand le sang ne d\u00e9borde pas, le discours victimaire devient difficile \u00e0 manier.<\/p>\n<p>Mais le plus grand enseignement de cette s\u00e9quence ne vient pas du sol isra\u00e9lien. Il vient du sous-texte nucl\u00e9aire. Car les nations sans arme atomique \u2014 de l\u2019Irak \u00e0 la Libye, de l\u2019Afghanistan \u00e0 l\u2019Iran \u2014 ont \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement attaqu\u00e9es, d\u00e9stabilis\u00e9es, renvers\u00e9es ou contenues. Et celles qui en d\u00e9tiennent \u2014 Russie, Chine, Cor\u00e9e du Nord, Isra\u00ebl \u2014 restent intouchables. L\u2019Iran, qui n\u2019a pas l\u2019arme, mais poss\u00e8de le savoir, vient de d\u00e9montrer qu\u2019une puissance r\u00e9gionale peut inverser les rapports de force sans entrer dans l\u2019ar\u00e8ne atomique. Une victoire tactique, certes. Mais une victoire symbolique qui pousse, paradoxalement, \u00e0 la prolif\u00e9ration. Car face \u00e0 l\u2019agression pr\u00e9ventive, la dissuasion devient une n\u00e9cessit\u00e9. Et l\u00e0, les trait\u00e9s n\u2019endorment plus : ils condamnent. Quand l\u2019un adh\u00e8re au Trait\u00e9 de la Non-prolif\u00e9ration des armes nucl\u00e9aires (TNP) et se fait frapper, pendant que l\u2019autre refuse et frappe sans entrave, les r\u00e8gles du jeu ne sont plus des garde-fous, mais des pi\u00e8ges. Netanyahou voulait refaire 1967. Il a termin\u00e9 avec les d\u00e9bris de 2025. Et Tel-Aviv, qui pensait \u00eatre en position d\u2019imposer, d\u00e9couvre ce que signifie l\u2019arrogance sans la prudence : <strong>fuck around and find out<\/strong>. Cette fois, ce n\u2019est pas une formule de forum. C\u2019est un verdict g\u00e9opolitique dor\u00e9navant grav\u00e9 dans les cendres d\u2019un D\u00f4me de Fer effondr\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L\u2019AIEA sous influence : un rapport controvers\u00e9 au service des agendas g\u00e9opolitiques<\/strong><\/p>\n<p>Le rapport confidentiel publi\u00e9 par l\u2019Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie atomique (AIEA) le 31 mai 2025 a suscit\u00e9 de vives critiques, tant pour son timing suspect que pour ses affirmations non \u00e9tay\u00e9es. Plusieurs analystes ind\u00e9pendants y voient un pr\u00e9texte fabriqu\u00e9 pour justifier l\u2019attaque isra\u00e9lienne contre l\u2019Iran survenue le 13 juin 2025. Le rapport rev\u00eat des allures de propagande et les conclusions du document reposent sur des accusations graves, mais peu v\u00e9rifiables : Production acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e d\u2019uranium enrichi \u00e0 60<strong>%<\/strong>, un seuil technique certes \u00e9lev\u00e9, mais qui ne constitue pas une preuve d\u2019intention militaire. L\u2019AIEA elle-m\u00eame admet ne pas avoir pu confirmer la finalit\u00e9 du programme iranien, faute de coop\u00e9ration de T\u00e9h\u00e9ran \u2013 une omission qui sert davantage \u00e0 entretenir le doute qu\u2019\u00e0 fournir des preuves tangibles. Le rapport fait \u00e9galement \u00e9tat d\u2019un stock d\u2019uranium \u00ab 45 fois sup\u00e9rieur \u00e0 la limite de 2015 \u00bb\u00a0: un chiffre impressionnant, mais qui ignore volontairement le contexte. L\u2019accord de 2015 (JCPOA) a \u00e9t\u00e9 torpill\u00e9 par les \u00c9tats-Unis en 2018, lib\u00e9rant l\u2019Iran de ses engagements. L\u2019on s\u2019interroge sur le pourquoi l\u2019AIEA continue-t-elle de s\u2019y r\u00e9f\u00e9rer comme norme l\u00e9gitime, si ce n\u2019est donner du grain \u00e0 moudre aux bellicistes du r\u00e9gime isra\u00e9lien? Le rapport mentionnait aussi des \u00ab sites secrets \u00bb non d\u00e9clar\u00e9s\u00a0: les noms de Lavisan-Shian, Varamin et Turquzabad ressurgissent comme \u00e0 chaque crise diplomatique, sans jamais aboutir \u00e0 des preuves irr\u00e9futables. L\u2019AIEA s\u2019appuie sur des \u00ab soup\u00e7ons \u00bb plut\u00f4t que sur des faits av\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Une agence infiltr\u00e9e\u00a0: Des fuites cibl\u00e9es vers les m\u00e9dias atlantistes?<\/strong><\/p>\n<p>Depuis des ann\u00e9es, des voix critiques affirment que l\u2019AIEA n\u2019est plus une institution neutre, mais un outil au service des puissances occidentales. Plusieurs \u00e9l\u00e9ments accr\u00e9ditent cette th\u00e8se dont notamment des soup\u00e7ons d\u2019accointances entre des directeurs g\u00e9n\u00e9raux l\u2019Agence avec les services secrets des \u00c9tats-Unis\u00a0et d\u2019Isra\u00e8l. Rafael Grossi, actuel directeur, a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises de partialit\u00e9, notamment pour avoir refus\u00e9 de condamner les frappes isra\u00e9liennes contre des installations nucl\u00e9aires civiles en Iran. En 2020, des documents internes de l\u2019AIEA avaient fuit\u00e9 vers\u00a0<em>The Wall Street Journal<\/em>\u00a0et\u00a0<em>The Washington Post<\/em>, r\u00e9v\u00e9lant une collusion avec les services de renseignement am\u00e9ricains. En 2023, un ancien inspecteur de l\u2019AIEA, Robert Kelley, avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que certains de ses coll\u00e8gues transmettaient des informations sensibles aux services isra\u00e9liens. Le 19 juin, T\u00e9h\u00e9ran passe \u00e0 la contre-offensive en mena\u00e7ant Rafael Grossi de poursuites. La r\u00e9plique ne se fait pas attendre : le 25, le Parlement iranien suspend toute coop\u00e9ration avec l&rsquo;AIEA. Grossi, lui, joue les vierges effarouch\u00e9es le 26 juin :\u00a0<em>\u00ab\u00a0La transparence est une obligation juridique !\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Un comble, venant d&rsquo;un directeur dont les inspecteurs transmettent des rapports aux services isra\u00e9liens, comme l&rsquo;a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l&rsquo;ancien expert Robert Kelley.<\/p>\n<p><strong>Des intellectuels d\u00e9noncent la manipulation<\/strong><\/p>\n<p>Plusieurs analystes ind\u00e9pendants ont point\u00e9 du doigt le r\u00f4le trouble de l\u2019AIEA et les <strong>charges de Caroline Galact\u00e9ros sont explosives. <\/strong>Dans son \u00e9mission hebdomadaire\u00a0: <em>Mondoscopie du<\/em> 18 juin 2025, elle d\u00e9nonce sans ambages le rapport de l\u2019AIEA comme un\u00a0<strong>\u00ab\u00a0pr\u00e9texte diplomatique\u00a0\u00bb<\/strong><strong>\u00a0<\/strong>taill\u00e9 sur mesure pour justifier l\u2019offensive isra\u00e9lienne.\u00a0<em>\u00ab\u00a0L\u2019agence s\u2019est align\u00e9e de mani\u00e8re obsc\u00e8ne sur les int\u00e9r\u00eats isra\u00e9lo-am\u00e9ricains\u00a0\u00bb<\/em>, ass\u00e8ne-t-elle, avant de fustiger\u00a0<em>\u00ab\u00a0l\u2019instrumentalisation de la science nucl\u00e9aire \u00e0 des fins de guerre\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Le\u00a0<em>Samedi Politique<\/em>\u00a0(TVLibert\u00e9s, 28 juin 2025) lui donne l\u2019occasion d\u2019enfiler son costume de procureure :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Quand l&rsquo;AIEA ignore les 90 t\u00eates nucl\u00e9aires isra\u00e9liennes tout en harcelant T\u00e9h\u00e9ran, elle signe son certificat de d\u00e9c\u00e8s moral. Ce n&rsquo;est plus une agence, c&rsquo;est un outil de propagande. Comment croire encore \u00e0 la neutralit\u00e9 de l\u2019AIEA quand elle refuse de condamner les frappes isra\u00e9liennes ?<\/em>\u00a0Rafael Grossi, le directeur de l\u2019agence, en prend pour son grade :\u00a0<em>Ce n\u2019est plus un arbitre, mais un acteur engag\u00e9 dans le camp occidental.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<h3><strong>Chronologie d\u2019une manipulation en cinq actes<\/strong><\/h3>\n<p>Tout commence le\u00a0<strong>12 juin 2025<\/strong>, quand le Conseil des gouverneurs l\u2019AIEA adopte une r\u00e9solution accusant l\u2019Iran de ne pas se conformer \u00e0 ses obligations de garanties au titre du Trait\u00e9 de non-prolif\u00e9ration (TNP). Un vote qui sent le coup mont\u00e9 \u00e0 plein nez. Vingt-quatre heures plus tard, le\u00a0<strong>13 juin<\/strong>, c\u2019est l\u2019op\u00e9ration\u00a0<em>\u00ab\u00a0Lion Debout\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0: l\u2019aviation isra\u00e9lienne frappe les sites de Natanz, Fordo et Ispahan. Co\u00efncidence ? Trop parfaite pour en \u00eatre une. Le\u00a0<strong>19 juin<\/strong>, l\u2019Iran contre-attaque en mena\u00e7ant Rafael Grossi de poursuites judiciaires. Preuve que T\u00e9h\u00e9ran n\u2019est pas dupe de la mascarale. Le\u00a0<strong>25 juin<\/strong><strong>,<\/strong> le Parlement iranien passe \u00e0 l\u2019acte en votant la suspension de toute coop\u00e9ration avec l\u2019AIEA. Une d\u00e9cision logique : pourquoi collaborer avec une agence qui sert de paravent \u00e0 vos ennemis ? Le\u00a0<strong>26 juin<\/strong>, Grossi se ridiculise en d\u00e9clarant que la coop\u00e9ration avec l\u2019AIEA est une\u00a0<em>\u00ab\u00a0obligation juridique\u00a0\u00bb<\/em>. Belle hypocrisie, alors que l\u2019agence ferme les yeux sur le nucl\u00e9aire isra\u00e9lien depuis des d\u00e9cennies. \u00a0Entre partialit\u00e9, manipulations et silences complices, l\u2019Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie atomique a d\u00e9finitivement perdu son statut d\u2019instance neutre et \u00e9tant <strong>fossoyeuse de sa propre l\u00e9gitimit\u00e9<\/strong><strong>.<\/strong> Elle qui devrait \u0153uvrer pour la paix s\u2019est transform\u00e9e en machine de guerre. La question n\u2019est plus de savoir\u00a0<em>si<\/em>\u00a0l\u2019AIEA est infiltr\u00e9e, mais\u00a0<em>jusqu\u2019\u00e0 quel point<\/em>. Et quand des voix comme celle de Galact\u00e9ros s\u2019\u00e9l\u00e8vent pour d\u00e9noncer cette mascarade, c\u2019est peut-\u00eatre le dernier avertissement avant l\u2019irr\u00e9parable. \u00c0 force de servir les int\u00e9r\u00eats des \u00c9tats-Unis et d\u2019Isra\u00ebl, l\u2019AIEA a perdu toute l\u00e9gitimit\u00e9. Son rapport de mai 2025 ressemble moins \u00e0 une \u00e9valuation technique qu\u2019\u00e0 un dossier de propagande, soigneusement calibr\u00e9 pour justifier une guerre contre l\u2019Iran. Les preuves manquent, les contradictions abondent, et le timing \u00e9tait beaucoup trop parfait pour \u00eatre innocent. Si l\u2019agence veut retrouver une once de cr\u00e9dibilit\u00e9, elle doit Rendre publics ses sources et m\u00e9thodes, enqu\u00eater sur les infiltrations, condamner les frappes isra\u00e9lienne ill\u00e9gales du 13 juin pour se laver de tout soup\u00e7on de complicit\u00e9. En l\u2019\u00e9tat, l\u2019AIEA n\u2019est plus qu\u2019une coquille vide, un faux nez de la diplomatie coercitive occidentale. Et le monde m\u00e9rite mieux qu\u2019une agence de renseignement d\u00e9guis\u00e9e en autorit\u00e9 nucl\u00e9aire.<\/p>\n<p><strong>Tulsi Gabbard : la v\u00e9rit\u00e9 en otage<\/strong><\/p>\n<p>Elle incarne cette Am\u00e9rique qui refuse de se laisser emporter par les sir\u00e8nes de la guerre. Tulsi Gabbard, colonel de la Garde nationale, v\u00e9t\u00e9rane d\u00e9cor\u00e9e des combats en Irak, ancienne repr\u00e9sentante d\u00e9mocrate d&rsquo;Hawa\u00ef, et depuis janvier 2025, Directrice du renseignement national sous l&rsquo;administration Trump. Un parcours qui lui donne une autorit\u00e9 rare dans le tumulte g\u00e9opolitique actuel. Ce 25 mars 2025, devant les s\u00e9nateurs m\u00e9dus\u00e9s, elle livre une v\u00e9rit\u00e9 qui d\u00e9range :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Selon l&rsquo;ensemble de nos services, l&rsquo;Iran ne d\u00e9veloppe pas d&rsquo;arme nucl\u00e9aire. Le Guide supr\u00eame Khamenei n&rsquo;a pas autoris\u00e9 la reprise du programme militaire abandonn\u00e9 en 2003.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Un aveu capital, \u00e9touff\u00e9 dans l&rsquo;\u0153uf. Pourtant, Gabbard nuance :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Leur stock d&rsquo;uranium enrichi atteint des niveaux inqui\u00e9tants pour un pays non-nucl\u00e9aire.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Trois mois plus tard, le 17 juin, \u00e0 bord d&rsquo;Air Force One, le pr\u00e9sident Trump balaie d&rsquo;un revers de main les conclusions de sa propre directrice du renseignement :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Je m&rsquo;en fiche de ce qu&rsquo;elle dit. Ils sont \u00e0 deux doigts de l&rsquo;avoir, la bombe.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Le coup est rude. Deux jours apr\u00e8s, il r\u00e9cidive devant la presse :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Elle se trompe.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Le d\u00e9saveu est public, cinglant. Mme Gabbard r\u00e9plique le 20 juin sur X, dans un message qui sent la mise au point forc\u00e9e :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Certains m\u00e9dias d\u00e9forment mes propos. Si l&rsquo;Iran d\u00e9cidait d&rsquo;assembler une arme, ce serait l&rsquo;affaire de semaines. Le pr\u00e9sident a raison de dire que cela ne doit pas arriver.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Ce revirement \u00e0 contrec\u0153ur en dit long sur les tensions qui d\u00e9chirent l&rsquo;administration du pr\u00e9sident Trump. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, une experte du terrain qui sait le prix des guerres inutiles. De l&rsquo;autre, un pr\u00e9sident d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 ne pas laisser les faits entraver sa strat\u00e9gie, ou du moins, la strat\u00e9gie sioniste dans laquelle il est pi\u00e9g\u00e9 par l\u2019\u00c9tat-profond. Alors que les frappes isra\u00e9liennes du 13 juin sur Natanz et Fordo ont mis le feu aux poudres, la voix de Gabbard r\u00e9sonne comme un dernier avertissement. Celle d&rsquo;une soldate qui a vu la guerre de trop pr\u00e8s pour se satisfaire des mensonges qui y m\u00e8nent. Dans les couloirs du pouvoir, on chuchote qu&rsquo;elle pr\u00e9pare sa d\u00e9mission. L&rsquo;histoire retiendra-t-elle son courage ? Ou ne gardera-t-elle en m\u00e9moire que le bruit des bombes ?<\/p>\n<p><strong>Isra\u00ebl face \u00e0 l&rsquo;Iran : le revers d&rsquo;une strat\u00e9gie \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve des faits<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;op\u00e9ration \u00ab\u00a0Lion Debout\u00a0\u00bb marque une d\u00e9faite militaire et morale pour Isra\u00ebl. L&rsquo;\u00e9chec strat\u00e9gique est patent, souligne des voix ind\u00e9pendantes, alors que les objectifs annonc\u00e9s \u2013 un changement de r\u00e9gime \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran et un an\u00e9antissement total des ambitions nucl\u00e9aires iraniennes &#8211; n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 atteints. Cet avis est corrobor\u00e9 par Larry Johnson, l&rsquo;ancien analyste de la CIA, qui pointe des \u00ab\u00a0dommages consid\u00e9rables\u00a0\u00bb inflig\u00e9s \u00e0 l&rsquo;industrie de d\u00e9fense isra\u00e9lienne, touchant jusqu&rsquo;\u00e0 ses infrastructures critiques et ses centres de recherche les plus sensibles. Sur le front m\u00e9diatique, Candace Owens, la voix conservatrice am\u00e9ricaine connue pour ses prises de position tranchantes, a port\u00e9 un r\u00e9quisitoire cinglant au micro de Piers Morgan. \u00ab\u00a0Netanyahou m\u00e8ne une politique de terreur contre tous ses voisins\u00a0\u00bb, a-t-elle d\u00e9nonc\u00e9, avant d&rsquo;ajouter cette phrase qui a fait le tour des r\u00e9seaux sociaux : \u00ab\u00a0Si changement de r\u00e9gime il doit y avoir, ce serait en Isra\u00ebl, pas en Iran.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le New York Times, jette une lumi\u00e8re crue sur les m\u00e9thodes moralement contestables du Mossad. L&rsquo;agence de renseignement isra\u00e9lienne aurait tent\u00e9 un chantage grotesque sur un haut grad\u00e9, promettant d&rsquo;\u00e9pargner sa vie en \u00e9change de sa trahison. La suite a tourn\u00e9 au fiasco : ce g\u00e9n\u00e9ral, a refus\u00e9 de c\u00e9der au chantage, ridiculisant les communiqu\u00e9s triomphalistes de Tel-Aviv. Ce fiasco soul\u00e8ve une question fondamentale : le mod\u00e8le de guerre isra\u00e9lien, rod\u00e9 contre des forces asym\u00e9triques comme le Hezbollah au Liban, le Hamas \u00e0 Gaza ou les loyalistes syriens, montre-t-il ses limites face \u00e0 une arm\u00e9e conventionnelle de la stature de l&rsquo;Iran ? La r\u00e9ponse semble s&rsquo;imposer d&rsquo;elle-m\u00eame. Quant aux d\u00e9clarations tonitruantes de Donald Trump sur l&rsquo;an\u00e9antissement du programme nucl\u00e9aire iranien, elles se heurtent \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des rapports confidentiels. La Defense Intelligence Agency elle-m\u00eame reconna\u00eet que si les frappes ont partiellement ralenti les activit\u00e9s, l&rsquo;essentiel des stocks d&rsquo;uranium avait \u00e9t\u00e9 judicieusement d\u00e9plac\u00e9 avant les attaques. Un camouflet de plus pour une strat\u00e9gie isra\u00e9lienne qui, d\u00e9cid\u00e9ment, a vu son bluff \u00eatre d\u00e9jou\u00e9 en plein jour.<\/p>\n<p><strong>L\u2019ampleur des d\u00e9g\u00e2ts <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019op\u00e9ration iranienne \u00ab\u00a0V\u00e9ritable Promesse\u00a0\u00bb a inflig\u00e9 \u00e0 Isra\u00ebl une blessure dont l\u2019\u00c9tat h\u00e9breu ne se rel\u00e8vera pas de sit\u00f4t. Derri\u00e8re le rideau de fum\u00e9e des communiqu\u00e9s triomphants, c\u2019est un d\u00e9sastre strat\u00e9gique qui se dessine : une d\u00e9faite militaire, technologique et diplomatique, aussi humiliante qu\u2019inattendue. <strong>Le D\u00f4me de Fer ou D\u00f4me de Verre<\/strong> s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un mythe vendu comme imp\u00e9n\u00e9trable. Il a vol\u00e9 en \u00e9clats sous le d\u00e9luge de feu iranien. Les chiffres, froids et implacables, disent tout : \u00e0 peine 63% de missiles intercept\u00e9s selon Janes Defense Weekly, loin des 90% brandis comme un totem par Tel-Aviv. Les bases de Nevatim, o\u00f9 dorment les pr\u00e9cieux F-35, ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9es. Dimona, le c\u0153ur nucl\u00e9aire isra\u00e9lien, a trembl\u00e9 sous l\u2019impact des drones Shahid. Quant au si\u00e8ge du Mossad \u00e0 Tel Aviv, frapp\u00e9 par un missile hypersonique, il a symbolis\u00e9 l\u2019effondrement d\u2019une invincibilit\u00e9 fantasm\u00e9e. Le D\u00f4me de Fer n\u2019a pas tenu. Il a craqu\u00e9.<\/p>\n<h3><strong>La supplique diplomatique de Netanyahou<\/strong><\/h3>\n<p>Dans l\u2019ombre, loin des cam\u00e9ras, c\u2019est la panique. Benyamin Netanyahou, l\u2019homme qui promettait d\u2019an\u00e9antir l\u2019Iran en sept jours, a pass\u00e9 trois appels d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s \u00e0 la Maison-Blanche en 48 heures. Le Washington Post l\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9, le New York Times l\u2019a confirm\u00e9 : l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne, \u00e0 bout de souffle, s\u2019est vu refuser le feu vert pour une contre-attaque massive. Trop risqu\u00e9. Trop dangereux. Trump lui-m\u00eame a l\u00e2ch\u00e9, mi-agac\u00e9, mi-m\u00e9prisant :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Bibi sait que nous avons fait le maximum. Maintenant, c\u2019est \u00e0 lui de montrer de la sagesse.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Traduction : la guerre, c\u2019est fini. Le Wall Street Journal a lev\u00e9 le voile sur l\u2019impensable : au septi\u00e8me jour des hostilit\u00e9s, 40% des intercepteurs isra\u00e9liens \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 \u00e9puis\u00e9s. Les stocks de munitions guid\u00e9es, n\u2019avaient assez de r\u00e9serve que pour deux semaines, pas plus. Les \u00c9tats-Unis ont d\u00fb organiser un pont a\u00e9rien en urgence, d\u00e9versant des missiles Patriot et Arrow pour colmater les br\u00e8ches. L\u2019ironie est cruelle : Isra\u00ebl, ma\u00eetre incontest\u00e9 de la guerre asym\u00e9trique, s\u2019est retrouv\u00e9 \u00e0 genoux face \u00e0 un adversaire de taille \u00e9gale.<\/p>\n<h3><strong>L\u2019Iran, chirurgical mais ferme<\/strong><\/h3>\n<p>Contrairement aux cris d\u2019orfraie isra\u00e9liens sur des\u00a0<em>\u00ab\u00a0frappes barbares contre des civils\u00a0\u00bb<\/em>, la r\u00e9alit\u00e9 est bien plus subtile. Le b\u00e2timent d\u00e9truit pr\u00e8s de l\u2019h\u00f4pital Tel HaShomer \u00e9tait un centre de cyberrenseignement de l\u2019Unit\u00e9 8200, comme l\u2019ont prouv\u00e9 les images satellites de Maxar. L\u2019absence d\u2019alerte rouge cette nuit-l\u00e0 en dit long : Tel-Aviv savait que l\u2019h\u00f4pital n\u2019\u00e9tait pas la cible. L\u2019Iran, dans une d\u00e9monstration de pr\u00e9cision gla\u00e7ante, souligne n\u2019avoir vis\u00e9 que des objectifs militaires. Une r\u00e9ponse mesur\u00e9e, mais cinglante, \u00e0 l\u2019attaque isra\u00e9lienne contre Natanz.<\/p>\n<p><strong>La liste qui tue : quand l&rsquo;Iran frappe au c\u0153ur du complexe militaro-isra\u00e9lien<\/strong><\/p>\n<p>Les frappes iraniennes ont trac\u00e9 une ligne rouge sang \u00e0 travers le territoire isra\u00e9lien, pulv\u00e9risant m\u00e9thodiquement les symboles de sa puissance. Nevatim, Ramon, Ha\u00effa &#8211; ces noms r\u00e9sonnent d\u00e9sormais comme autant de cicatrices b\u00e9antes sur le corps de l&rsquo;appareil militaire isra\u00e9lien, o\u00f9 des F-35 valant des centaines de millions se sont transform\u00e9s en amas de t\u00f4le froiss\u00e9e. Plus au nord, les usines de Rafael Defense et les installations de l&rsquo;IEC ont trembl\u00e9 sous les impacts, paralysant momentan\u00e9ment cette machine de guerre si fi\u00e8re de sa sup\u00e9riorit\u00e9 technologique. Le terminal gazier de Tamar, joyau \u00e9nerg\u00e9tique isra\u00e9lien, a vu son pr\u00e9cieux flux s&rsquo;interrompre brutalement. Quant au Mossad et \u00e0 sa c\u00e9l\u00e8bre Unit\u00e9 8200, ces temples du renseignement isra\u00e9lien, ils ont \u00e9t\u00e9 violemment ramen\u00e9s \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 &#8211; leurs murs \u00e9ventr\u00e9s exposant au grand jour la vuln\u00e9rabilit\u00e9 d&rsquo;un syst\u00e8me qui se croyait inviolable. Chaque crat\u00e8re laiss\u00e9 par les missiles iraniens raconte une histoire, chaque panache de fum\u00e9e dessine dans le ciel un message clair : l&rsquo;\u00e8re de l&rsquo;impunit\u00e9 isra\u00e9lienne est r\u00e9volue.<\/p>\n<p><strong>La fin d&rsquo;un mythe strat\u00e9gique<\/strong><\/p>\n<p>La le\u00e7on est cruelle pour Tel-Aviv, aussi brutale qu&rsquo;incontestable. Ce D\u00f4me de Fer tant vant\u00e9, pr\u00e9sent\u00e9 comme le rempart ultime, n&rsquo;aura finalement \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;un ch\u00e2teau de cartes balay\u00e9 par la temp\u00eate. L&rsquo;arm\u00e9e isra\u00e9lienne, si efficace dans ses campagnes de punition contre des adversaires d\u00e9sorganis\u00e9s, s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e d\u00e9munie face \u00e0 un ennemi capable de frapper avec pr\u00e9cision et d\u00e9termination. Netanyahou, le faucon devenu suppliant, a d\u00fb qu\u00e9mander l&rsquo;aide am\u00e9ricaine, son prestige en lambeaux. L&rsquo;Iran, quant \u00e0 lui, a d\u00e9montr\u00e9 avec une froide efficacit\u00e9 qu&rsquo;il ma\u00eetrisait parfaitement l&rsquo;art de la guerre moderne &#8211; frapper fort sans sombrer dans la barbarie, atteindre des cibles strat\u00e9giques sans massacres inutiles, envoyer un message sans provoquer l&rsquo;escalade. Trois r\u00e9alit\u00e9s d\u00e9sormais incontournables : T\u00e9h\u00e9ran peut toucher Isra\u00ebl au c\u0153ur, poss\u00e8de une technologie militaire de pointe, et fait preuve d&rsquo;une retenue calcul\u00e9e. FAFO. Fuck Around, Find Out. Isra\u00ebl a jou\u00e9 avec le feu en provoquant l&rsquo;Iran, et c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui ses propres certitudes qui partent en fum\u00e9e. Les r\u00e8gles du jeu ont chang\u00e9, et Tel-Aviv devra d\u00e9sormais composer avec un adversaire qui ne se contente plus de subir.<\/p>\n<h1><strong>L\u2019agression du 13 juin 2025 contre l\u2019Iran : Quand la force \u00e9crase le droit<\/strong><\/h1>\n<p>La Charte des Nations Unies est claire : l\u2019usage de la force contre un \u00c9tat souverain est interdit, sauf en cas de l\u00e9gitime d\u00e9fense imm\u00e9diate ou avec l\u2019aval du Conseil de s\u00e9curit\u00e9. Or, l\u2019agression isra\u00e9lo-am\u00e9ricaine ne r\u00e9pondait \u00e0 aucune de ces conditions. Aucune r\u00e9solution n\u2019a autoris\u00e9 ces frappes, et l\u2019Iran ne mena\u00e7ait pas directement Isra\u00ebl au moment de l\u2019attaque.<\/p>\n<p>Pire encore, les bombardements ont vis\u00e9 des sites nucl\u00e9aires civils, pourtant prot\u00e9g\u00e9s par le Protocole additionnel I des Conventions de Gen\u00e8ve. Un texte qu\u2019Isra\u00ebl n\u2019a jamais sign\u00e9, contrairement \u00e0 l\u2019Iran. En prenant pour cible des installations comme Fordo, Natanz ou Ispahan, les frappes ont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment ignor\u00e9 le risque de catastrophe humanitaire et \u00e9cologique. <strong>L\u2019implication de Trump d\u00e9note d\u2019une duplicit\u00e9 am\u00e9ricaine, qui n\u00e9gocie d\u2019une main et frappe de l\u2019autre.<\/strong> Au moment m\u00eame o\u00f9 des pourparlers secrets, sous m\u00e9diation omanaise, tentaient de d\u00e9samorcer la crise, Washington planifiait en coulisses ces frappes d\u00e9vastatrices. Une trahison diplomatique qui a an\u00e9anti des mois d\u2019efforts et jet\u00e9 un discr\u00e9dit profond sur la parole am\u00e9ricaine. Cette strat\u00e9gie du double jeu rappelle sinistrement d\u2019autres \u00e9pisodes de l\u2019histoire r\u00e9cente : l\u2019Irak de Saddam Hussein, la Libye de Kadhafi, l\u2019Afghanistan des talibans \u2013 tous ont \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9s ou d\u00e9stabilis\u00e9s alors qu\u2019ils avaient renonc\u00e9 (ou n\u2019avaient jamais acquis) l\u2019arme nucl\u00e9aire. \u00c0 l\u2019inverse, des pays comme la Cor\u00e9e du Nord, dot\u00e9s de l\u2019atome, n\u2019ont jamais subi et ne subiront jamais d\u2019invasion.<\/p>\n<h2><strong>La sanctuarisation nucl\u00e9aire : Une tentation mortif\u00e8re<\/strong><\/h2>\n<p>Le message est clair : dans un monde o\u00f9 la force prime sur le droit, la possession de l\u2019arme atomique devient la seule garantie de survie. L\u2019agression du 13 dernier risque d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer une course \u00e0 la nucl\u00e9arisation d\u00e9j\u00e0 bien engag\u00e9e. Pourquoi un \u00c9tat renoncerait-il \u00e0 l\u2019arme ultime si c\u2019est la seule fa\u00e7on d\u2019\u00e9chapper aux frappes pr\u00e9ventives ? Ant\u00f3nio Guterres, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019ONU, a parl\u00e9 d\u2019un \u00ab tournant dangereux \u00bb. L\u2019AIEA, de son c\u00f4t\u00e9, alerte sur les risques de contamination radioactive apr\u00e8s les frappes sur les sites iraniens. Mais au-del\u00e0 des cons\u00e9quences imm\u00e9diates, c\u2019est l\u2019effondrement du syst\u00e8me multilat\u00e9ral qui se profile. Cette attaque ne marque pas seulement une escalade militaire. Elle signe l\u2019\u00e9chec des m\u00e9canismes de s\u00e9curit\u00e9 collective et l\u00e9gitime la loi du plus fort. Si les \u00c9tats ne peuvent plus compter sur le droit international pour les prot\u00e9ger, ils se tourneront vers la dissuasion nucl\u00e9aire \u2013 avec tous les risques de prolif\u00e9ration et d\u2019embrasement que cela implique. La communaut\u00e9 internationale doit r\u00e9agir, sous peine de voir se multiplier les conflits asym\u00e9triques et les violations en cha\u00eene de la souverainet\u00e9 des \u00c9tats. Sinon, le 13 juin 2025 ne sera pas une exception, mais la nouvelle norme.<\/p>\n<p><strong>La Chute du Gendarme : comment l\u2019arrogance occidentale a forg\u00e9 sa propre d\u00e9faite\u00a0: <\/strong><strong>l\u2019Iran, premier domino d\u2019un monde qui refuse de plier ou le d\u00e9but du d\u00e9clin de l\u2019ordre occidental en temps r\u00e9el<\/strong><\/p>\n<p>Le Sud Global ne s\u2019est pas tu. Il s\u2019est r\u00e9joui \u2014 parfois bruyamment, souvent dignement \u2014 de la d\u00e9confiture militaire et politique inflig\u00e9e \u00e0 Isra\u00ebl et \u00e0 son parrain imp\u00e9rial, les \u00c9tats-Unis, par un Iran que beaucoup souhaitaient d\u00e9j\u00e0 d\u00e9mantel\u00e9. De Dakar \u00e0 Caracas, de Lahore \u00e0 Johannesburg, c\u2019est une lueur d\u2019espoir qui s\u2019est allum\u00e9e dans le ciel diplomatique du multilat\u00e9ralisme. Une gifle inflig\u00e9e \u00e0 un bloc occidental trop longtemps convaincu de son droit de remodeler le monde selon ses int\u00e9r\u00eats, et surtout, selon ses violences. L\u2019\u00e9chec de l\u2019op\u00e9ration isra\u00e9lo-am\u00e9ricaine de juin 2025 n\u2019est pas qu\u2019un revers tactique. C\u2019est une rupture narrative. Une fissure dans le r\u00e9cit h\u00e9g\u00e9monique. Car ce r\u00e9cit, jusqu\u2019alors, se jouait sur un mode bien r\u00f4d\u00e9 : on d\u00e9signe un ennemi \u2014 trop souverain, trop ind\u00e9pendant, trop r\u00e9calcitrant \u2014 on lui colle l\u2019\u00e9tiquette de menace, puis on l\u2019\u00e9trangle diplomatiquement avant de l\u2019an\u00e9antir militairement, sous couvert d\u2019un droit international que l\u2019on invoque sans jamais s\u2019y soumettre. Le monde entier se souvient de l\u2019Irak de 2003, la Libye de 2011, l\u2019Afghanistan sur deux d\u00e9cennies. Trois pays pulv\u00e9ris\u00e9s au nom du bien, puis abandonn\u00e9s dans l\u2019ombre du chaos. Dans chacun de ces cas, la machine de guerre am\u00e9ricaine s\u2019est mise en branle pour d\u00e9truire, pour piller, pour redessiner \u00e0 sa convenance les lignes politiques d\u2019un territoire devenu vassalis\u00e9. Et \u00e0 chaque fois, ce fut un pays non nucl\u00e9aire, isol\u00e9, incapable de se sanctuariser. Une cible facile. Un cadavre utile.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que l\u2019Iran fait figure d\u2019exception. Non pas parce qu\u2019il poss\u00e8de l\u2019arme atomique \u2014 il ne l\u2019a pas. Mais parce qu\u2019il a su construire une dissuasion conventionnelle cr\u00e9dible, suffisante pour tenir t\u00eate \u00e0 ceux qui pensaient le faire plier en 48 heures. Ce que Tel-Aviv et Washington ont d\u00e9couvert en juin 2025, c\u2019est que le monde a chang\u00e9, que les bastions du Sud Global ne s\u2019effondrent plus si facilement, et que la logique unipolaire qui justifiait toute ing\u00e9rence est d\u00e9sormais contest\u00e9e, dans les discours comme sur les champs de bataille.<\/p>\n<p>La Chine et la Russie observent. Elles n\u2019applaudissent pas, elles calculent. La Chine, en particulier, voit dans l\u2019affaiblissement militaire am\u00e9ricain un signal fort : l\u2019heure approche o\u00f9 Taiwan pourra \u00eatre r\u00e9int\u00e9gr\u00e9e sans que l\u2019Am\u00e9rique ne soit en mesure d\u2019intervenir autrement que par des d\u00e9clarations atones. Comment une puissance qui supplie ses alli\u00e9s de fournir des munitions \u00e0 Isra\u00ebl pourrait-elle soutenir simultan\u00e9ment deux conflits de haute intensit\u00e9 ? Comment l\u2019arm\u00e9e la plus co\u00fbteuse du monde peut-elle se retrouver paralys\u00e9e par une guerre de douze jours face \u00e0 une puissance r\u00e9gionale non align\u00e9e ? Le message circule dans les chancelleries du Sud : les \u00c9tats-Unis ne sont pas invincibles, Isra\u00ebl n\u2019est pas intouchable, et le droit international ne doit plus \u00eatre une variable d\u2019ajustement entre les mains des faiseurs de guerre. L\u2019agression contre l\u2019Iran, sans mandat du Conseil de s\u00e9curit\u00e9, sans provocation directe, sans l\u00e9gitimit\u00e9 diplomatique, n\u2019a fait que cristalliser le sentiment qu\u2019un monde plus juste ne pourra \u00e9merger qu\u2019en r\u00e9sistant \u00e0 l\u2019arrogance institutionnelle de l\u2019Occident. Le vrai danger aujourd\u2019hui, ce n\u2019est pas l\u2019Iran, mais l\u2019obsession de le transformer en nouvelle Libye. De le morceler, de le rendre gouvernable par marionnettes, de piller ses ressources sous pr\u00e9texte de pacification. Mais l\u2019\u00e9chec de cette guerre, le co\u00fbt diplomatique impos\u00e9 \u00e0 Tel-Aviv, le recul strat\u00e9gique de Washington, tout cela dessine une contre-offensive morale et politique qui redonne au Sud Global une voix qu\u2019il n\u2019avait plus os\u00e9 \u00e9lever. La guerre n\u2019est jamais une solution. Mais parfois, une guerre rat\u00e9e devient le point d\u2019origine d\u2019un nouvel ordre. Et cette fois, l\u2019ordre pourrait ne plus avoir Washington pour capitale.<\/p>\n<p><strong>La guerre pr\u00e9ventive : une d\u00e9rive dangereuse contre le droit international<\/strong><\/p>\n<p>Dans une \u00e9poque marqu\u00e9e par l\u2019instabilit\u00e9 g\u00e9opolitique et la mont\u00e9e des doctrines s\u00e9curitaires, certains \u00c9tats voudraient revendiquer leur droit d\u2019attaquer avant d\u2019\u00eatre attaqu\u00e9s. Mais ce principe, connu sous le nom de guerre pr\u00e9ventive, rel\u00e8ve bien plus de la strat\u00e9gie de puissance que du droit. Et c\u2019est justement l\u00e0 que le b\u00e2t blesse. Au regard du droit international, la guerre pr\u00e9ventive ne tient pas debout. Au risque de se r\u00e9p\u00e9ter, il faut absolument insister sur le fait que la Charte des Nations Unies est on ne peut plus claire : la force ne peut \u00eatre employ\u00e9e qu\u2019en cas de l\u00e9gitime d\u00e9fense face \u00e0 une attaque arm\u00e9e, ou sur d\u00e9cision du Conseil de s\u00e9curit\u00e9. Or, frapper un ennemi potentiel sur la base d\u2019intentions suppos\u00e9es, c\u2019est franchir une ligne rouge. C\u2019est substituer l\u2019intuition au fait, la sp\u00e9culation au droit. Pire encore, cette logique sape le principe m\u00eame de souverainet\u00e9 des \u00c9tats, pierre angulaire du syst\u00e8me international. Si chaque pays pouvait invoquer une \u00ab\u00a0menace future\u00a0\u00bb pour justifier une invasion, le monde sombrerait dans un chaos o\u00f9 la loi du plus fort remplacerait le droit.<\/p>\n<p>Un risque de prolif\u00e9ration incontr\u00f4lable<\/p>\n<p>Reconna\u00eetre la guerre pr\u00e9ventive comme l\u00e9gitime, c\u2019est ouvrir la bo\u00eete de Pandore : donner carte blanche aux \u00c9tats pour attaquer sous pr\u00e9texte de menace future. Si les \u00c9tats-Unis ou la Russie s\u2019arrogent ce droit, pourquoi pas l\u2019Iran, la Cor\u00e9e du Nord ou Isra\u00ebl, ou m\u00eame les pays colonisateurs europ\u00e9ens qui lorgnent encore les richesses africaines qui les \u00e9chappent, notamment dans la Conf\u00e9d\u00e9ration des \u00c9tats du Sahel ? Chaque puissance y trouverait une justification pour ses propres ambitions expansionnistes ou s\u00e9curitaires. C\u2019est fragiliser le syst\u00e8me multilat\u00e9ral, marginaliser les instances internationales, et surtout, transformer le monde en terrain d\u2019affrontements anticip\u00e9s et jamais justifi\u00e9s. La diplomatie et la m\u00e9diation, d\u00e9j\u00e0 mises \u00e0 mal par les tensions actuelles, deviendraient des options secondaires, rel\u00e9gu\u00e9es derri\u00e8re la logique de la force brute.<\/p>\n<p><strong>L\u2019alternative existe : renforcer le droit, pas l\u2019affaiblir<\/strong><\/p>\n<p>Face aux menaces r\u00e9elles \u2014 qu\u2019elles viennent du terrorisme, des armes de destruction massive ou des r\u00e9gimes autoritaires \u2014, la r\u00e9ponse ne peut \u00eatre l\u2019arbitraire. Les m\u00e9canismes existent : renforcement des inspections internationales, sanctions cibl\u00e9es, coop\u00e9ration renforc\u00e9e entre services de renseignement. La Cour p\u00e9nale internationale (CPI) et les tribunaux sp\u00e9cialis\u00e9s peuvent aussi jouer un r\u00f4le pour poursuivre les responsables de crimes avant qu\u2019ils ne passent \u00e0 l\u2019acte.<\/p>\n<p>Mais pour cela, il faut croire en l\u2019efficacit\u00e9 du droit plut\u00f4t qu\u2019en celle des missiles. Non, la guerre pr\u00e9ventive n\u2019est pas un outil juridique. C\u2019est une \u00e9chappatoire politique, une entorse au droit, un danger pour la paix mondiale. L\u2019histoire nous l\u2019a d\u00e9j\u00e0 enseign\u00e9 : les guerres men\u00e9es au nom de la s\u00e9curit\u00e9 finissent souvent par cr\u00e9er plus d\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Si le monde veut \u00e9viter un avenir o\u00f9 chaque \u00c9tat se fait juge, jury et bourreau, il doit rejeter cette doctrine avant qu\u2019elle ne devienne la norme. La v\u00e9ritable pr\u00e9vention, c\u2019est celle qui passe par le droit, pas par les armes.<\/p>\n<h3>Par Go\u00efkoya Koli\u00e9, notre partenaire,\u00a0 juriste , Canada<\/h3>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La guerre \u00e9claire de juin 2025 entre Isra\u00ebl et l\u2019Iran aura servi de d\u00e9monstration implacable de ce principe : quand on joue avec le feu, on finit par se br\u00fbler. Le principe du\u00a0\u00ab\u00a0Fuck Around and Find Out\u00a0\u00bb (FAFO)\u00a0\u2013 profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans la culture am\u00e9ricaine, renvoie crument \u00e0 provoquer puis subir les cons\u00e9quences in\u00e9vitables et d\u00e9sagr\u00e9ables [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":2289,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":{"0":"post-2296","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-international"},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/cieldeguinee.net\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/1730040969861-1-1.webp","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2296","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2296"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2296\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2289"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2296"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2296"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cieldeguinee.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2296"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}