LETTRE A MON GRAND FRERE PR ALPHA CONDÉ A SA RÉSIDENCE DORÉE. CONAKRY-REPUBLIQUE DE GUINÉE

LETTRE A MON GRAND FRERE PR ALPHA CONDÉ A SA RÉSIDENCE DORÉE. CONAKRY-REPUBLIQUE DE GUINÉE

Mon cher grand frère Alpha,
En ayant librement et volontairement décidé de te faire parvenir la présente, je ne me suis pas
du tout soucieux de ton état mental et physique dans lequel elle te parviendra, d’autant que tu
bénéficierais à mon avis et à la faveur de ton statut d’ancien Président de la République de tous
les avantages prévus à cet effet par nos textes de lois en vigueur depuis la 2eme République.
La seule et possible souffrance à laquelle tu pourrais être soumis à vivre péniblement pourrait
être celle liée à ta mobilité, habitué que tu es des déplacements tout azimut, souvent toujours
entre les avions. Cette maladie-là, tu vas longtemps la subir au grand dam de ta santé. Tu feras
montre de stoïcisme tout au long de la durée que prendra ton incarcération.
La traversée de la vie, revêt deux faces l’une dépendante de la seule volonté de dieu et l’autre
est du domaine des mortels que nous sommes, avec nos divers et multiples caprices au gré de
nos désirs.
Ce qui t’arrive aujourd’hui et que tu vas douloureusement vivre dépend entièrement et
totalement des schémas de vie que tu as délibérément et en toute souveraineté choisis de vivre.
Les anciens par ailleurs, enseignent, mon frère, que c’est dans les difficultés que l’homme
découvre ses vrais amis.Cette affirmation ne me concernerait pas pour plusieurs raisons que j’ai
choisies de taire ici mais plutôt à la grande chaîne de tes nombreuses et diverses relations
dissimulées à travers le monde.
A l’image de l’année 1999 qui t’a vu en difficulté avec les lois de la République, j était encore
cette fois-ci à tes côtés pour le support moral pour la gestion avec dignité la situation qui
certainement va connaître un dénouement heureux à la grande satisfaction de tous sont
attachés à toi.
Ainsi va la vie dans sa sinuosité faite de haut et de bas, le tout soutenu par l’espoir ardent que
le meilleur est toujours en route pour le plus grand salut de la vie dans un cadre humain des
mieux élaborés.
Je voudrais aussi te faire comprendre que toutes les larmes versées en ce moment par tes
collaborateurs d’hier et les sympathisants du RPG ARC EN CIEL, depuis ton arrestation le
dimanche 5 Septembre par les forces spéciales de l’armée nationale guinéenne dont tu étais
fière de nous gratifier, ces larmes qui se versent et risquent fort bien d’inonder le territoire
national si les mesures appropriées ne sont pas prises par les autorités compétentes et
d’ailleurs en réalité, elles ne sont que des larmes de crocodile, ce crocodile qui finit par prendre
conscience, hélas trop tard, de toutes ses forfaitures commises contre sa propre communauté.
Je ne doute pas un seul instant que la présente que je te destiné avec beaucoup de pincements
au coeur te trouvera dans un état de meilleure commaudité compte tenu surtout de ton statut
d’ancien Président de la République.
De passage, je tiens à te rappeler et en même temps saluer avec respect et considération la
mémoire de feu Honorable ELH Ghussein Sécrétaire général du PDG-RDA qui eût à l’époque,
l’initiative géniale d’introduire la proposition de loi relative aux avantages à accorder aux
anciens Présidents de la République en reconnaissance aux nombreux services loyaux, oh
combien prestigieux, exaltants mais aussi et surtout contraignants et délicats, rendus à la
Nation entière.
C’est pendant la mandature législative de 1995 à 2000, sous la Présidence de l’Honorable
ELhadj Boubacar Biro Diallo que cette proposition de loi a atterri sur le bureau de l’Assemblée
nationale.
Elle a été signée par moi en premier lieu, dans le haull du Palais du Peuple, et sur le dos de ELH
Ghussein, qui a servi de sous main, au même moment ELHADJ m’a fait l’honneur de me
proposer d’en assurer le parrainage du fait de ma fidélité à la Révolution, à son idéologie et à
son Illustre Responsable Suprême, le Camarade AHMED SÉKOU TOURÉ, PRÉSIDENT de la
République.
Tu faisais malheureusement partie de ceux-là qui s’étaient abstenus de voter en faveur de cette
proposition de loi à cause de ton obsession à endécoudre avec tous les anciens dirigeants du
PDG-RDA
De passage, faut-il préciser pour ceux qui auront à prendre connaissance du contenu de cette
lettre destinée à mon grand frère Alpha Condé, qu’une proposition de loi n’est acceptée par le
bureau de l’Assemblée nationale, que lorsque, seulement, elle est revêtue des signatures d’un
nombre de députés fixé par le réglement intérieur de l’Assemblée nationale.
Mon comportement tonitruant fait d’amour et d’humour avait fini de faire de moi un complice
pour l’acceptation de beaucoup de prépositions, voire même de projets de lois venant du
gouvernement, en vue d’un vote favorable avec souvent la complicité pleine de sagesse du
Président Elh Biro.
Voilà la seule raison qui a orienté Elh Ghussein vers ma personne en vue donc d’obtenir non
seulement mon quitus mais aussi et surtout mon parrainage pour accorder un vote favorable à
la dite proposition.
C’est avec beaucoup de fierté et de dignité que je me permets d’en parler publiquement
espérant que ça pourrait servir de modèle en faveur des relations humaines à entretenir avec
soin toutes les fois que les opportunités le permettront. Dans une union, il y’a toujours le
partage, le donnant donnant et dans le strict esprit de solidarité agissante.
Pour avoir gouté à la prison en 1999, j’ai dû nourrir et entretenir un certain espoir de pouvoir te
convaincre sur la nécessité de démeurer toujours dans le camp des bienfaiteurs et à cet égard,
je n’avais jamais eu de cesse de te demander, de te prier d’accepter de briser ce chapelet de
prisonniers politiques pour l’amélioration de ton image sur la scène internationale.
De la même manière, je ne voyais aucun intérêt pour toi d’empêcher certains citoyens de se
soumettre au respect rigoureux de leur rendez-vous obligatoire pour les soins médicaux en
dehors du pays.
Il en a été également question de l’interdiction formelle aux opposants politiques de
pleinement jouir de leur liberté totale et entière d’aller et de revenir.
En ayant également pris la lourde responsabilité d’ordonner la destruction systématique des
locaux de l’UFDG, il ne t’était jamais arrivé à l’idée de savoir que tu en faisais de trop?
La séquestration des jeunes innocents du FNDC en pleine jouissance de leur droit paraissait
pour les gens normaux ,absurde et de non sens trouvant la démarche à l’antipode des principes
démocratiques dont la défense, la protection avait fait de toi l’espoir des jeunes africains dans
leur puissante mobilisation à casser les chaînes du néocolonialisme en Afrique qui n’a fait trop
subir des puissances capitalistes étrangères.
Les nombreuses et diverses casses ciblées, le droit de vie que tu t’es offert sur tes opposants, la
spoliation des richesses nationales surtout minières, ton très défectueux art de communication
basé sur l’arrogance verbale envers et contre tous pour lesquels tu n’as eu que mépris, tout cela
a contribué efficacement à nuire à ta stature d’opposant historique.
Je t’avais aussi affirmé sans embage que l’histoire de notre pays m’acquittera un jour du fait
simplement de m’être armé de courage juvénile pour, chaque fois que l’opportunité le
permettait, attirer humblement la haute attention des feus Présidents Ahmed Sékou Touré et
Général Lansana Conté sur ce qui paraissait contraire à l’idéologie du parti à l’endroit des
citoyens et de la communauté nationale dans sa diversité.
Tu as toujours pris soin de loger minutieusement et habilement tous mes conseils dans ta
corbeille à ordures, cependant tous venus du fond de mon coeur, à la fois par devoir et par
amitié sincère et honnêtement désintéressée.
Nulle part, mon cher frère, tu n’as voulu entendre raison parcequ’omnibulé par l’instinct de
conservation à tout prix du pouvoir, un pouvoir cependant très mal acquis parceque obtenu en
dehors de l’éthique, de la morale.
Mon cher grand frère Alpha Condé, c’est ce cortège de misères morales et matérielles
sciemment élaborées pour les besoins de la cause et qu’à tout prix, j’ai vainement tenté de te
faire éviter sur le chemin de mon ami et jeune frère, feu Kéléfa Sall, le tout premier Président
de la Cour constitutionnelle, paix à son âme, qui à l’époque et au meilleur endroit, t’avait
humblement demandé de t’écarter des sirènes de la démagogie qui commençaient déjà à
vrombir à travers la cité. Durant tout ce temps et toujours en ta compagnie depuis ton retour
au pays, je n’ai jamais pu obtenir de toi et exclusivement dans ton intérêt de politicien assoiffé
du pouvoir, bénéficier d’un minimum de crédit de confiance, souvent d’ailleurs me faisait
passer, à travers tes boutades dont tu n’as jamais eu assez, pour une taupe tantôt au service de
Lansana Kouyaté, tantôt de Sidia Touré.
Ma compagnie, avec toi, pleine de fraternité et baignant dans l’océan de mes nombreuses
invites à prendre davantage soins de toi et sur tous les plans au regard de ta stature
internationale ,n’a pu, hélas, obtenir l’effet souhaité au grand dam des Guinéens qui ont signé
un contrat de confiance avec mon frère Alpha Condé.
Loin de moi toute velléité de conclure cette messive que librement et volontairement décidé de
t’adresser en ce moment précis où se joue ton destin singulier, par la formule de l’autre selon
laquelle “qui sème le vent récolte la tempête” mais plutôt dire que ta terrible responsabilité
d’être l’égal de Dieu L’ETERNEL sur la terre sainte de Guinée, est finalement devenue la raison
causale de tes démélées avec l’histoire de la République de Guinée. DIEU a fini d’entendre les
nombreuses pleures des pères de famille, des mères d’enfants et enfin des enfants, en dernier
ressort.
Le vin étant tiré, il faut à présent le boire avec toujours le même courage qui t’a conduit à te
mettre au-dessus du peuple de Guinée en clôturant par la destruction massive des bases de la
République et de la Nation.
Au-revoir mon grand frère et à très bientôt certainement dans les locaux des tribunaux de la
République pour rendre compte des raisons qui t’ont conduit à la destruction de l’édifice
patrimonial commun, témoin vivant de notre histoire, fierté de notre raison d’être.
Conakry le 02 Novembre 2021
Honorable Elh Sékou Béka Bangoura
Dapompa Commune de Matoto
Contact : 625 31 82 97

La Rédaction