Menace sur la faune: La girafe désormais éteinte dans 7 pays d’Afrique.

Menace sur la faune: La girafe désormais éteinte dans 7 pays d’Afrique.

Animal emblématique de l’Afrique avec sa haute taille – qui en fait l’animal terrestre le plus grand du monde –, son long cou et ses taches, la girafe a des airs majestueux. Pourtant, et c’est bien moins connu, elle est menacée dans son milieu naturel. Un chiffre permet d’en prendre la mesure : la girafe est aujourd’hui éteinte dans au moins 7 pays de son aire de répartition historique.

Aire de répartition de la girafe : 21 pays, dont 3 réintroductions

Autrefois, la girafe était très répandue dans toute l’Afrique subsaharienne. On en comptait pas moins d’un million dans toute la zone au siècle dernier. Aujourd’hui, elle a disparu dans au moins sept pays de son habitat originel et compte environ 100.000 individus, ont alarmé des experts à l’occasion de la COP13 qui s’est tenue en Inde en février 2020. La girafe s’est éteinte :

  • au Burkina Faso,
  • en Érythrée,
  • en Guinée,
  • au Mali,
  • en Mauritanie,
  • au Nigéria,
  • au Sénégal.

 

Elle ne vit plus désormais à l’état sauvage que dans 21 Etats d’Afrique australe et orientale. Dans 18 d’entre eux, la girafe a su garder des populations sauvages. Il s’agit de :

  • Angola,
  • Botswana,
  • Cameroun,
  • République Centrafricaine,
  • République Démocratique du Congo (RDC),
  • Tchad,
  • Ethiopie,
  • Kenya,
  • Mozambique,
  • Namibie,
  • Niger,
  • Somalie,
  • Afrique du Sud,
  • Soudan du Sud,
  • Tanzanie,
  • Ouganda,
  • Zambie,
  • Zimbabwe.

En revanche dans les trois pays restants, à savoir le Malawi, le Rwanda et le Swaziland, Giraffa camelopardalis a dû être réintroduite.

Les menaces qui pèsent sur les girafes

Le déclin des girafes n’est pas nouveau, mais il s’est accéléré ces dernières décennies. On estime que 40 % de leur population a disparu au cours des trente dernières années.

La girafe, animal menacé

Il y a quatre ans, cette extinction rapide a poussé l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à ajouter la girafe à la liste rouge des espèces menacées, classant Giraffa camelopardalis dans la catégorie « espèce vulnérable » à l’extinction. Et deux ans plus tard, c’est-à-dire en 2018, l’UICN a de nouveau tiré la sonnette d’alarme en classant plusieurs sous-espèces dans les catégories « en danger critique » et « en danger ».

  • la girafe du Cap ou du Sud (G. giraffa): ses sous-espèces la girafe d’Angola (G. c. angolensis) est classée « préoccupation mineure » (LC) et la girafe d’Afrique du Sud (G. c. giraffa) est non évaluée par l’UICN ;
  • la girafe masaï (G. c. tippelskirchi): vulnérable (VU) ;
  • la girafe réticulée (G. c. reticulata): en danger (EN) ;
  • la girafe de Nubie ou du Nord (G. c. camelopardalis)est quasi-menacée (NT), mais ses trois sous-espèces la girafe d’Afrique de l’Ouest (G. c. peralta), la girafe de Nubie (G. c. camelopardalis) et la girafe de Kordofan (G. c. antiquorum) sont respectivement « vulnérables » (VU), « en danger critique » (CR) et « en danger critique » (CR).

Le braconnage

Selon le pays où elle se trouve, la girafe ne bénéficie pas du même niveau de protection. Plusieurs Etats interdisent par exemple sa chasse tandis que d’autres l’autorisent. C’est le cas notamment de la Somalie et de l’Afrique du Sud – pays dans lesquels la girafe n’a pas de statut de protection particulier –, ou encore de l’Ethiopie, de la Namibie et du Swaziland – où la chasse est autorisée à condition d’avoir un permis spécial. Dans ce dernier Etat, la girafe est considérée comme un « gibier royal ».

En revanche, la girafe est considérée comme « animal protégé » au Botswana, au Cameroun, au Tchad, en RDC ou encore au Mozambique où elle fait partie des huit mammifères inscrits sur la liste rouge nationale comme étant disparus ou en danger de disparition.

Que sa chasse soit interdite ou non, la girafe est souvent la cible de braconniers, que ce soit pour le commerce de la viande de brousse ou la médecine traditionnelle qui utilise des parties de son corps pour traiter telle ou telle pathologie.

Le braconnage dont elle fait l’objet depuis des décennies a été si important dans certaines régions qu’il a conduit à la diminution drastique du nombre d’individus, voire à l’extinction locale pure et simple.

L’empiétement de l’homme dans son milieu

Partout dans son aire de répartition, la girafe est aussi confrontée à l’étalement des populations humaines sur son habitat naturel. En plus de l’extension des pâtures pour le bétail, elle doit composer avec le développement des infrastructures comme les routes, les chemins de fer, les lignes électriques ou encore les pipelines qui fragmentent fortement son territoire. Résultat, de nombreuses populations sauvages de girafes sont désormais petites et isolées, ce qui complique encore plus le renouvellement des générations et donc l’avenir de ces espèces.

Pour une conservation transnationale

Selon l’endroit où vit la girafe, les menaces qu’elle subit ne sont pas les mêmes. Ou du moins, ne sont pas de même ampleur. « Certaines populations de girafes sont stables ou en augmentation, tandis que d’autres sont en baisse, et chaque population est soumise à la pression de menaces spécifiques à son pays ou à sa région », analysent les experts de la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS) à l’occasion de la COP13. C’est pourquoi des mesures de conservation locales sont bien entendu pertinentes.

Cependant, la girafe ne connaît pas de frontière et est présente dans 21 pays. De nombreuses voix s’élèvent pour que les efforts fournis pour sa conservation ne se cantonnent pas seulement à l’échelle régionale mais que naisse aussi un réel programme de conservation entre les différents pays de son aire de répartition.

Pour que cette concertation soit la plus efficace possible, il faut également que les pays se mettent d’accord sur une taxonomie commune. Or, il n’y a rien d’évident. Jusqu’à ce qu’une étude génétique poussée ne prouve le contraire il y a quatre ans, on pensait qu’il existait une seule espèce de girafe répartie en 9 sous-espèces. Depuis, il est établi qu’il y a en réalité 4 espèces de girafes différentes, dont 2 ayant au total 5 sous-espèces.

Avant de se mettre d’accord sur un plan de conservation au niveau du continent, les pays doivent donc adopter une même taxonomie et ainsi orienter la stratégie de conservation, en fonction des différentes évaluations de l’UICN notamment. Tous doivent également mettre en place de programmes de surveillance des populations de girafes sur leurs territoires.

Source : www.especes-menacees.fr

La Rédaction

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