Permis biométriques de conduite en Guinée: les acteurs  en parlent et montent au créneau contre le processus.

Permis biométriques de conduite en Guinée: les acteurs  en parlent et montent au créneau contre le processus.

Ce dimanche 26 septembre 2021, dans l’émission ‘’ Prudence sur la route ‘’, présentée par le doyen Diao Diallo et son co-animateur M. Ben sur la radio diffusion nationale, les responsables du collectif des Auto-écoles de Guinée(CAEG) ont eu le privilège d’être reçus  par les animateurs de ladite émission.

L’objectif  visait à parler dans la 1ère tranche sur l’anniversaire  de l’émission ‘’ Prudence sur la route’’ qui a soufflé ses 43 ans d’existence jour pour jour en ce 23 septembre dernier, puisqu’elle fut lancée sur les ondes de la  radio nationale le 23 septembre 1978 mais aussi autour de la problématique de la formation automobile en république de Guinée dont  les auto-écoles constituent une  base  incontournable,  malheureusement laissées pour compte.

Sur le plateau, M. Mohamed Roger Sylla, président du collectif des auto-écoles de Guinée(CAEG) était accompagné par deux de ses collaborateurs à savoir son vice président M. Mamadou Aliou Souaré et son chargé à l’information et à la communication M.Fodé Condé.

Dans sa prise de parole, M. Sylla est revenu sur les circonstances de la mise sur pied de l’initiative qui tente de fédérer des auto-écoles en Guinée.

« Encore une fois, merci Monsieur Ben. Je commence d’abord par souhaiter joyeux anniversaire à cette émission et précisément à doyen Diao Diallo. Alors il faut comprendre que le collectif a été créé après plusieurs constats. On a remarqué que les auto-écoles n’étaient pas représentatives devant les autorités compétentes notamment le Ministère des transports. Alors, même quand vous partez pour des examens au  CADAC( centre administratif d’apprentissage d’automobiles de Conakry) à peine si les coordinateurs se regardaient entre eux. Donc du coup, une phrase du doyen Diao Diallo qui m’a inspirée, il dit ceci : « les auto-école doivent se regarder en partenaires et non en adversaires ». De là, moi j’ai toute de suite compris qu’il fallait passer vraiment aux choses sérieuses. C’est ainsi que nous avons invité les auto-écoles à une réunion. Notre première réunion s’est tenue le 18 avril 2018. Nous avons mis en place un bureau exécutif provisoire qui était composé d’un président, d’un vice-président, d’un trésorier et d’un chargé à l’information et à  la communication. Alors c’est à l’issue de cette réunion que nous avions fait un statut plus un règlement intérieur. Après l’élaboration de ces documents, nous sommes allés voir les autorités notamment le Ministère des transports pour leur signifier de notre existence », a laissé entendre le président du collectif M. Roger.

Poursuivant, il dira : « alors quand cela a été fait, ils nous ont bien accueillis, bien félicités de l’initiative, parce qu’au départ, ils ont compris quand on faisait appel aux auto-écoles, on partait chacun de son côté et ce n’était pas tellement bien. Et cela, on partait comme ça, ce n’était pas vraiment agréable et on a commencé à créer cette fédération, on a commencé à fédérer les auto-écoles comme nous l’avons dit. Et aujourd’hui, Dieu merci, nous sommes écoutés. Parce que lorsqu’il y a des rencontres au niveau du Ministère des transports qui intéressent les auto-écoles, on nous fait appel.

Répondant à la question de l’un des animateurs sur combien d’auto-écoles sont aujourd’hui dans le collectif, M. Mohamed Sylla précise : « Aujourd’hui, nous avons répertorié 52 auto-écoles seulement qu’à Conakry et dans certaines villes de l’intérieur du pays.  Parce que vu que nous sommes à nos débuts, il ya d’autres auto-écoles qui nous appellent de temps en temps parce qu’elles veulent intégrer dans le collectif. Donc il reste beaucoup de choses à faire.

Parlant  des critères d’adhésion au sein du collectif, il dira : « D’abord comme on l’a dit, il faut au prime à bord, être une auto-école, ça c’est la première mesure. Ensuite, il faut être membre de ce collectif lorsque vous êtes vraiment un formateur en conduite automobile. Au-delà de cela, il faut des cotisations. A l’issue de cette cotisation, vous devez participer aux réunions. Les réunions se tiennent souvent à la fin de chaque mois, nous faisons souvent ces réunions à l’auto-école SÛRE de Cosa, rappelle-t-il.

Poursuivant sur des critères d’adhésion où l’accent a été mis sur la formation en conduite automobile, M. Mamadou Aliou Souaré, vice président a de son côté, fait savoir que: « Pratiquement quand on parle d’auto-école, c’est d’abord la formation. Je pense qu’il n’ya pas d’auto-école sans formateurs. Mais quand on parle d’auto-école qui a des formateurs, c’est des formateurs qualifiés. Donc, nous voudrions avoir au sein de notre collectif, des auto-écoles vraiment représentatives. Parce que nous, nous fixons comme objectif fondamental ‘’ la qualité de la formation’’. Parce que nous voulons contribuer à la formation des conducteurs en Guinée. Et sans la formation de qualité, je pense que cela n’est pas possible », a-t-il argumenté.

Revenant sur la question de l’animateur Ben, de savoir si  toutes les écoles sont forcement dans le collectif, M. Souaré de préciser : « actuellement, nous n’avons pas la possibilité de vérifier toutes les conditions dans les différentes auto-écoles, mais toute auto-école qui vient vers le collectif, nous la recevons et nous exposons nos ambitions et nous menons les auto-écoles vers la qualification ».

Quant au chargé de la communication du collectif,  M. Fodé Condé, qui s’est exprimé à la demande de l’animateur sur les conditions d’obtention du permis, il portera son analyse sur les enjeux liés aux permis biométriques mais aussi les difficiles obstacles auxquels sont confrontées les auto-écoles depuis le lancement du projet des permis biométriques.

« Concernant la question de l’obtention des permis. Nous recrutons des candidats dans les auto-écoles. Après la formation de ceux-ci, nous les accompagnons à la DNTT (Direction nationale des transports terrestres) pour le test. Et après le test, les dossiers sont transférés au Ministère pour l’obtention du permis. Les coûts avant et maintenant, pas  la procédure mais le coût de maintenant là est trop  exorbitant. On ne se retrouve pas. Les permis de type B, presque toutes la dépense était de 100 mille francs guinéens mais maintenant là, de 100 mille francs guinéens on s’est retrouvé à 970 mille francs guinéens à part des frais d’examens médicaux qui sont de 200 mille francs guinéens… ».

Abondant dans le même sens que son chargé à la communication, M. Roger qui n’est pas passé par mille chemins, évoque de nombreuses difficultés rencontrées à la suite du lancement du processus des permis biométriques.

“Avec le lancement des permis biométriques, ils ont délocalisés le centre d’examen au permis de conduire de la Carrière pour Kipé, au centre PRIMA CENTER. La société Thomas Greg en charge de la conception des permis biométriques, je pense bien que ce sont des Brésiliens qui ont eu ce contrat”.

Le hic, s’interroge-t-il, << est que les autorités guinéennes ont engagé cette société dans ce projet sans tenir compte de certains paramètres. Puisqu’il y a des candidats que certaines auto-écoles avaient déjà conduit pour le test de permis. Les dossiers de ceux-ci sont dans le circuit, et les mêmes autorités ont interdit l’émission des anciens permis  sans donner un temps aux auto-écoles non seulement d’envoyer les candidats mais de recevoir les permis se  trouvant dans le circuit. Sauf que, les charges relatives à l’obtention d’un permis biométrique en ce moment reste un casse-tête car le coût est exorbitant et ce n’est pas à l’avantage des auto-écoles”, s’est lamenté le premier responsable du CAEG.

Il faut rappeler  que les anciennes autorités du pays avaient mis en place un projet de permis biométriques dont les frais et les coûts sont jugés trop exorbitants par  les citoyens à tous les niveaux mais aussi par l’ensemble des promoteurs des auto-écoles de Guinée.

On attend de voir si le plaidoyer du collectif des auto-écoles de Guinée(CAEG) tombera dans  de bonnes oreilles de l’équipe du nouvel homme fort du pays en la personne du colonel Mamady Doumbouya pour revoir cette situation préoccupante.

Tamba Oularé

La Rédaction