Ils dirigent des lycées, des collèges, des écoles primaires. Mais avant cette semaine, la plupart d’entre eux n’avaient jamais suivi une formation initiale pour apprendre à le faire.

Du 3 au 5 septembre, trente-huit chefs d’établissement et directeurs d’école de Conakry se sont retrouvés au Lycée Collège de Donka pour trois jours de formation. Rien d’exceptionnel en apparence, sauf que ce genre de session reste rare en Guinée : dans le système éducatif, on nomme d’abord, on forme ensuite. La plupart des directeurs apprennent leur métier en marchant, au fil des dossiers qui s’accumulent sur leur bureau et des crises qu’il faut gérer dans l’urgence.

L’initiative vient de l’Inspection régionale de l’éducation nationale, de l’alphabétisation, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (IRENA-ETFP), associée aux Senghoriens de Guinée, la promotion 2025 du Master 2 en Gestion des Systèmes Éducatifs de l’Université Senghor d’Alexandrie.

Concrètement, ce sont trois étudiants de cette promotion qui ont conçu et animé la formation, dans le cadre du projet professionnel exigé par leur cursus : Maimounatou Bah, directrice de l’enseignement au Prytanée militaire, Souleymane Diallo, de l’IRENA-ETFP de Labé, et Zenab Camara, conseillère à l’éducation au lycée Dénis Galéma Guilavogui de Conakry. Deux anciens de la promotion précédente, M.Tamba Oularé et M. Mamadou Alpha Baldé, dont chacun a déjà soutenu et validé sa thèse de mémoire, les ont épaulés tout au long des trois jours en tant que mentors.

Trois sujets étaient au programme, choisis parce qu’ils touchent tous les jours à la réalité du métier : la gestion financière des établissements, où une erreur se paie cash ; l’intégration des technologies de l’information et de la communication pour l’éducation (TICE) élargie à l’usage de l’intelligence artificielle en gestion des établissements scolaires, et le leadership transformationnel, cette capacité à faire avancer une équipe au sein d’un établissement scolaire à travers une vision claire et stratégique plutôt que de se contenter de gérer les papiers.

Entre les exposés, les participants sont passés par des exercices pratiques et des échanges d’expérience entre collègues, souvent le moment où l’on apprend le plus, quand chacun raconte comment il s’en est sorti dans telle ou telle situation.

Également, les deux mentors ont, à chaque fois et sur chaque point essentiel, apporté leurs connaissances et leurs expertises avec les participants sur les leviers essentiels du pilotage scolaire. Ils ont en outre partagé des outils de diagnostic institutionnel et organisationnel permettant à chaque chef d’établissement de faire une analyse diagnostique de son école  afin d’élaborer un plan de redressement à court ou à moyen terme.

M. Koma Gaspard Goumou, le Chef de la Section Pédagogique, représentant l’Inspecteur M.Thiapato Barry, accompagné des cadres de son service, a lancé la formation au nom du ministère, un signe, pour les organisateurs, que l’institution prend l’initiative au sérieux.

Le dernier jour, un participant a pris la parole au nom du groupe pour dire ce que beaucoup pensaient tout bas : la formation était utile, bien menée, mais trois jours, c’est court pour des sujets aussi denses. Il a demandé que les prochaines sessions durent plus longtemps.

M. Housseine Kémoko Camara, de l’IRENA-ETFP, a clos la rencontre au nom de l’inspecteur Barry. Dans un discours sans détour, il a rappelé aux directeurs ce qu’on attend d’eux à la tête de leur établissement, et les a encouragés à continuer à se former, pour être beaucoup plus performants au service de l’école guinéenne, a-t-il dit en substance. Il a terminé en remerciant les trois formateurs et leurs deux mentors pour leur engagement.

La Rédaction