Trois ans après avoir critiqué, à la même tribune, les modèles de gouvernance « importés » en Afrique, le président Mamadi Doumbouya est revenu devant l’Assemblée générale des Nations unies. Cette fois, il n’est pas venu pour accuser, mais pour présenter un bilan : une nouvelle Constitution adoptée par référendum, des élections entièrement financées par le Trésor public, plus de mille kilomètres de routes bitumées et Simandou, désormais réalisé. À partir de ces résultats, le chef de l’État guinéen a demandé aux autres nations un partenariat fondé sur le respect de la souveraineté de chacune.

Du réquisitoire au bilan

Mamadi Doumbouya a d’abord rappelé son discours de 2023. Il avait alors affirmé que le modèle de gouvernance plaqué sur le continent « peinait à porter les fruits attendus ». Il le répète aujourd’hui : « Je le maintiens. » Mais le ton a changé. Le président dit être venu « non pour dénoncer, mais pour partager quelques éléments factuels ». En clair, il veut montrer que la Guinée a suivi sa propre voie, et que cela a donné des résultats.

Une Constitution et des élections « made in Guinea »

Le premier argument est institutionnel. Selon le chef de l’État, la nouvelle Loi fondamentale n’est pas une copie d’un modèle étranger. Elle a été « discutée, amendée et adoptée par voie référendaire ». Il en cite les apports : une meilleure représentation des terroirs et des communautés, des garanties pour l’alternance, et la reconnaissance de la diversité linguistique, religieuse et culturelle comme « fondement de l’unité nationale ».

Il insiste surtout sur le financement du cycle électoral : présidentielle, législatives et locales ont été payées « à cent pour cent » par le budget national. Il assure qu’aucun scrutin n’a connu « d’incident significatif ». Il y voit la preuve qu’un pays africain peut organiser seul, avec ses propres moyens, des élections « crédibles, apaisées et acceptées de tous ».

Routes, mines, raffineries : la liste des réalisations

Le président affirme ne pas vouloir dresser d’« inventaire exhaustif ». Il donne pourtant plusieurs réalisations, toutes obtenues selon lui en moins de trois ans :

  • plus de 1 000 km de routes bitumées ;
  • des écoles et des hôpitaux construits dans tout le pays ;
  • trois raffineries d’alumine en construction pour transformer la bauxite en Guinée ;
  • une raffinerie d’or qu’il présente comme la plus grande d’Afrique ;
  • enfin Simandou, qu’il décrit comme « le plus vaste projet minier et d’infrastructures d’Afrique ».

« Ces résultats ne sont pas cités par vanité », précise-t-il.

Simandou 2040 et la jeunesse

Le discours regarde aussi vers l’avenir. Le programme Simandou 2040 doit guider le développement du pays pendant quinze ans. Il ne se limite pas aux mines : il couvre aussi l’agriculture, l’énergie, l’éducation, la santé et l’industrie. Le chef de l’État appelle cependant la jeunesse « notre plus grande richesse ». Il promet de la former aux besoins du marché de l’emploi grâce à la Simandou Academy.

L’Asie en exemple, la souveraineté comme principe

Pour finir, Mamadi Doumbouya élargit son propos à tout le continent. Il cite l’Asie et certains pays du Proche-Orient qui, selon lui, « n’ont pas attendu qu’un modèle extérieur leur soit validé » pour se développer. Il estime que l’Afrique peut suivre le même chemin. Il précise qu’il ne s’agit pas de rejeter la coopération internationale, mais de construire des partenariats « gagnant-gagnant ».

Sa conclusion résume le discours :

« La République de Guinée avance. Elle avance avec ses propres moyens, sur la base de ses propres choix, au service de son propre peuple. »

Trouver l’intégralité du  Discours du Président Mamadi Doumbouya à l’ONU

Synthèse de Tamba Oularé