L’arrestation et la détention de Sékou « réparateur », un jeune leader influent de Kobikoro dans la préfecture de Faranah, ont déclenché une vague de colère et de frustration au sein de la population. Sa mise en prison, perçue comme une injustice, a ravivé un sentiment d’abandon de la part de l’État.

Selon Nongo Mansaré, ancien conseiller de la commune rurale, Sékou est un jeune leader influent au sein de la sous-préfecture et de ses environnants. Le bureau de la Chambre Agricole est recemment mis en place et c’est lui qui en est responsable. En tant que jeune leader et très influent, ce rôle clé le plaçait au centre de la régulation des tensions entre agriculteurs et éleveurs. « Les animaux des éleveurs présents depuis sur le sol de Kobikoro font des dégâts incommensurables, » a-t-il déclaré avec amertume. « Nous les cultivateurs, on ne peut plus travailler dans nos champs. Le bétail détruit tout, et tout récemment, trois champs ont été complètement dévastés. Sékou recevait les plaintes des agriculteurs pour trouver des solutions. Il nous aide, et on l’arrête injustement pour le mettre en prison. », a-t-il lancé avec exaspération.

L’ancien conseiller a ajouté que les champs de Fégnouma et d’un autre jeune du village ont été entièrement détruits, plongeant les familles dans la misère. L’arrestation de Sékou est donc perçue comme un coup dur porté à la communauté.

Un autre citoyen ayant requis l’anonymat a qualifié l’arrestation d’injustice flagrante. Il a expliqué que la détention de Sékou ferait suite à une altercation entre un gendarme et un éleveur. Accusé d' »indifférence » face à la bagarre, Sékou a été la seule personne appréhendée et incarcérée. « Celui qui a porté la main sur le gendarme n’a pas eu de problème, mais c’est seulement le jeune Sékou qui a été arrêté, » s’est-il étonné.

Cette arrestation est la goutte d’eau qui fait déborder le vase dans une région déjà aux prises avec de graves problèmes de développement. Les défis socio-économiques sont énormes, et la population s’interroge sur l’utilisation des fonds alloués au développement local. Seule activité socio-économique reste l’agriculture, déjà en prise avec les animaux des éleveurs. Les tensions qui naissent dans ce sens sont un problème majeur auquel les autorités ne semblent pas apporter de réponse pratique.

L’emprisonnement de Sékou réparateur, figure très respectée, a ravivé la colère populaire, alimentée par ce qui est perçu comme une indifférence de l’État face aux préoccupations de la communauté. Des vidéos amateurs circulant sur les réseaux sociaux montrent des habitants exprimant leur frustration si Sékou n’est pas libéré.

La sous-préfecture de Kobikoro, traditionnellement un bastion du pouvoir, pourrait se désolidariser du scrutin. Les habitants exigent la libération immédiate de leur jeune leader, clamant haut et fort qu’ils s’abstiendront de voter tant que justice ne sera pas faite.

La situation actuelle pose un défi de taille aux autorités, qui devront désamorcer la crise en libérant Sékou, pour éviter une possible abstention massive dans cette localité clé.

La Rédaction