Un vent de révolte souffle sur la commune rurale de Kassadou, préfecture de Guéckédou, au sud de la Guinée, où les citoyens dénoncent avec fermeté une gestion opaque et scandaleuse des fonds publics alloués au développement local. Dans une lettre en date du 09 juillet 2025, adressée au Préfet de ladite ville, dont notre Rédaction détient copie, le Président de la Délégation spéciale de Kassadou est accusé de détournements massifs, en complicité présumée avec des responsables préfectoraux.
Au cœur des préoccupations : la destination douteuse de plus de 300 millions de francs guinéens, dons et allocations diverses accordés par l’État et des institutions telles que l’ANAFIC pour améliorer les conditions de vie des habitants. Les populations s’interrogent notamment sur le sort des 173 millions GNF alloués à la commune au titre de la ligne des ressources forestières, dont seulement 75 millions GNF auraient été déclarés par le Président de la Délégation spéciale. Sur ce montant partiel, 30 millions GNF auraient même été prélevés par la préfecture, selon les plaignants.
Par ailleurs, les 126 millions GNF octroyés via le projet TUV restent introuvables, tout comme 352 millions GNF prétendument livrés par l’ANAFIC, les réalisations sur le terrain ne justifient le montant décaissé, ont fait savoir les plaignants.
Face à cette situation jugée « amère », les retraités civils et autres notables de Kassadou tirent la sonnette d’alarme. Ils dénoncent une gouvernance unipersonnelle du Président de la Délégation spéciale, accusé de mettre les autres à l’égard les autres membres de l’organe collégial, notamment le Secrétaire général, pourtant clé dans la gestion administrative et financière.
Mais le scandale ne s’arrête pas là. Les habitants accusent également ce même Président d’avoir cédé illégalement des terres agricoles à des éleveurs nomades, entraînant l’occupation du mont Konossou, site classé au patrimoine national. Ces occupations se feraient, selon lui, avec l’aval du Préfet de Guéckédou, ce que les plaignants rejettent fermement.
Des citoyens seraient même emprisonnés pour avoir revendiqué leurs terres, pendant que d’autres dénoncent des pratiques de corruption impliquant des « têtes de bœufs et fortes sommes d’argent » échangées entre éleveurs et autorités locales pour accéder illégalement aux domaines agricoles, peut-on lire dans la lettre adressée au préfet.
Dans leur plaidoyer, les résidents de Kassadou demandent avec insistance l’ouverture d’une enquête indépendante afin que les responsabilités soient situées et que justice soit rendue aux victimes de cette gouvernance décriée. Ils appellent à l’intervention directe du gouvernement de transition et réaffirment leur attachement aux idéaux du Général Mamady Doumbouya, Président de la République, en faveur de la transparence, de la redevabilité et du bien-être des citoyens.
Pour recouper les informations, nous avons tenté à plusieurs reprises, le numéro du principal mis en cause dans ce présumé scandal de détournement financier, il n’a pas daigné décroché notre appel.
L’affaire Kassadou pourrait bien devenir un test majeur de la lutte contre la corruption en Guinée, dans un contexte où les populations rurales demandent plus que jamais des comptes à leurs dirigeants.
Affaire à suivre…
La Rédaction





