C’est dans une atmosphère à la fois solennelle et engagée que s’est tenue, ce 31 mai 2025 à Sérédou, sous-préfecture de Macenta au sud de la Guinée, l’ultime étape de la campagne nationale de sensibilisation sur la protection et la conservation des espèces sauvages menacées d’extinction. Après Bangouyah (Kindia), Ouré-Kaba (Mamou) et Bissikrima (Dabola), Sérédou vient ainsi marquer la fin d’un périple national ayant mobilisé autorités locales, services étatiques, société civile et communautés autour d’une cause commune: la préservation du patrimoine naturel guinéen.
Placée sous le leadership de la Direction nationale des Forêts et Faune (DNFF) du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), cette campagne s’inscrit dans les engagements internationaux de la Guinée, notamment dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), autrement appelée la Convention de Washington.
À Sérédou, 85 participants ont pris part à cette rencontre marquée par des échanges riches et instructifs entre autorités administratives, services techniques et usagers des ressources naturelles. Une diversité d’acteurs locaux était représentée : services préfectoraux des forêts, de l’agriculture et de l’élevage, douane, police, brigade nationale de lutte contre la criminalité sur la faune et la flore, mais aussi des acteurs directement liés à la biodiversité comme les éleveurs, apiculteurs, pêcheurs, oiseleurs, vendeurs de viande de brousse, charbonniers, transporteurs et ONG environnementales.
La cérémonie a connu la présence du Sous-lieutenant Laye Seinkoun Camara, chargé des Forêts de Macenta, représentant du chef de la Section Forêts et Faune ; de l’Adjudant-chef Bamba Cissé de l’Office guinéen des bois (OGUIB) ; de M. Richard Kovanah, secrétaire général de la sous-préfecture, représentant la Sous-préfète ; ainsi que de M. Jean Togba, président de la Délégation spéciale.
Plusieurs interventions ont permis de renforcer la sensibilisation des communautés sur les enjeux de la lutte contre la criminalité environnementale. Le Lieutenant Tohon Delphine Kolié, Point focal CITES, et le Lieutenant Abdourahamane Bangoura, assistant à l’Organe de Gestion CITES, ont présenté les principes et les objectifs de la Convention CITES. Le Sous-lieutenant Malick Conté, chef de la Cellule des Opérations à la Brigade nationale de lutte contre la criminalité sur la faune et la flore, a, quant à lui, présenté l’organisation et les missions de ladite brigade, illustrées par des exemples concrets de saisies réalisées sur le terrain. Il a également évoqué les dispositions du Code de la faune sauvage et de la réglementation sur la chasse, rappelant l’interdiction et la répression des infractions y afférentes. A noter que la Brigade Nationale est une structure rattachée à la Direction Générale des Conservateurs de la Nature(DGCN) du MEDD.
Enfin, le Sous-lieutenant Seinkoun Camara est intervenu sur le Code forestier, mettant en lumière les articles interdisant et sanctionnant les activités illicites liées à l’exploitation forestière.
Au terme de cette campagne, le message est sans équivoque : la préservation de la biodiversité guinéenne n’est plus l’affaire exclusive des spécialistes ou des institutions. Elle relève désormais d’une responsabilité collective. À Sérédou comme ailleurs, les populations sont mieux informées sur les lois en vigueur, les espèces protégées, les sanctions applicables, mais aussi sur les alternatives durables à l’exploitation abusive des ressources naturelles.
Cette dernière étape marque une avancée significative pour la Guinée, dans sa volonté de concilier développement durable et protection de la biodiversité.
Une synthèse de la rédaction





