C’est une victoire silencieuse mais capitale pour le patrimoine naturel guinéen qui s’est jouée ce vendredi 9 avril 2026 dans la capitale. Alors que les enjeux climatiques n’ont jamais été aussi pressants, la réserve de biosphère de Badiar, véritable joyau de notre biodiversité situé au nord du pays, vient de se doter d’une nouvelle boussole. Dans le cadre feutré d’un grand hôtel de Conakry, une assemblée d’experts et de décideurs a validé à l’unanimité le nouveau Plan d’aménagement et de gestion (PAG) de ce site exceptionnel.
L’événement, qui s’est tenu sous la présidence du Chef de Cabinet du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, marque l’aboutissement d’un travail de longue haleine. Portée par la Wild Chimpanzee Foundation (WCF) avec le soutien précieux de l’Union européenne via le projet NaturaGuinée, cette initiative a réussi le pari de rassembler vingt-quatre spécialistes de tous horizons. Fait notable : un tiers de ces participants étaient des femmes, illustrant une volonté d’inclusion dans les processus décisionnels liés à l’environnement.
Ce document stratégique, présenté par le Conservateur en chef du parc, n’est pas qu’un simple recueil technique. C’est une feuille de route ambitieuse pour la période 2025-2030, dont l’objectif est d’une grande finesse : protéger la faune et la flore tout en plaçant l’humain au cœur du projet. Il ne s’agit plus seulement de « sanctuariser » la nature, mais de créer une harmonie entre la préservation des écosystèmes et le quotidien des populations locales. En intégrant le respect des cultures et des savoirs traditionnels de la région de Koundara, le plan propose un modèle de développement où le paysage et l’identité des communautés sont indissociables.
Les débats, nourris par des représentants du Ministère de l’Administration du Territoire et de l’Office Guinéen des Parcs Nationaux, ont permis d’affiner les derniers détails avant le vote final. À l’issue d’échanges constructifs, le consensus a été total. En validant ce plan, les acteurs présents ont offert à la réserve de Badiar les moyens de ses ambitions. Désormais armée de ce nouveau cadre d’action, la Guinée prouve qu’elle est capable de concilier croissance économique et sauvegarde de son environnement, pour que les générations futures héritent d’une terre aussi riche que celle que nous connaissons aujourd’hui.
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